Archives de Catégorie: Saga

Wolverine: le combat de l’immortel – James Mangold (2013)

The Wolverine : Le combat de l'immortel - poster

Alors que l’on aurait du se retrouver avec une entrée dans le monde adulte et mature de Marvel en la compagnie d’Aronofsky à la réalisation et de McQuarrie à l’écriture, les studios ont décidé qu’un blockbuster estival, ça doit être décontracté et pas trop prise de tête, surtout lorsque les bases du personnage ont déjà été posées en 4 films. Pas de réécriture donc pour Logan qui devra continuer à vivre avec les démons du passé (le film se passe après les événements de X-Men 3) et les tares des précédents films. Car même si Mangold parvient à amener le personnage de Wolverine sur un tout nouveau terrain (celui de la lourde charge de l’immortalité), il devra faire avec le lot de punchlines et de pathos qui lui incombe.

Wolverine montagne

Si Mangold n’est pas ce qui se fait de mieux dans l’actionner, il reste tout de même loin de l’image d’un yes man tel que Bryan Singer, qui devait d’abord opérer sur le tournage. Même s’il fait tout son possible pour s’intéresser au maximum à son personnage et tout son background, on voit très nettement qu’il n’était pas le premier de la liste des potentiels réalisateurs voulus, loin s’en faut. Cependant, bien que Wolverine sente à plein nez le pur film alimentaire, il nous gratifie de plans sublimes parvenant à iconiser plus que quiconque ne l’avait fait auparavant le mutant aux griffes acérés. De plus, les paysages sublimes du Japon aidant, le film prend de temps à autre des tournures inattendues en terme d’imagerie.

Wolverine sacrifice

C’est bien simple, si le film était du niveau de la scène d’introduction et de la première demie-heure, on tiendrait un petit bijou chez Marvel. Sauf que l’arrivée en fanfare de Yukio nous ramène à la réalité et plonge l’intrigue dans ce qu’elle n’était pas à la base: faute de rédemption, Logan devra jouer les bodyguards pour une femme héritant de l’industrie de son grand père, qui n’est autre que l’homme qu’il a sauvé durant la seconde guerre mondiale. Un pitch basique qui ne permet jamais au personnage de rebondir sur ses failles et ses questionnements. Wolverine étant le personnage le plus torturé de l’écurie des X-Men, il aurait mérité un traitement beaucoup plus sombre que celui qu’on s’efforce à lui donner: celui d’un action man en puissance, shooté aux stéroïdes, que nul ne peut arrêter.

Wolverine romance

On peut quand même se satisfaire de la volonté des studios d’avoir voulu des cascades en prises de vues réelles, rendant un peu plus vincible Hugh Jackman qui, malgré sa musculature impressionnante, va donner de sa personne pour incarner plus que jamais la part animale de Wolverine (ce plan où sa silhouette se dégage sur un jardin japonais, retirant la lame d’un sabre de son corps, est sublime). Même si certaines scènes sont présentes uniquement pour justifier le côté grand spectacle de l’entreprise (la baston sur le Shinkansen est drôle mais inutile), ça reste très louable de vouloir donner une portée un peu plus humaine et physique jusque dans les affrontements.

Wolverine Nagasaki

Mais il ne faut surtout pas se méprendre. Malgré le sang bel et bien présent sur les griffes de Logan (enfin !), le film reste une enfilades de bagarres, de blagues et de punchlines jusqu’au générique de fin. Même si Mangold respecte la culture japonaise (y’a un tas de clichés quand même) et tente d’inculquer quelques valeurs traditionnelles dans son film, l’intrigue aurait pu se passer dans un autre pays qu’on s’en moquerait éperdument (surtout que normalement, Logan parle couramment japonais). Bref, une semi-réussite vu de où Mangold partait, qui parvient à faire bien mieux que le premier spin-off et le troisième X-Men dont il se veut une suite directe. A la prochaine, Wolvy !

6/10

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Man of Steel – Zack Snyder (2013)

Man of steel

Après avoir déconstruit de manière très structurée le mythe du super héros avec son Watchmen, les studios Warner réclament à Snyder l’exercice inverse avec Man of Steel. Patriarche s’il en est, Superman a vu le jour sous de nombreuses adaptations, plus ou moins kitsch. C’est en prenant à contre pied toutes les attentes des spectateurs et des fans et en nous proposant une mythologie à l’humanisme prégnant que le cinéaste, dont la vision à l’optimisme balbutiant et aux choix surhumains sera renforcée par le talent d’écriture de la sphère Nolan (David S. Goyer et les frères Nolan), retrace la genèse d’un héros. Plus sombre que ses aînés, Man of Steel se veut également plus mature. Et toute renaissance a besoin de fondations solides. C’est en cela que la naissance de Kal-El sur Krypton est un passage obligé de la réadaptation du surhomme qui, tel un phénix renaissant de ses cendres, va pouvoir voler de ses propres ailes. De sa propre cape.

