Archives de Catégorie: Survival

The Last Of Us – Naughty Dog (2013)

The Last Of Us

Après avoir conquis le public de la Playstation 3 avec la trilogie Uncharted, Naughty Dog devait se réinventer afin d’éviter de tomber dans le cliché de la facilité. Faisant peau neuve en imaginant un gameplay innovant et un nouveau moteur graphique, ils peuvent se targuer d’avoir sorti le meilleur jeu de la console, quelques mois avant l’avènement de sa petite sœur. Et ça se ressent, autant dans la volonté de proposer un solo immersif par ses personnages, complet par les artefacts disséminés dans le jeu et gourmand en termes de ressources (ma console a craché ses poumons). Surfant sur la mode du zombie initiée par Walking Dead, The Last Of Us est bien plus qu’un survival-horror prenant ses quartiers dans un monde infecté mais bel et bien une oeuvre profondément humaniste, où les personnages font la part belle au divertissement et à l’horreur.

The Last Of Us couteau

Ellie et Joel, malgré leur différence d’âge et de sexe, sont des êtres profondément semblables. Ils ont tous les deux perdus un être cher (l’un sa fille, l’autre sa mère) et ne survivent que parce que c’est ce qu’ils savent faire de mieux. Et si à l’orée de leur rencontre, Joel va chercher à fuir tout sentimentalisme envers Ellie, les événements pour lesquels le studio nous met le pad entre les mains vont les faire se rapprocher, jusqu’à transformer Joel en père de substitution et Ellie, en fille spirituelle. Et ce sont les cut-scènes, absolument splendides, qui vont alimenter la portée dramatique du scénario, accentuée par une bande originale d’une mélancolie rarement atteinte dans le jeu vidéo (le guitariste Gustavo Santaolalla est derrière tout ça). Les sonorités acoustiques, faisant écho aux origines argentines du musicien, apporte un véritable atout à l’atmosphère du jeu.

The Last Of Us frère

La grande force de The Last Of Us est de ne jamais céder aux sirènes du genre (la survie est privilégiée à la tuerie en masse) et de ne se livrer à aucun manichéisme dans le développement des personnages. Pas (ou peu) de clichés que ça soit dans la narration (le jeu est découpé en saisons, chaque grosse traversée du pays nous étant évité), dans l’esthétique post-apocalyptique et dans l’intrigue. En mettant en scène ces deux solitaires et en les forçant à collaborer, un lien plus fort que l’amitié va se nouer entre eux. Et Naughty Dog a réussi son pari lorsqu’on est touché en plein cœur durant des scènes clés, où l’émotion est bel et bien présente et où l’on se rend compte que nous aussi, nous nous sommes attachés à notre duo.

The Last Of Us couverture

La réalisation emprunte énormément au cinéma (La route, 28 jours plus tard, Je suis une légende,…), que ça soit in-game ou non. La physique du jeu est extraordinaire et chaque mouvement s’anime à la perfection grâce à la motion capture qui atteint là une performance incroyable. Cette fluidité permet d’une part de rester immergé au maximum dans le jeu mais surtout de permettre au studio de mettre au point un gameplay saisissant, poussant toujours plus loin le réalisme et la sensation de crédibilité de l’univers dépeint. Si l’on fouille son sac à dos à la recherche d’une arme ou d’objets pouvant être assemblés ensemble (cocktails molotovs, surin, bombe fumigène,…), le temps ne s’arrête pas et l’ennemi en profitera pour avancer vers votre zone de couverture. Le timing se doit d’être parfait pour survivre. Or affrontements, il en sera de même pour la lecture des lettres dispersées de par le monde, permettant d’alimenter grandement le background du jeu.

