Archives Mensuelles: juillet 2012

Last Action Hero (1993)

Putain, cette affiche me rend juste nostalgique à 200% !

  Shane Black et McTiernan associés, ça ne pouvait donner qu’un summum de l’actionner bourrin. Un divertissement bigger than life dans lequel se côtoient bads guys de haute volée et héros mythiques. Jack Slater, incarné par Schwarzy, est l’archétype même du héros des années 80/90. Charismatique, baraqué, cynique et méchamment bourrin. L’idée du film est originale et consiste à récupérer les clichés du film d’action pour mieux les déformer.

Shane Black nous livrent des punchlines d’anthologie.

Véritable mise en abîme de la déconstruction d’un genre et critique sur l’incapacité qu’à Hollywood de se réinventer (la scène où Schwarzy explique à un journaliste que les producteurs ont baissé le cotât de cadavres par rapport aux épisodes précédents est absolument hilarante), Last Action Hero semble être le tronc d’un arbre dont les fruits seraient les blockbusters qui ont fait date dans l’histoire du cinéma d’action américain. Shane Black ayant été l’auteur phare de cette décennie fructueuse, on imagine bien qu’il s’en est donné à cœur joie pour écrire son scénario.

Arnold manie l’auto-dérision à la perfection !

Un film qui fait date et qui surprend encore aujourd’hui par la pertinence de son propos et la qualité de sa mise en scène (McT rules !!!). A voir absolument avant ou après avoir débuté un cycle sur les polars d’action 80’s et 90’s.

8,5/10

Tagué , , , , , ,

The Dark Knight Rises – Christopher Nolan

Un final épique pour une trilogie monumentale !

Rises ! Tel le phénix qui se consume pour mieux renaître de ses cendres. Bane est l’antithèse de Batman. Le Mal dans sa forme la plus pure. Si insidieux, si terrifiant, si impressionnant (Tom Hardy joue le rôle de sa vie !). Les enjeux dramatiques et psychologiques sont bien présents. Les personnages sont très bien écrits et développés mais (et oui, y’a toujours un mais), les incohérences scénaristiques plombent énormément la structure du film. Autant l’architecture et la beauté de l’ensemble flattent l’œil, autant les bases sont friables et le tout manque à plusieurs reprises de se casser la gueule.

Les armes semblent s’enrayer quand Batman arrive dans une baston: pratique pour mettre une branlée aux bads guys !

Happy end oblige (ben oui, comment faire un 4ème épisode si le gentil meurt ?), toute la tension accumulée lors des scènes de dialogues et les multiples discussions philosophiques entre Alfred et Bruce s’effondrent comme un château de cartes avec des minis scènes finales écrites à la volée. Était-ce véritablement une bonne idée de restreindre les scénaristes à cause d’un égo surdimensionné ? Un brainstorming composé de fans ardus du Chevalier noir n’aurait pas été plus solide lors de l’élaboration des scènes clés ? Il faut croire que non tant Nolan s’embourbe dans des incohérences grosses comme le poing (la scène d’ouverture vaut son pesant de cacahuètes).

Anne Hathaway est un choix osé mais gagnant: féline, féminine et sexy, elle fait une parfaite Catwoman (même si je préférais le métissage d’Halle Berry).

Heureusement qu’il a appris de ses erreurs et que les scènes d’actions sont beaucoup plus maîtrisés que dans The Dark Knight (même si je soupçonne là le travail d’une seconde équipe de tournage tellement le progrès est bluffant), Inception semblant lui avoir donné matière à jauger l’espace et la vitesse. Les fights à mains nues sont impressionnants et le combat épique entre les deux protagonistes principaux amènera un nouvel obstacle pour Batman et sa quête de justice vengeresse. Celui du dépassement de soi et de l’acceptation de la peur dans son processus le plus simple: accepter une mort probable. Le chevalier devient donc plus noir qu’à l’accoutumée en se transformant ainsi intégralement en un justicier sans peur, flirtant avec elle jusqu’à s’en faire une alliée.

« – Gordon, va me chercher le script, s’il te plaît.
– Le quoi ?
– Le script. Je crois que je l’ai laissé dans le coffre de ma Batmobile.
– Depuis que t’es rentré du Moyen-Orient, t’emploies des mots bizarres. »

Il est manifeste de vouloir comparer The Dark Knight à son prédécesseur. Et autant dire tout de suite que Rises est un voire deux crans en dessous. Autant Bane déborde de charisme et en impose face à Batman, autant le scénario écrit à l’arrache semble juste vouloir se faire rencontrer les personnages, quelque soit les évènements, aussi improbables soient-ils. Je ne ferai pas le cotât des scènes what the fuck du long métrage mais il y en a un bon paquet (la charge des flics, la Bourse, l’agent Blake et j’en passe et des moins bonnes). Une saga qui ne se clôture tout de même pas en eau de boudin grâce à une noirceur profondément travaillée et un côté humain terriblement passionnant dans un film de super-héros. Mais vu le nombre incroyable de fans, je m’attendais à quelque chose d’un niveau nettement supérieur.

