Changement de site

Bonjour à toutes et à tous !

Ceci est le dernier article qui sera posté sur Holy Paper Shit. J’ai décidé de rebooster ma motivation en créant un nouveau blog beaucoup plus clair et qui sera plus agréable à lire pour vous.

A partir de la semaine prochaine, vous pourrez donc continuer à me suivre sur Critical Error, une sorte de version 2.0 de Holy Paper Shit.

Bien entendu, HPS ne fermera pas ses portes et vous pourrez toujours venir lire mes anciennes critiques si le coeur vous en dit.

J’espère vous voir très nombreux sur Critical Error et que vous vous plairez sur cette nouvelle interface.

A bientôt 😉

Hitokiri, le châtiment – Hideo Gosha (1969)

Hitokiri le châtiment

Signant coup sur coup deux œuvres crépusculaires et profondément marquantes (Goyokin étant sorti la même année), Hideo Gosha continue de détruire à coup de personnages torturés la figure du samouraï, dernier bastion d’une époque féodale vouée à changer tôt ou tard. Derrière leurs airs de soumission et d’abnégation, les tueurs dépeints par le cinéaste ne sont capables que de violence et ne peuvent comprendre les rouages de la politique. C’est en réalité l’image inverse qu’il va chercher à nous montrer par l’intermédiaire d’Izo Okada, soûlard ivre de femmes et de sang. En prenant comme toile de fond l’époque charnière du passage au shogunat, signant ainsi la fin des samouraïs en tant qu’élite, Hitokiri balaye cette image poussiéreuse du membre de clan idéalisé par les couches inférieures de la société en le rabaissant sans cesse à l’état de vulgaire pion.

Hitokiri larme

S’armant d’un casting en béton armé, Gosha évite la redite avec Goyokin et, tout en traitant frontalement de la fin d’une ère, se permet de suivre deux voies différentes: celle de la fuite en avant et celle du dernier coup d’éclat. A y regarder de plus près, ses personnages ne peuvent vivre dans le monde qui va apparaître. C’est pour cette raison qu’il va tâcher, par un scénario faible en action mais fort en discours, de les éliminer un à un jusqu’au final qui, par un choix de plan saisissant, finit d’enterrer définitivement cette image légendaire. Si Nakadaï et son charisme fiévreux lui permet de toujours offrir une prestation de première ordre, Shintaro Katsu et Yukio Mishima, connu pour ses écrits réputés provocants, sont les deux faces d’une même pièce et se complètent parfaitement (la scène du bar est touchante).

Hitokiri bar

D’ailleurs, la présence de Mishima est d’autant plus forte qu’un an plus tard, il se fera seppuku, à l’instar de son personnage dans le film. Mais loin de vouloir prophétiser quoi que ce soit, Gosha a voulu intégrer sa vision pessimiste et réaliste de la société d’antan dans un film beaucoup moins somme que Goyokin mais tout aussi important dans sa filmographie. Si les qualités plastiques propres au cinéaste sont bel et bien présentes, Hitokiri présente aussi une part légèrement fantastique (les visions rouges sang d’Izo) et fantasque (la course de 45 km pour rejoindre le conflit). Même si Goyokin lui fait énormément d’ombre, il serait dommage de renier l’importance de ce film dans la carrière de Gosha.

7,5/10

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Riddick – David Twohy (2013)