The Last Of Us fille

Mais le côté horreur du survival n’est pas à plaindre, bien au contraire. Même si les infectés ne représentent pas la réelle menace (pillards, survivants, militaires sont bien plus intelligents et vous donneront du fil à retordre), ils restent dangereux de par le fait qu’ils sont imprévisibles. Même s’il attaquent relativement frontalement, en bons assoiffés de chair humaine, ils ne faut pas prendre le danger à la légère et les considérer comme de véritables ennemis (certains vous tuant en un coup). The Last Of Us compose donc avec son lot des scènes nocturnes ou d’endroits glauques à visiter, la lampe torche étant votre seul allié dans ce monde de ténèbres (l’idée de réarmer les piles à l’aide du Sisaxis est géniale mais sous-exploitée).

The Last Of Us batte

The Last Of Us est donc un jeu d’aventure dans tous les sens du terme: par le danger encouru à chaque pas mais aussi par l’aventure humaine que constitue ce road-trip à travers les Etats-Unis, courant après une lueur d’espoir qui, tous les jours, les fait se lever et combattre de toutes leurs forces. Et si vous en étiez encore à douter de la capacité de Naughty Dog à sortir des sentiers battus et à offrir une expérience hors du commun, laissez-vous submerger par une fin qui est bien loin de tout ce qu’on peut imaginer et qui, même si elle laisse supposer que le studio se laisse une porte de sortie pour une éventuelle suite, fait fi de tout ce qu’on a pu voir par le passé.

10/10

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Tomb Raider – Crystal Dynamics (2013)

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Saga la plus poussiéreuse de l’industrie du jeu vidéo (oui, on est en droit de parler d’industrie lorsqu’on parle de saga), Tomb Raider a vu naître nombre rejetons plus ou moins bâtards, les plus réussis étant généreusement protégés par l’ombre du décolleté toujours plus généreux de la belle Lara Croft. Si l’héroïne a su concilier beauté plastique et féminisme exacerbé pour le plus grand plaisir des deux sexes, elle n’en reste pas moins une icône qui dépérissait à vue d’œil, la liberté sexuelle et les affres toujours plus précoces de la nouvelle génération ne permettant plus de fantasmer sur ses courbes voluptueuses. Dans un esprit de séduction ragaillardi par l’arrivée de Square Enix à la tête du projet, ce reboot parvient à lifter les défauts inhérents à la saga (level design restreint, scénarios inintéressants, personnage peu évolutif, énigmes répétitives,…) et à ouvrir une nouvelle voie à la saga tout en surfant sur la vague d’un genre très calibré.

Tomb Raider couverture

Jouant la carte du bigger and louder, Tomb Raider s’apparente de près à une autre saga d’aventure exclusive sur PS3: Uncharted. Si les similitudes sautent aux yeux manette en main, ça n’est que justice tant la saga de Naughty Dog a piocher allègrement dans ce qui faisant le succès de Tomb Raider. Aussi, la boucle est bouclée et Lara Croft retrouve sa place au panthéon des personnages cultes qui ont su traverser les années. Si le paradoxe de la rajeunir pour s’adapter à  la nouvelle génération alors que la saga souffle ses 17 bougies est étrange, on peut clairement avancer l’idée que cette renaissance va donner lieu à une pléthore d’autres titres, tous plus ou moins semblables à celui-ci. L’idéal serait de s’aligner sur des codes purement cinématographiques comme ça semble déjà être le cas (le survival ici) et de changer le ton du jeu et, ainsi le genre revisité, à chaque nouvelle aventure. Si la mise en scène ultra immersive et à base de QTE divise les joueurs, elle n’en reste pas moins ce qui fait la force de frappe de cet opus: proposer un monde semi-ouvert tout en dirigeant le joueur dans les moindres détails.