7,5/10

Tagué , , , , , ,

The Amazing Spider-Man – Marc Webb

Un reboot 10 ans après le premier film ? C’est ce qu’on appelle jeter l’argent par les fenêtres…

Non je ne suis pas un retard d’une dizaine d’années. Non je ne viens pas de découvrir le Spider-Man de Sam Raimi. Celui dont je veux vous parler est le reboot réalisé par Marc Webb, un gonze qu’a juste pondu une comédie romantique (500 jours ensemble, qui est pas trop mal d’ailleurs). Alors là vous vous dîtes que je blague, que Marc Webb c’est un nom inventé pour rappeler la toile d’araignée, que personne n’est assez con pour débourser 230 millions de $ pour refaire un film qui avait bien marché. Et bien les Américains l’ont fait. Surfant sur la vague des adaptations de super-héros (Thor, Captain America, Avengers, j’en passe et des meilleures), Hollywood s’est dit que le capital sympathie qu’engendre l’homme araignée méritait bien un ravalement de façade.

On est loin de l’exubérance du film de Raimi, même si certaines scènes font dans l’humour.

Fini les couleurs pop et chatoyantes, exit la romance mièvre qui plombait l’ambiance du premier film, The Amazing Spider-Man se veut noir et torturé. A l’instar de son collègue Batman qui s’est refait une « beauté » sous la direction de Christopher Nolan. Mais est-ce que sortir son film en même temps que le très attendu épilogue de la saga du justicier noir est la meilleure idée du siècle ? Assurément non. Sachant que cet épisode est censé débuter une nouvelle trilogie et que la suite des événements sera dictée par les recettes du film au box office, les studios vont se mordre les doigts d’avoir tenter de rivaliser avec la chauve-souris. Sauf si les parents, avides de faire découvrir à moindre mal le monde des super-héros à leurs enfants, décident d’opter pour une approche plus récréative que frontale. Et c’est donc un public jeune et familial que va chercher à atteindre Marc Webb.

Ne prêtez jamais vos objets de valeur à un inconnu…

Et pour ce faire, il a plusieurs cordes à son arc: les réseaux sociaux assurant le marketing, le Comic Con de San Diego et l’utilisation des vues subjectives dans son film, qui ne sont pas sans rappeler les vues à la 1ère personne des FPS adulés par les jeunes joueurs. Ces éléments dans l’ère du temps vont faire du film le porte-parole d’une nouvelle génération d’adaptations de super-héros. Du moins c’est ce que croit dur comme fer le réalisateur qui ne tarit pas d’éloge sur la qualité de son acteur principal: Andrew Garfield. Il est vrai que sa prestation est assez réussie. Ça n’est pas donné à tout le monde d’incarner un adolescent de 17 ans lorsqu’on en a 29. Et c’est d’autant plus difficile vu la manière dont les jeunes générations évoluent et semblent complètement déconnecté de la réalité.

Mary Jane versus Gwen Stacy ? Rousse: 0. Blonde: 1.

Ce qu’il parvient à maîtriser en prenant ses pouvoirs à la rigolade. Car après tout, est-ce qu’on n’est pas jeune et con à cet âge ingrat ? C’est d’ailleurs ce sentiment rebelle et égocentrique qui coûtera la vie à son oncle Ben (c’est pas une blague non plus), mise en scène de façon moins épisodique que dans le film de Raimi. La scène finale, en plein cœur du générique, ne sert absolument à rien si ce n’est à prendre le spectateur pour un abruti en nous disant quasiment texto qu’il y aura une suite. Bon allez, c’était pas si mal, on les pardonne…

7/10

Tagué , , , , , ,

Starman (1984)

L’Amérique a-t-elle besoin de l’arrivée d’un extraterrestre pour se remettre en question ?

E.T ou Starman ? Ce choix de la société de production Columbia Pictures fait encore rêvé aujourd’hui. A quoi aurait pu ressembler E.T s’il avait été réalisé par Big John ? Y penser me procure des frissons incontrôlables en repensant à ce qu’il nous avait déjà servi en terme d’animatronique sur The Thing. Mais un énième film de monstre ne semblait pas l’intéresser. Et percer l’Amérique reaganienne par le biais d’un film de science-fiction est un défi à la hauteur de son talent, qu’il relève avec brio. Car ce qui aurait pu passer pour un banal film d’envahisseur est en réalité une véritable satire des Etats-Unis des années 80. Et Carpenter étant célèbre pour utiliser à contre-emploi les clichés (pourquoi ce putain d’extraterrestre se crashe-t-il encore en Amérique ?), Starman n’échappe pas à la règle.

La scène fait immédiatement pensé au halo bleuté aperçu dans Rencontres du troisième type.

Car Starman est tout l’inverse d’E.T, à savoir qu’il ne se cantonne pas à montrer un quartier tout en prétextant que ce microcosme s’applique à la Terre entière. C’est une virée sauvage à travers les Etats-Unis. Carpenter est un Kerouac interplanétaire. Celui qui fermera la marche de la conquête de l’Ouest. Car c’est bien vers l’Ouest que le couple se dirige inlassablement, malgré les difficultés qu’ils rencontreront et les rencontres qu’il feront: rednecks pervers, flicards nourris aux westerns, personnages désabusés. La galerie typique du Far West où le voyageur solitaire et mystérieux fait son apprentissage du monde grâce à de l’auto stop.