Riddick

A l’instar de son titre, la suite des aventures du guerrier nyctalope tend vers le minimalisme. Tout en reprenant les codes du premier film qui avait fait la renommée du personnage, David Twohy cherche à faire table rase de son second opus surchargé et à combler le fossé qui le sépare du public en livrant un film dépouillé de tout gras. Riddick est donc un huis-clos musclé ce qui est assez antithétique avec le film en lui même car la prison est une planète entière et les grandes décisions se feront à coups de punchlines bien senties plutôt qu’à la force des armes. Tout dans le film sent l’hommage, fleure bon la dévotion à son anti-héros par excellence. Il l’iconise sans cesse au détour de scènes plus ou moins violentes (la menace de Riddick mise à exécution est jouissive), il en fait à la proie et le chasseur et Vin Diesel n’a pas d’autre choix que de porter e film sur ses épaules baraquées. Mais le personnage lui colle tellement à la peau qu’on a l’impression qu’il n’a même pas besoin de faire l’effort de la jouer. Ce qui le rend d’autant plus terrifiant aux yeux des mercenaires et aux nôtres, qui avons l’impression de ne l’avoir jamais quitté. Les retrouvailles sont terriblement excitantes et la promesse d’avoir su redonner un second souffle à la saga est tenue. Merci David.

8/10

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L’extravagant voyage du jeune et prodigieux Spivet – Jean-Pierre Jeunet (2013)

TS Spivet

Si Jean-Pierre Jeunet a choisit l’enfance comme terrain de jeu, c’est pour mieux évoluer. En adaptant le roman d’un écrivain qui s’est lui même inspiré d’Amélie Poulain, le risque était évident de voir le cinéaste sombrer dans la redite mais il n’en est rien. Même si le film garde une part profondément humaniste, mélancolique, candide et poétique, les deux œuvres n’ont absolument rien à voir. Jeunet semble parti pour se réinventer en matière de style avec ses filtres couleur sépia qui disparaissent au profit d’une imagerie du grand Ouest d’une beauté à couper le souffle. Mais on est bien loin de la force d’un Mud et ce voyage initiatique pour le jeune Spivet, malgré les quelques aventures dramatiques qui ponctuent son chemin, se fait sans trop d’embûches alors qu’il y avait possibilité à créer une vraie aventure humaine avec ses hauts et ses bas. Le studio avait également Wes Anderson ou Tim Burton dans le collimateur mais c’est Jeunet qui se proposera et qui empochera le script, devant se satisfaire d’un casting prédéfini. D’ailleurs, le jeune acteur Kyle Catlett s’en sort plutôt bien malgré des mimiques énervantes. Souvent comparé à Hugo Cabret pour son utilisation de jeunes acteurs et de la 3D, les films n’ont bien entendu rien à voir et Jeunet épouse davantage la forme de l’histoire de feu de camp que du conte.

8/10

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Gravity – Alfonso Cuaron (2013)

Gravity

Esthète de l’image s’il en est, Alfonso Cuaron a toujours montré un amour immodéré pour le plan séquence. De plus, l’un de ses rêves de gosse était de devenir astronaute. Quoi de plus normal pour lui de concilier ses deux éléments en un seul. Gravity est une véritable prouesse technologique, le cinéaste multipliant les trouvailles pour rendre l’immersion de ses deux astronautes dans un espace bien loin d’être confiné mais qui n’offre que très peu de marge d’erreurs. Ce danger omniprésent étant déjà suffisant pour rendre anxiogène son film, Cuaron pousse l’expérience encore plus avant en rendant le tournage difficile pour ses acteurs, et principalement Sandra Bullock qui sera soumise à rude épreuve. Ici, pas question de tourner en apesanteur comme l’avait fait Ron Howard pour Apollo 13. La méthode étant trop coûteuse et ne permettant pas de longues prises de vues, Cuaron va redoubler d’imagination pour que sa caméra puisse se balader sans gène autour des acteurs qui devront faire le maximum pour s’imaginer en apesanteur. La 3D s’ajoute au procédé immersif pour plonger le spectateur dans une détresse comme va la connaître le personnage de Stone. Suffocant, épuisant, intense et déstabilisant, Gravity est une expérience fabuleuse à l’enjeu dramatique imposant, malgré quelques touches d’humour maladroites qui auraient pu être évitées. Avec ce film, Cuaron a repoussé les limites du 7ème art et mixer plusieurs outils technologiques pour le seul et unique amour de l’image.

9/10

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