Tomb Raider survie

Côté scénario, on ne peut pas dire qu’ils se soient arrachés les cheveux tant les twists sont attendus et que l’intérêt qu’on peut porter à l’aventure s’estompe derrière les actions répétitives et la frustration d’être toujours épaulé par la console dans les phases complexes (la touche de l’instinct, c’est juste un truc de noob). Cependant, on ressent nettement l’évolution du personnage au fur et à mesure que l’on joue. Si son niveau d’endurance est mis à mal au début de l’aventure, elle se transforme assez (trop ?) rapidement en alpiniste chevronnée, gravissant les parois rocheuses à la seule force de ses bras. Et les morts qu’elle sème durant sa traversée de l’île sont toujours plus violentes et maîtrisées, la perte de l’innocence étant entachée par la traque d’un cerf afin de se nourrir  Si on était en droit de s’attendre à un aspect survie beaucoup plus étendu (tuer pour se nourrir, se soigner avec des fruits et des herbes), il n’en est rien et le jeu ne propose qu’un ramassis de minis-jeux plus ou moins excitants qui raviront les adeptes du scoring.

Tomb Raider The Descent

L’émotion ressort davantage de la musique et des paysages grandioses plutôt que du destin plus ou moins tragique des personnages clés. La faute à un développement dans l’écriture plutôt faible, les développeurs préférant peaufiner leur bébé dans les moindres détails (même si quelques bugs graphiques lourds surviennent) afin de prouver au monde entier que Lara Croft a encore de beaux jours devant elle. Si les puristes de l’aventurière crieront au scandale tant les énigmes semblent inexistantes et l’action omniprésente, ils ne peuvent bouder leur plaisir de prendre en main une Lara qui obéit au doigt et à l’œil. Il ne lui reste plus qu’à être la ménagère parfaite et elle sera bonne à marier.

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Cloud Atlas – Andy, Lana Wachowski & Tom Tikwer (2013)

Un film somme qui compile tout un prisme d'émotions.

Un film somme qui compile tout un prisme d’émotions.

Audacieux et avant-gardiste, Cloud Atlas fait ni plus, ni moins l’effet d’une bombe dans le cinéma actuel. Que ça soit dans l’invention d’une nouvelle forme de narration, la capacité de relier différents genres et époques ou la volonté de toucher au sublime et de redéfinir le cinéma en chamboulant nos partis pris sur notre faculté à le percevoir comme un seul et unique art, les Wachowski ont su tirer leur épingle du jeu par un travail d’écriture colossal. Bien que le mélange des six histoires soit différents de celui du roman, le film ne perd jamais en fluidité et anticipe l’ennui qui pourrait poindre devant tel ou tel segment par un chamboulement spatial et chronologique qui peut en effrayer plus d’un. Chaque ingrédient donne à la recette, une fois terminée, sa saveur inégalable et c’est à nous, spectateurs, de rajouter les condiments nécessaires en apportant notre bagage, aussi bien sentimental que mental.

Le journal de la traversée du Pacifique d'Adam Ewing (1849)

Le journal de la traversée du Pacifique d’Adam Ewing (1849)

De la fresque historique à la romance dramatique, du polar tendance blaxploitation à la farce tragi-comique, de la science-fiction à l’anticipation post-apocalyptique, les trois réalisateurs se sont attelés à donner le meilleur d’eux même, quelque soit le genre abordé. Il en résulte un sentiment de perfection dans chaque segment, où la maîtrise s’observe par la capacité à engloutir complètement l’attention du spectateur. Le pari était risqué tant ce système, perfectible mais réussi, fait fi de tout ce à quoi on peut s’attendre et propose une expérience sincère et bouleversante. Si certains segments sont moins intéressants que d’autres, ça n’est pas tant dans leur scénarios qu’il faut chercher la bête noire mais dans la difficulté à concilier trois visions artistiques dans un seul et même film, certaines transitions de cinéastes se voyant comme le nez au milieu de la figure.

Lettres de Zedelghem (1936)

Lettres de Zedelghem (1936)

Wagnérien en diable, cet opéra filmique aux doux accents rêveur et mélancolique s’apprécie comme une symphonie: non pas en fermant les yeux mais en ouvrant son âme à ce que l’art peut accoucher de plus intense. Si au bout d’une heure de bobine, vous n’êtes toujours pas plongé dans l’histoire, bouleversé par les destins tragiques qui s’enchaînent ou touché par la grâce des images, inutile d’aller plus loin. Comme la musique classique a ses détracteurs, le cinéma d’avant-garde (certains diront new-age) n’est pas fait pour tous les regards et toutes les sensibilités. Il suffirait alors de ne s’intéresser qu’un à un seul segment, votre préféré ou celui que vous détestez le moins, afin de vous rendre compte que tel un instrument de musique, chaque segment a sa propre partition et peut être joué seul ou en orchestre.

