Archives de Tag: comédie

L’extravagant voyage du jeune et prodigieux Spivet – Jean-Pierre Jeunet (2013)

TS Spivet

Si Jean-Pierre Jeunet a choisit l’enfance comme terrain de jeu, c’est pour mieux évoluer. En adaptant le roman d’un écrivain qui s’est lui même inspiré d’Amélie Poulain, le risque était évident de voir le cinéaste sombrer dans la redite mais il n’en est rien. Même si le film garde une part profondément humaniste, mélancolique, candide et poétique, les deux œuvres n’ont absolument rien à voir. Jeunet semble parti pour se réinventer en matière de style avec ses filtres couleur sépia qui disparaissent au profit d’une imagerie du grand Ouest d’une beauté à couper le souffle. Mais on est bien loin de la force d’un Mud et ce voyage initiatique pour le jeune Spivet, malgré les quelques aventures dramatiques qui ponctuent son chemin, se fait sans trop d’embûches alors qu’il y avait possibilité à créer une vraie aventure humaine avec ses hauts et ses bas. Le studio avait également Wes Anderson ou Tim Burton dans le collimateur mais c’est Jeunet qui se proposera et qui empochera le script, devant se satisfaire d’un casting prédéfini. D’ailleurs, le jeune acteur Kyle Catlett s’en sort plutôt bien malgré des mimiques énervantes. Souvent comparé à Hugo Cabret pour son utilisation de jeunes acteurs et de la 3D, les films n’ont bien entendu rien à voir et Jeunet épouse davantage la forme de l’histoire de feu de camp que du conte.

8/10

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Very Bad Cops – Adam McKauy (2010)

Very Bad Cops

L’humour mongol, j’ai déjà du mal à accrocher quand ça vient d’Asie. Alors chez les Américains, je crois qu’on passe un stade où mes neurones arrêtent de réfléchir. Obligé de passer par la case VF étant donné que la séance a été familiale, je dois dire que j’ai vraiment du mal avec les doublages dans les comédies, qui font perdre 200% de la qualité des blagues. Mon avis est donc à prendre avec des pincettes car je suis persuadé (caution Ferrel oblige) que la VO doit être un peu plus tordante que ce ramassis de gags ratés que j’ai vu. Même si le côté buddy movie fonctionne plutôt bien et que les personnages, même s’ils sont des caricatures ambulantes, sont attachants, je n’ai jamais réellement ri aux éclats (sauf quand l’Australien sort « On voit bien qu’il maîtrise GTA« ) durant la course poursuite :eheh: ). Mention A+ à Eva Mendès qui arrive à m’exciter quelque soit le rôle qu’elle a.

4/10

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C’est la fin – Seth Rogen & Evan Goldberg (2013)

This is the end

Une mise en abîme de la condition d’acteurs hollywoodiens sur fond de fin du monde ? Jamais de la vie ! C’est la fin est une sorte de private joke qui aurait coûté quelques millions de dollars et où on n’arrive pas à comprendre certaines subtilités si on a pas connaissance de la filmographie des acteurs concernés, ainsi que leurs affinités. Cependant, même sans tout connaître d’eux, on arrive tout de même à se fendre la poire au détour de gags férocement gratuits et de détournements de scènes cultes à mourir de rire. Seth Rogen nous montre l’envers du décor à sa manière, mêlant étrangement la comédie bromantique au film apocalyptique tout en n’oubliant pas de mettre à mal la réputation de chacun des protagonistes (Channing Tatum prend cher). Même si certaines vannes tombent à plat, on n’avait pas vu de tel engouement pour faire rire le public depuis un moment à Hollywood.

6,5/10

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Un air de famille – Cédric Klapisch (1996)

Un air de famille

Avec le recul, il n’est pas rare de se rendre compte que les meilleures comédies françaises sont tirés de pièce de théâtre. Car c’est dans le huis-clos que peuvent ressortir un tas de situations cocasses. En enfermant sa famille déjà bien fragmentée dans un petit bistrot de village, Klapisch joue avant tout sur l’attirance et la répulsion de ses personnages plutôt que d’essayer de briller par un talent de metteur en scène ou de directeur d’acteurs (même s’il se laisse aller dans certains plans bien sentis). Le script signé par le célèbre duo Bacri/Jaoui est impayable et délivre une bonne rasade d’humour à froid, à base de répliques pince sans rires et corrosives. Un bon cru mais qui n’a pas la capacité de relecture du Dîner de cons.

6/10

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Le dernier pub avant la fin du monde – Edgar Wright (2013)

The World's End

Ultime volet de la Blood & Ice Cream Trilogy initiée en 2004 avec le brillant Shaun Of The Dead, suivi du mitigé Hot Fuzz trois ans plus tard, The World’s End (le titre original est plus classe et plus court à écrire) sonne comme la fin de l’écho, les trois œuvres se répondant constamment par de multiples clins d’œils (à commencer par le duo d’acteurs principal) et des scènes toujours aussi jubilatoires et régressives. Et si le fameux écho se répercute encore assez, il est tout de même grand temps qu’Edgar Wright passe à autre chose tant la machine si bien huilée au début commence à prendre la rouille.  La vraie raison est certainement la VF obligatoire même dans des grandes villes, la faute à une distribution catastrophique. Mais aussi une seconde lecture moins réfléchie qu’auparavant. L’hommage aux films de science-fiction et d’envahisseurs extraterrestres est bel et bien présent (on pense tout du long à L’invasion des profanateurs de sépultures) mais est moins raffiné que chez ses deux prédécesseurs, Shaun Of The Dead en tête.

The World's End flic

Malgré le star system qui commence à entourer le duo Wright/Pegg (l’un signe avec Marvel, l’autre apparaît dans les franchises Mission Impossible et Star Trek), leur collaboration n’a rien perdu de sa superbe. Toujours le goût du bon mot et de la franche rigolade, le couple de scénaristes s’entoure d’un casting fait d’anciennes connaissances (des acteurs de Spaced sont présents) et de nouvelles recrues (Rosamund Pike mais aussi Pierce Brosnan). De plus, après avoir montré qu’il était capable de filmer des scènes d’actions immersives, délirantes et rythmées avec Hot Fuzz mais surtout Scott Pilgrim vs The World, le cinéaste remet le couvert avec une réalisation impeccable (la baston dans les toilettes en plan séquence est géniale).

The World's End voiture

Le principal problème vient du scénario qui peine à démarrer et pédale dans la semoule durant la première demie-heure, créneau fatidique pour une comédie. Mais le film se rattrape dès la présence de la fameuse menace, alignant les séquences cultes et bardées de références, des légendes arthuriennes aux Monty PythonSimon Pegg et Nick Frost tiennent encore et toujours la dragée haute au reste du cast, échangeant pour la première fois les caractères de leurs personnages. Et c’est dans la joie et la bonne humeur qu’on les voit courir leur barathon, au devant du danger, pour notre plus grand plaisir.

7/10

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