 Man of steel soldats

Car qui dit repeaufinage dit révision du costume. Exit le slip rouge, marque de fabrique du personnage. Le costume de Superman est d’un bleu métallique sobre, symbole d’une volonté d’assombrir sa puissante aura humaniste. Dans Man of Steel, il va falloir choisir entre sa part de Terrien et sa part de Kryptonien. L’humanité et ses erreurs, faite de choix incertains et de destins hasardeux contre la renaissance d’un monde anciennement florissant et développé technologiquement, où tout est programmé à l’avance et où chacun à sa place dans la société bien avant sa naissance. Rien de manichéen. Pas de bien ou de mal. Juste une volonté de vouloir faire ressortir telle ou telle origine. Les deux civilisations ont leurs qualités comme leur défaut. Et jusqu’à l’ultime affrontement, Superman va peser le pour et le contre de son appartenance au monde des humains, dans une lutte sans merci contre ses compatriotes.

 Man of steel planète

A base de destructions massives impressionnantes et jouissives, toute la dernière partie étale un climax dévastateur où la pyrotechnie atteint un degré encore rarement atteint dans la jubilation que le spectateur peut avoir à admirer Zod et Superman se mettre sur le coin de la gueule. Un duel au sommet qui contrebalance complètement avec l’heure précédente. Agrémentée de flashbacks incessants, elle permet de revenir sur l’adolescence de ClarkKal-ElKent et plus particulièrement sur son questionnement intérieur quand à l’explication de ses pouvoirs. Une jeunesse entre vilain petit canard et paria qui résonne dans les scènes non ancrées dans les souvenirs, montrant un Clark Kent défenseur de la veuve et de l’orphelin. Mais cette générosité se verra bafouée par certaines révélations qui vont peser dans la balance du doute. Alors qu’il était prêt à mouiller la chemise pour sauver une dizaine d’hommes sur une plateforme pétrolière, l’affrontement final verra périr des milliers d’âmes sans qu’il ne puisse faire autre chose que penser à son propre destin. Mais il faut savoir sacrifier quelques personnes pour en sauver un bien plus grand nombre.

 Man of steel photo

Le casting est d’une efficacité désarmante. Entre un Henry Cavill méconnu qui parvient à dompter la puissance du costume de Superman grâce à une musculature impressionnante et un charme intemporel, loin des standards du playboy classique, un Kevin Costner rare mais d’une puissance émotionnelle remarquable, une Amy Adams aussi badass que romantique, faisant preuve d’un professionnalisme déterminé et un Michael Shannon cabotin mais terrorisant, dans le rôle d’un conquérant extraterrestre particulièrement dévoué à sa terre natale (Alexandre le Grand pour certains, Hitler pour d’autres), le choix des acteurs n’a pas été fait à la légère et n’est jamais synonyme d’une quelconque hype autour de l’un d’eux. Chacun s’investit dans son rôle et donne vie à son personnage. Rassurant lorsqu’on voit le pilotage automatique de certains acteurs dans les blockbusters estivaux.

 MAN OF STEEL

Terminant sur une pointe d’humour (une scène digne d’un épisode de Lois et Clark : les nouvelles aventures de Superman), Man of Steel se révèle être brillant, tel un phare dans le firmament des invasions de super héros estampillés Marvel. A l’instar de Batman, Superman trouve une place confortable chez Warner, se posant en film rassembleur du futur Justice League qui devrait réunir les plus grands héros de DC Comics. Si le film est du même acabit, je signe de suite !

8,5/10

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Star Trek Into Darkness – J.J. Abrams (2013)

Star Trek Into Darkness

Après le lifting opéré sur la saga par Abrams, les producteurs ont décidé d’élever leur poule aux œufs d’or au rang d’icône, le gratifiant d’un statut de geek suprême, ayant compris toutes les qualités de Star Trek en gommant tous les défauts. Mais c’était sans compter le rajout des siens qui, même s’ils ne gâchent pas tellement le spectacle, empêchent ses films de gagner de l’intensité émotionnellement parlant. Car ses personnages sont lisses et creux. Même s’ils ont bel et bien une personnalité qui leur est propre, ils agissent avec tellement d’insouciance et d’immaturité qu’on se demande comment Star Fleet peut filer à cet équipage le meilleur vaisseau de leur flotte et leur accorder leur confiance absolue.

Star Trek Into Darkness fusillade

Et si les défauts s’arrêtaient là, ça ne serait pas trop grave. Mais il faut encore ajouter les multiples incohérences scénaristiques qui plombent le récit. Cependant, si le script reste morcelé de bêtises à l’innocence prodigieuse (un mec est coincé dans un volcan en éruption !), il est bien traité et permet à chaque personnage de se révéler et d’apporter sa pierre à l’édifice. Le problème, c’est que si les interactions entre eux sont plutôt bien écrites, les personnages n’évoluent jamais, ce qui donne un aspect serial à la saga, au lieu de la transformer en fresque space opératique qui aurait pu enterrer la prélogie de Lucas.

Star Trek Into Darkness V

Le Duo Quinto/Pine fonctionne toujours et c’est agréable de retrouver l’équipage au grand complet, face à un bad guy aussi redoutable que ridicule. Car si son potentiel de dangerosité est élevé, son charisme frôle le zéro absolu, aidé par un cabotinage excessivement chiant de Cumberbatch qui joue les Ryan Gosling futuristes (à savoir qu’il maîtrise la mono-expression). Heureusement que les scènes d’actions sont très bien torchées et que l’image flatte l’œil, avec des effets spéciaux très réussis, malgré l’utilisation toujours trop intensive des lens-flares. Mais ça en devient amusant tant cette marque de fabrique, aussi appréciée que controversée, devient une sorte de signature et permet de rendre reconnaissable l’oeuvre d’Abrams parmi les autres.

Star Trek Into Darkness espace

Un bon divertissement, même s’il n’est pas le blockbuster tant attendu et qu’il reste trop ancré dans une norme hollywoodienne consistant à puiser dans une idée jusqu’à l’assécher complètement. Pas assez sombre et formaté pour un public bien trop jeune, on y retrouve tout de même ce qui nous a fait apprécier la première tentative d’Abrams de ressusciter la saga. Et c’est déjà un bon point.

6,5/10

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Iron Man 3 – Shane Black (2013)

La chute d'un héros...et d'un réalisateur.

La chute d’un héros…et d’un réalisateur.

Shane Black, c’est un peu l’équivalent de Mylène Farmer au cinéma: pas très prolifique, peu d’intérêt médiatique mais une horde de fans avides de se jeter sur chaque nouvelle faisant état de sa carrière. Si le scénariste a su s’imposer grâce à des scripts bourrés d’humour et d’action, il en est pas moins un réalisateur doué. comme le laissait voir son génial Kiss Kiss Bang Bang. Mais ça n’est pas parce qu’il avait réussi à donner un bon rôle à Robert Downey Jr. qu’il fallait récidiver en le mettant aux manettes de ce troisième opus de l’homme d’acier de l’écurie Marvel. Si la nouvelle de sa venue aux commandes en avait réjoui plus d’un (moi le premier), il faut se rendre compte que les vacances ont été trop longues pour Shane Black. Sauf si son but était d’achever une licence qui agonisait déjà dès sa suite surestimée.

Heureusement que le ridicule ne tue pas...

Heureusement que le ridicule ne tue pas…

Certains diront que l’échec cuisant de cet épisode est dû aux studios de production, au second scénariste (qui n’est autre que celui retenu pour l’écriture du prochain Sherlock Holmes…) ou je ne sais quelle autre raison. Il faut voir les choses en face: Shane Black signe là son arrêt de mort. Autant il a pu être un scénariste très courtisé à une époque, autant il ne vaut plus tripette aujourd’hui. Pour réussir à survendre autant ce film, soit les studios Marvel lui ont refilé un gros bifton, soit on menaçait sa famille durant les conférences de presse. Iron Man 3 comporte tout les mauvais ingrédients qui semblent être appréciés par le public pré pubère  comique de situations, répliques absurdes, méchants jamais charismatiques, musiques modernes et/ou célèbres (il ose démarrer son film sur du Eiffel 65: la messe est dite dès l’apparition du logo Paramount).

Les liens homme/machine ne sont jamais tissés. On survole toute la mythologie du super héros !