Demi-vies, la première enquête de Luisa Rey (1973)

Demi-vies, la première enquête de Luisa Rey (1973)

Sans jamais avoir la prétention d’apporter des réponses philosophiques et existentielles au tout-venant, Cloud Atlas peut se targuer d’être rassembleur (un genre est susceptible de nous plaire) et fédérateur (la vie, l’amour et la mort sont les trois piliers de notre existence). La réincarnation, le salut de notre âme, notre contribution au monde, qu’elle soit posthume ou non, ne sont que des dérivés de ses trois mots. Peut importe la place qui nous est accordée dans le monde, chaque vie a la même valeur et chaque être humain n’est pas si différent d’un autre. Une leçon de morale où la preuve de notre égalité devant Dieu, Sonmi ou qui que ce soit d’autre n’est plus à faire.

L'épouvantable calvaire de Timothy Cavendish (2012)

L’épouvantable calvaire de Timothy Cavendish (2012)

Nos actions et nos préceptes se répercutent inlassablement dans l’avenir, comme des ricochets temporels où chaque rebond ferait avancer ou reculer l’Histoire. C’est dans cette optique que les cinéastes ont décidé de faire en sorte que chaque acteur apparaissent plus ou moins dans chaque segment. Travestis ou non, la notion d’égalité devant les sexes s’explique notamment par le fait qu’une âme soit asexuée et qu’elle puisse prendre possession de n’importe quel être humain, sans distinction d’âge, de sexe ou de race. Bien qu’il soient grimés à outrance (Hugo Weaving gagne la palme en nurse démoniaque), aucunes prothèses, aucuns maquillages ne sauraient dissimuler la manière dont chacun nous perçoit. Ce sont nos actes qui nous définissent et non pas notre apparence.

L'Oraison de Sonmi-451 (2144)

L’Oraison de Sonmi-451 (2144)

Poétique et métaphysique, Cloud Atlas est une oeuvre complexe et condamnée à ne pas être comprise en une seule vision. Ses 180 minutes, rebutantes au premier abord, sont nécessaires afin d’éviter de devoir condenser tous ses questionnements qui nous assaillent et nous permettre de faire les ponts mentaux susceptibles de nous rendre compréhensible et immersif le voyage humain que le film représente. Plus que la forme, c’est le fond qui prime et notre capacité à recevoir l’enseignement désiré sera proportionnelle à notre ouverture d’esprit. Aussi bien divertissant que complexe, autant drôle qu’émouvant, le temps ne doit pas être une contrainte. Qui s’arrêterait à 3 pauvres heures lorsqu’il nous est proposé de voyager à travers près de 500 d’histoires humaines ?

La Croisée d'Sloosha pis tout c'qu'a suivi (2321)

La Croisée d’Sloosha pis tout c’qu’a suivi (2321)

Une fresque magnifique, loin des standards du cinéma américain, où la volonté de trois hommes peuvent suffire à engendrer des miracles visuels et narratifs. Un film où l’amour est le sentiment prédominant, à l’image de cette petite fille demandant à son grand père s’il aime toujours sa femme. C’est bel et bien ce sentiment noble qui a poussé tous ces personnages à s’investir, se dépasser et se remettre en question. L’amour de son prochain, de la musique, de la vérité, de la liberté, d’un idéal ou d’une terre natale. Cloud Atlas est un film qui se visionne à coeur ouvert.

9/10

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The Day – Douglas Aarniokoski (2013)

Le frère caché d'Aronofsky fait des DTV pourris...