Quoi de mieux qu’une muscle car pour traverser le pays d’un bout à l’autre ? The Kowalsky Style.

Jeff Bridges impressionne par son jeu tout en mimiques, en grimaces et en démarche saccadée. Son comportement autiste qui le distingue d’un véritable Terrien rend sa prestation d’autant plus difficile que tout passe par l’émotion. En effet, avant d’être un film de science-fiction, c’est une histoire d’amour entre une femme seule qui redécouvre l’amour en accompagnant le clone de son mari défunt vers un nouveau départ. Une tragédie romantique qui est lourde de sens et qui prend une proportion dramatique exceptionnelle par l’intermédiaire du fantastique (j’ai ressenti un peu le même sentiment que lorsque j’ai vu La voix des morts).

Les décors sont magnifiés par le Scope majestueux de Big John. Des images d’une pure beauté !

Rebelle, le film l’est tout autant que son réalisateur. Antimilitariste, anticapitaliste (le passage à Vegas en est un bel exemple), il met en exergue les thèmes régulièrement abordés par le cinéaste. Et, en arrivant après Christine, montre que Carpenter aime traiter la romance comme un genre pouvant parfaitement cohabiter avec le fantastique. La musique rappelle les partitions des meilleurs David Lynch, toute en lyrisme et en minimalisme. Il m’aura fallu de nombreuses années avant de me décider à regarder ce film (il ne m’inspirait pas plus que ça).

Karen Allen a un charme inégalable.

Pour tout fan du cinéma de Big John, c’est une erreur de faire l’impasse sur Starman, qui regroupe absolument tout ce qui fait l’essence même de son cinéma. Puissant, évocateur et enchanteur.

8/10

Tagué , , , , , ,

La part des anges – Ken Loach

Un humour so british qui sied bien aux drames sociaux de Ken Loach.

On est habitué à ce que le père Loach nous tire une petite larme et nous émeuve en employant un fatalisme et une réalité qu’on cherche en temps normal à fuir du regard. Mais l’émotion par l’intermédiaire de la comédie, c’est une chose qu’il n’a tenter que très tard. Et grand bien lui en fasse car l’entrée en matière est plutôt excellente et permet au cinéaste non pas de jeter un regard neuf sur la société et les maux qui la ronge, mais d’emprunter une nouvelle voie et d’adopter une nouvelle liberté de ton, tout en gardant les thèmes qui lui sont chers.

Malgré le choix des personnages pour la marginalité, quelques éclaircies subsistent dans leur quotidien chaotique.

Et la jeunesse désœuvrée, le réalisateur aime en découdre avec elle. Principaux acteurs de la vie civile, reflétant le niveau socio-culturel de chaque ville sur laquelle Loach jette son dévolu (les rebelles du film sont tout de même relativement primitifs dans leur façon de gérer les conflits), les marginaux ont ce brin de nostalgie qui les caractérisent et qui en font des personnages intéressants, plus proches de la réalité que le commun des mortels. Mais malgré leur envie d’être différent et de s’émanciper par leur propres moyens (les études passent à la trappe), ils cherchent à atteindre un niveau social semblable à un citoyen lambda, tout en prenant un chemin détourné. Seraient-ils pour Ken Loach les derniers survivants de l’aventure humaine, refusant la norme et cherchant la difficulté dans la facilité ?

Les Highlands sont tout le contraire du film: froids, vides et hostiles.

Ça peut paraître bizarre à première vue de s’attacher à des délinquants de bas étage, surtout lorsque ces derniers représentent la lie de la société. Cette scène où Robbie, alors tout jeune père, se voit confronter à la personne qu’il a agressée, acte qui lui a valu un séjour en prison. Une scène déchirante et criante de vérité, mais qui nous évite d’oublier la nature profonde de ces êtres perdus et tourmentés. Car même s’ils sont drôles, que leur compagnie est agréable et que l’on cherche à tout prix à leur trouver une rédemption quelconque, n’oublions pas que tout au long du film, leurs actes sont répréhensibles par la loi. Et si c’était cet amour de l’interdit qui nous les rendait sympathiques ?

Ici, on chasse le stéréotype et on inverse les rôles: on déteste ces foutus flics !

Qui plus est, le film nous montre un monde élitiste mais qui reste tout de même intéressant pour l’esthète qui sommeille en chacun de nous: le monde du whisky. Les Écossais sont évidemment d’éminents connaisseurs de la chose et c’est d’autant plus plaisant de les entendre se gargariser de termes inconnus qui font saliver le palais à leur entente. Jamais lourdaud, toujours drôle avec cette pointe de sensibilité qui fait que l’on tient une excellente cuvée. Il mérite amplement son Prix du Jury à Cannes.

8,5/10

Tagué , , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :