Archives de Catégorie: Horreur

DeepStar Six – Sean S. Cunningham (1989)

DeepStar Six

Sorti la même année qu’Abyss mais surtout Leviathan de Cosmatos (dont il partage sensiblement le même pitch), DeepStar Six, injustement traduit M.A.L: Mutant Aquatique en Liberté en France, est un survival sous-marin comme on en compte des dizaines mais qui sort du lot par quelques idées bien gorasses. Derrière la caméra, le papa du Jason de Crystal Lake soumet son équipe de scientifiques militaires à rude épreuve. Si le scénario est cousu de fil blanc, on lui pardonne par sa capacité à amener de la tension dans un endroit confiné où l’extérieur est aussi mortel que l’intérieur (on pense d’ailleurs pas mal à The Thing et Alien).

DeepStar Six mort

Côté surprise, ce sont les gueules de second couteaux qu’on a déjà croisés dans plein de films du genre qui font plaisir à voir. Même s’ils donnent vie à des caricatures du film de genre (le capitaine black badass, les jeunes tourtereaux, la scientifique ravagée, le psychopathe), ils s’investissent dans leur rôle et ça fait du bien d’en voir certains appartenir au bodycount du film. Pas de quoi se réveiller la nuit mais un bon moment à passer, aussi jouissif que Tremors.

6/10

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Mulberry Street – Jim Mickle (2006)

Mulberry Street

Mais qu’est-ce que c’est que cette purge ? Sous ses airs de film social s’imprégnant du quotidien d’habitants de l’un des quartiers les plus pauvres de New York, Mulberry Street est une vaste arnaque qui ne laisse apparaître son côté horrifique qu’après 45 minutes de bobine. Autant dire un calvaire tant la dimension humaine du script est d’une nullité affligeante, flirtant même sur des traumatismes post-11 Septembre pour le rendre plus dramatique, alors qu’on ne parvient à s’attacher à personne. Ecrire plus de lignes sur ce film serait une perte de temps. Je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin…

0/10

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Morse – Tomas Alfredson (2008)

Morse

Laisse-moi entrer est le remake américain de Morse, qui est l’adaptation du roman Let the right one in de John Ajvide Lindqvist, qui a eu cette idée en écoutant la chanson de Morrissey (le titre du film étant une contraction du nom du groupe quand on y regarde de plus près), Let the right one slip in. Autant dire que le film de Matt Reeves ne sert à rien car il s’éloigne totalement de l’idée de base du scénariste (la décision d’un remake ayant été négocié entre studios), que 2 ans est une période beaucoup trop courte pour le justifier et que Morse fonctionne très bien comme il est. Alfredson est d’ailleurs de cet avis car il a fait savoir qu’il préférerait que les remakes soient fait pour des films mauvais à la base. Même si cette réplique cinglante sent le type sûr de lui, je le rejoindrais parfaitement dans l’idée.

Morse hopital

En revisitant le mythe du vampire sous un œil contemporain, social et jeune, le film prend des risques à tous les niveaux car s’il utilise certains clichés inhérents au nyctalope sanguinaire, c’est pour mieux les renverser dès que l’occasion se présente. Exit le charme, le mystère et les ballades nocturnes en quête de proie. Morse se veut plus terre à terre et nous fait vivre le revers de la médaille de cette situation pour le moins « mortelle ». Coincée dans un corps de 12 ans, la jeune vampire parvient à trouver un confident aimant en la personne de son voisin du même âge. Les deux partagent le meurtre (l’un en pensées, l’autre en actes) et la violence du quotidien. Voila la part romantique du mythe qui s’installe de manière aussi malsaine qu’intelligente.

Morse forêt

Et cet amour va aller creshendo, le final étant l’acte le plus romantique qui puisse être dans l’esprit. Là est le génie du film: concilier la violence la plus gore avec l’amour et le respect le plus profond. Mais leurs sentiments sont encore incertains et c’est avec une précision chirurgicale et une photographie froide mais sublime qu’Alfredson va nous conter fleurette au pays des goules. L’intrigue se situant dans la banlieue de Stockholm, l’architecture rajoute à la froideur hivernale et aux comportement fermés des résidents. Il est dommage de voir que certains personnages ne sont qu’entraperçus, laissés pour compte au profit de la romance des jeunes tourtereaux.

Morse piscine

Efficace, poétique, brutal et tendre, Morse se pose comme un conte macabre et une histoire d’amour sordide mais vraie, secouant les cauchemars des habitants d’un pays qui ne voit que rarement le jour (un choix de pays pas innocent pour un vampire). Un jour, j’irais certainement voir ce qu’apporte le remake de Reeves mais je pense sans trop m’avancer que tout à déjà été dit par Alfredson et qu’il ne peut pas être plus brillamment écrit et mis en scène qu’ici.

8/10

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Inferno – Dario Argento (1980)

InfernoDeuxième volet de la trilogie des mères (ou trilogie de l’enfer), Inferno est encore plus décevant que Suspiria. Sans se fouler, Argento s’est réapproprié le squelette scénaristique du précédent opus pour le réinvestir dans une histoire somme toute semblable (un tueur opère dans un immeuble). La fainéantise du cinéaste va même jusqu’à réutiliser les mêmes codes narratifs (la pluie battante, l’incendie final, la passion des personnages principaux, le rouge omniprésent). Si certains diront que les trois œuvres forment un tout, je vois là très nettement une idée géniale (Suspiria) réutilisée à outrance pour donner libre cours à des expérimentations bordéliques. Et même si j’arrive facilement à passer outre le kitsch complètement assumé du cinéma d’Argento, j’ai toujours plus de mal lorsque les scénarios sont prétextes à un tel fouillis qu’on se demande s’il ne fume pas la moquette des tapis qui recouvrent le sol de son immeuble sordide.

Inferno les trois mères

Et pourtant, le film démarre fort ! Installant une ambiance oppressante uniquement à l’aide de silences macabres et de jeux de lumières, on baigne dans un fantastique très proche du surnaturel. La scène de baignade prend une tournure agréablement cauchemardesque et ouvre le film sur une transition des plus étranges. Et c’est là que le bât blesse. Car au lieu de se concentrer sur son héroïne qui avait tous les atouts, aussi bien en acting qu’en charme, pour nous repondre un conte qui aurait un arrière goût d’enfer sur terre, il multiplie les personnages tous plus secondaires les uns que les autres, juste histoire d’avoir de la main d’oeuvre pour mettre en image ses multiples meurtres (dont la plupart sont d’une nullité affligeante).

Inferno amphi

Alors que le champ des possibles était immense pour confronter les arts nobles (poésie et musique dans Inferno, à l’instar de la danse dans Suspiria) à l’horreur la plus sèche, on ne fait que tourner en rond dans cet immeuble de grabataires dont la plupart cachent des petits secrets dignes d’un téléfilm pour personnes du troisième âge. Sans queue ni tête, on tourne désespérément en rond, massacrant des personnages à peine esquissés pour garder le cotât gore de la pellicule et continuer à s’inscrire dans le genre. Et que dire du final où les morts d’Evil Dead 3 paraissent plus vrais que natures à côté de cette sorcière dont on se fout complètement et qui ne sert strictement à rien si ce n’est rigoler devant des flammes, comme un bon vieux cliché des familles.

Inferno discussion

Je ne reviendrais même pas sur la partition dégueulasse de Keith Emmerson qui ferait passer le bruit d’une craie sur un tableau noir pour une symphonie de Beethoven. C’est simple, il y a si peu à sauver dans le film qu’on ne peut que se rabattre sur l’introduction ou cette fabuleuse scène de meurtre sur du Verdi, sortie de nulle part qu’elle m’a fait m’interrogé sur l’identité de celui qui la signe tant elle détonne au milieu de cette connerie infâme. L’enfer n’est pas vécu par le personnage principal, dénué du moindre charisme et du moindre talent, mais par le spectateur qui doit s’infliger près de 2 heures de vaines promenades dans de couloirs mal éclairés. Argento ou le réalisateur le plus surestimé du genre.

4,5/10

 

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Dog Soldiers – Neil Marshall (2002)

Dog Soldiers

Je ne vais pas m’étaler sur ce film car ça serait lui accorder plus d’attention que ce que je lui ai déjà accordé et ça pourrait s’interpréter comme du masochisme. Dog Soldiers, c’est vraiment bien pourri. Mais alors bien comme il faut ! Ça bouffe à tous les râteliers sans jamais atteindre la moitié du quart du niveau des films pompés, les acteurs sont ridicules, les dialogues ressemblent aux acteurs et les loups garous ressemblent aux dialogues. Comment on peut sortir ça et ensuite enchaîner sur The Descent ? J’arrive pas à comprendre les avis positifs autour du film ou alors, j’ai du voir un version suédée parce que la mienne, elle était quand même bien dégueulasse ! Et pour enterrer le tout, ça dure quasiment deux longues heures. Deux heures à voir un film amateur qui aurait pu être excellent en court métrage. Du gros foutage de gueule sur ce coup.

1,5/10

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