Le frère caché d’Aronofsky fait des DTV pourris…

The Day, c’est un peu le genre de titre que tu trouve à l’arrache une fois que ton producteur, après avoir écouté ta longue argumentation sur le pourquoi du comment il faut faire un film post-apocalyptique-parce-que-c’est-trop-à-la-mode-et-que-les-gens-pleurent-et-que-l’émotion-c’est-rassembleur-et-que-ça-ramène-un-public-féminin-tout-en-pouvant-glisser-des-headshots, te demande comment tu va l’appeler. Du coup, ton cerveau vrille à toute allure, tu penses apocalypse, fumée, brouillard, brume, gris, couleur, mauvais temps, météo, jour, The Day. Et ton producteur, las de t’entendre raconter de la merde mais ravi de pouvoir payer ses dettes au poker, décide de miser sur ton film, ce qui démontre qu’il faut qu’il arrête de jouer au jeu de hasard.

" - J'fais jamais caca sans mon flingue. Et quand y'a personne, des fois, j'me l'fous..."

 » – J’fais jamais caca sans mon flingue. Et quand y’a personne, des fois, j’me l’fous… »

Pour bien t’imprégner du travail de tes contemporains, il t’offre une pelletée de films à visionner avant de shooter le tien. Après avoir visionné, The Mist, Quai des brumes et Abraham Lincoln: chasseur de vampires, tu te sens fin prêt à offrir au monde ton survival en mélangeant tout ce qui fait la réussite de ses films: des dialogues banales du quotidien, un huis-clos haletant et perturbant et des éliminations bien gorasses mais en enlevant la ralenti parce que sinon tu peut pas en mettre assez pour que ton film ait de la profondeur. Puis vient le moment de choisir qui éliminer dans ton script. Après avoir mis une quarantaine de personnages dont 34 ne servent à rien si ce n’est à se faire charcuter la bidoche, tu te dis qu’un film de siège, ça serait bien pour éviter d’avoir à développer tes personnages. Mais t’as jamais vraiment trop compris comment on pouvait filmer un fauteuil pendant 1h30 du coup tu regardes des épisodes de Plus Belle la vie pour faire du plein avec du vide.

" - On m'a dit d'avoir l'air constipée tout en ressemblant à Rambo. C'est dur de parler en même temps du coup, on m'a enlevé mes répliques."

 » – On m’a dit d’avoir l’air constipée tout en ressemblant à Rambo. Mais c’est dur de parler en même temps du coup, on m’a enlevé mes répliques. »

Et puis quand t’as envoyé tes rushes en salle de montage, le producteur t’a rappelé en te demandant de mettre un climax parce que « là, on s’fait quand même bien chier » qu’il a dit. Tu te sens obligé de lui obéir mais il veut pas te donner plus de fric du coup, tu fouilles les camps de roms à la recherche d’enfants orphelins et tu leur dis qu’ils vont devenir des stars internationales. Sauf qu’ils veulent pas te croire parce que y’a un Serbe qui est venu la dernière fois emmener un de leurs amis pour faire un film expérimental et il est jamais revenu. Donc, tu leur montre le film à moitié monté en leur expliquant qu’ils auront juste à faire des apparitions sans jamais parler et à piquer des gens avec une fourchette mais que ça peut être dangereux. Mais ils se prennent au jeu et tu arrive à les envoyer au casse-pipes où ils y perdent la tête et tu tiens enfin ton climax. Ton producteur est content et il réfléchit déjà à une suite qui s’appellerait The Night.

2/10

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Far Cry 3 – Ubisoft (2012)

La jungle n'aura jamais été aussi hostile !

La jungle n’aura jamais été aussi hostile !