Les liens homme/machine ne sont jamais tissés. On survole toute la mythologie du super héros !

Mais même sans tous ces artifices qui ameutent un public dégénéré dans les salles, on est au niveau zéro de l’écriture. Jamais Tony Stark n’a été aussi chiant. Son côté golden boy, ça va bien 5 minutes mais là, c’est tellement poussé à outrance (un garçon dans un petit village paumé le reconnaît !) que ça en devient lourd. Les personnages sont à peine esquissés, chacun cherchant à se faire un peu de place sur l’écran. Mais jamais il n’arriveront à bousculer Downey Jr. qui monopolise toute l’attention par son omniprésence et son sur-jeu infantile. La palme du personnage improbable revient bien entendu au fameux Mandarin et à la clique de méchants. Guy Pearce cabotine comme un chien fou (cent fois pire que dans Lawless !) et Ben Kingsley se la joue gangsta ! Iron Man 3 est ni plus, ni moins qu’un épisode à rallonge de La quatrième dimension.

La seule satisfaction du film est de pouvoir mater la plastique de Gwyneth.

La seule satisfaction du film est de pouvoir mater la plastique de Gwyneth.

Tous les moments de bravoure sont si mal filmés et tellement pétaradants (Michael Bay approved !) que ça en devient génants pour la rétine. Surtout que celle ci est déjà soumise à rude épreuve avec une 3D complètement inexistante et finissant de transformer l’entreprise Iron Man comme une énorme vache à lait que l’on vient traite tous les 2 ans. J’ai hâte de voir les prochains épisodes où Bruce Willis nous jouera un bad guy à la sauce McClane, le tout sur du Shakira.

3/10

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Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir – George Lucas (1977)

Une légende est née !

Une légende est née !

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine….

C’est une époque de guerre civile. À bord de vaisseaux spatiaux opérant à partir d’une base cachée, les Rebelles ont remporté leur première victoire sur le maléfique Empire galactique. Au cours de la bataille, des espions rebelles ont réussi à dérober les plans secrets de l’arme absolue de l’Empire : l’Étoile de la mort, une station spatiale blindée dotée d’un armement assez puissant pour annihiler une planète tout entière. Poursuivie par les sbires sinistres de l’Empire, la princesse Leia file vers sa base dans son vaisseau cosmique, porteuse des plans volés à l’ennemi qui pourront sauver son peuple et restaurer la liberté dans la galaxie…

"- Ouais, pas mal. Attendons la suite..."

« – Ouais, pas mal. Attendons la suite… »

Dans le coeur de nombreux fans, Star Wars est la seule et unique saga qui existe véritablement hors de son carcan cinématographique. Phénomène de société encore perceptible à l’heure où j’écris ces lignes, les différentes manifestations et réunions autour d’elle sont la preuve que Lucas a su créer un univers si intense et si complexe qu’il n’avait pas d’autre choix que de le laisser exister en dehors de ses films. Même si on peut regretter l’aspect mercantile de certains de ses choix, il faut revenir à la genèse de la saga et se concentrer sur ce qui a permis au cinéaste barbu d’allonger sur pellicule des rêves d’enfant et de cinéphile griffonnés avidement sur papier.

L'aventure vient à Luke, au contraire d'Indiana Jones qui va au devant d'elle.

L’aventure vient à Luke, au contraire d’Indiana Jones qui va au devant d’elle.

Un nouvel espoir a été injustement traduit La guerre des étoiles chez nous pour une raison purement commerciale. Le titre original choisi par Lucas ne permettait au public de s’aventurer dans la saga sans gène car il ressemblait à un titre de suite. Chose qu’il est à vrai dire puisque le premier film sorti correspond au quatrième épisode de la saga. Une décision sage qui permet d’intégrer directement une lutte intestine ente le bien et le mal, les Jedis et les Sith par le biais de la formation de Luke Skywalker. De plus, La guerre des étoiles perd un peu de son sens étant donné que la seule étoile entrant en conflit entre les deux factions (les Rebelles et l’Empire Galactique) est celle menaçant la paix spatiale: l’Etoile de la mort (ou Etoile noire). Sa résonance avec le titre de la saga, à une époque où les anglicismes avaient moins libre cour que maintenant, représentaient également une gageure car répétant deux fois le titre, dans deux langues différentes.

Le Falcon Millenium, relique parmi les reliques.

Le Falcon Millenium, relique parmi les reliques.