Depuis sa création, le studio Crytek n’a de cesse d’impressionner les joueurs par la qualité de leur travail. Leur moteur graphique CryEngine est tout simplement ce qui se fait de mieux dans le domaine, chaque nouvelle version donnant lieu à des suites de leurs jeux phares Crysis, Far Cry n’ayant pu bénéficier que de la première mouture avant le rachat de la licence par Ubisoft. Gros studio connu pour divertir un maximum de gamers avec des sagas toutes plus réputées les unes que les autres (Splinter Cell, Assassins Creed, Prince of Persia,…), le développement ne peut pas se faire sans un excellent moteur graphique. C’est là qu’entre en jeu le Dunia Engine. La première version servira de test sur Far Cry 2 et le peaufinage du moteur graphique se verra clairement lors des premières vidéos test de Far Cry 3, explosant toute la concurrence avec un niveau de détail que seul le Frostbite Engine 2 peut toucher du doigt avec son Battlefield.

Les vacances sont loin d'être de tout repos pour Jason Brody.

Les vacances sont loin d’être de tout repos pour Jason Brody

Associé à une liberté d’action quasi totale, Far Cry 3 était attendu au tournant, la faute à un second opus bien en dessous des attentes. Reprenant tout ce qui faisait l’originalité de ce dernier, les développeurs décident de livrer un boulot similaire en terme d’expérience de jeu, le tout à la puissance 10. Et le résultat est grandiose: jamais une telle liberté d’action n’avait pris de telles proportions dans un jeu voué au tir à la première personne. Le joueur est d’autant plus soufflé que le personnage répond au doigt et à l’oeil et que les mouvements sont d’une fluidité exemplaire. On atteint un tel degré de réalisme qu’il est difficile de ne pas se laisser subjuguer par les décors paradisiaques que l’on découvre au fur et à mesure de l’aventure.

Savourez votre dernière biture, les amis !

Savourez votre dernière biture, les amis !

Mais cette liberté à un prix. Un scénario bourré de QTE, en particulier contre les boss. Là où on pouvait espérer que la grandeur des décors offre une place de choix à des affrontements intenses lors des gunfights primordiaux, on se retrouve à devoir appuyer au bon moment sur des touches, ce qui n’est pas sans impacter en mal l’immersion du joueur. De plus, les chemins balisés à outrance durant les phases d’exploration de missions tendant à rendre plus facile la tâche du joueur lambda, peu habitué aux modes hardcores des premiers softs d’une époque bénie. Cette frustration est tout de même largement compensée par une approche intuitive des différentes missions proposées, entre infiltration ou dévastation.

Pour ceux qui n'ont pas d'amis pour y jouer en vrai, on peut même s'essayer au poker.

Pour ceux qui n’ont pas d’amis pour y jouer en vrai, on peut même s’essayer au poker.

Ce qui attire surtout le public jugé adulte, c’est ce scénario d’une maturité impressionnante pour un divertissement, brassant plusieurs thèmes aussi bien psychologiques (le besoin inhérent à tout homme de se sentir viril) que cinématographiques (y’a quelques références bien subtiles dont une à Pulp Fiction). D’une violence aux enjeux dramatiques puissants (la fin !) jusqu’aux personnalités toutes différentes, le jeu s’inscrit dans une non-linéarité bienvenue et on a vraiment l’impression d’avoir à faire à un pan de la vie de Jason Brody. Et Far Cry 3 peut se targuer d’avoir à son bord l’un des bad guys les plus charismatiques jamais rencontrés dans le jeu vidéo en la personne de Vaas. Véritable boute en train psychopathe, il trouvera en Jason un adversaire valable qui lui bouleversera son quotidien insulaire.

Ce mec est définitivement bon à enfermer !

Ce mec est définitivement bon à enfermer !

Le seul regret qui revient chez la plupart des joueurs est l’intelligence artificielle qui aurait méritée d’être plus largement développée à certains moments. Les pirates tirent souvent n’importe comment (même si la difficulté se corse vers les derniers chapitres) et se laissent avoir par de simples esbrouffes comme cette pierre qui nous évite de nombreux conflits lorsqu’on recherche l’infiltration à tout prix. Mis à part ce léger point de détail récurrent dans les Far Cry, ce troisième épisode est digne de figurer au panthéon des oeuvres les plus abouties en terme de FPS.

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