Empruntant à un large pan de cultures diverses et variés, George Lucas ne renie pas ses différentes sources d’inspirations. Reprenant le squelette scénaristique de La forteresse cachée d’Akira Kurosawa, le film initie une volonté forte d’accréditer la chevalerie romantique comme concept d’une aventure épique à l’envergure importante, à la manière de la légende arthurienne. En effet, un petit groupe de personnages, guidé par l’honneur, l’amour et la naïveté de croire que l’on peut vaincre le mal en faisant le bien, céderont leurs vies et leurs aspirations à lutter dans une aventure aussi bien humaine (ils feront face à un cosmopolitisme racial incroyable) que personnelle (Luke se cherche une raison de vivre). Lucas s’inspire également de la religion bouddhiste pour son concept de Force, de la littérature SF pour ses droïdes et de la seconde guerre mondiale pour armée de l’Empire. Autant d’éléments qui témoignent d’une volonté d’emporter le monde entier dans son sillage.

Le duo formé par les C3-PO et R2-D2 est sans doute le groupe de personnages le plus présent dans le film.

Le duo formé par les C3-PO et R2-D2 est sans doute le groupe de personnages le plus présent du film.

Aujourd’hui encore, le film bluffe par sa capacité à transcender son histoire par des effets spéciaux certes datés mais qui s’inscrivent dans ce qui s’est fait de mieux à l’époque. Si en regardant Un nouvel espoir en 2013 peut prêter à sourire, le film n’en reste pas moins l’un des piliers du genre, donnant une telle profondeur à ces batailles spatiales par une maîtrise du rythme au montage qu’elles en deviennent aussi sensationnelles qu’inoubliables. Quelques effets resteront à jamais cheap et semblaient être souhaités dès le départ (le look de C3-P0 qui ressemble au robot de Metropolis), d’autres auraient pu être évités et ne lui rendent pas forcément justice (les cuts au montage à chaque apparition du sabre laser ou de fermetures de sas sont atroces).

Le bien et le mal s'affrontent dans une chorégraphie pour le moins...particulière.

Le bien et le mal s’affrontent dans une chorégraphie pour le moins…particulière.

Film le plus rentable de tous les temps, cette couronne de lauriers n’est pas uniquement due à son rayonnement mondial mais à son intemporalité scénaristique. En inscrivant sa saga dans une époque aussi bien factice qu’éloignée (le fameux far, far away du générique) et en brassant des thèmes propres à l’être humain (le dépassement de soi, l’amour, l’amitié, l’ouverture d’esprit et la religion), George Lucas permet à sa saga de se nourrir perpétuellement de ce que le monde peut lui fournir pour l’intégrer à son propre monde. Un nouvel espoir, et plus particulièrement la saga tout entière est un microcosme de notre propre société, une mise en abîme de notre monde, simplifié pour toucher aussi bien les adultes que les jeunes.

Un mercenaire, une créature, un vieillard et un fermier. On ne peut pas faire plus hétéroclite.

Un mercenaire, une créature, un vieillard et un fermier. On ne peut pas faire plus hétéroclite.

Chaque personnage apporte une touche d’originalité au projet: que ça soit le candide Luke Skywalker (Mark Hamill et sa bouille juvénile), Chewbacca et son grognement risible, Han Solo (Harrison Ford déjà ultra charismatique) ou Dark Vador et son ambition démesurée de conquête intergalactique (un petit côté hitlérien dans sa démarche). Cette galerie incroyable gagne encore plus en intensité grâce à la composition musicale signée John Williams qui concocte pour l’occasion des thèmes exceptionnels (l’ouverture du film, le bar, l’attaque de l’Etoile Noire) et rend hommage à la dimension opératique voulue par le créateur.

Les vaisseaux ont un design très recherchés.

Les vaisseaux ont un design très recherchés.

15 ans doivent me séparer de mon dernier visionnage de la trilogie originelle et, par contre coup, de cet épisode IV. Mais le charme reste intact et la restauration effectuée pour la sortie du Blu Ray rend hommage au travail effectué pour rendre cette ambiance et cette atmosphère unique (la scène du bar est toujours aussi jouissive). Si on pourra reprocher le scénario quelque peu simpliste, la facilité avec laquelle les Rebelles réussissent leur mission d’exfiltration et cette fin qui, en annonçant une suite directe, bâcle la happy end, on reste tout de même béat d’admiration devant un tel dévouement qui a permis de livrer un divertissement aussi puissant. Lucas croyait si fort à son sujet qu’il a réussi à nous y faire croire également.

8/10

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