Archives Mensuelles: juin 2013

Le secret de la pyramide – Barry Levinson (1985)

Le secret de la pyramide

Divertissement de qualité, la réussite du film est d’abord du à la collaboration de trois esprits aux idées originales. Chapeauté par Spielberg dont l’influence se fait sentir au niveau de la bande originale et de l’apparition du surnaturel dans l’intrigue, Levinson parvient à donner vie à un très bon film d’aventures, grâce à une mise en scène sans fioritures ni style particulier mais appliquée et efficace. En imaginant l’adolescence et la rencontre fortuite de John Watson et Sherlock Holmes sur les bancs de l’école, Chris Colombus parvient à renouer avec ce qui fait le charme des divertissements des 80’s en insufflant exotisme, humour et émotion dans son scénario. Le Londres victorien a belle allure et ne vieillit pas, l’aspect gothique des ruelles et les nappes de brouillard étant réutilisés bien plus tard dans les films de Colombus en personne (les deux premiers Harry Potter dont Young Sherlock Holmes partage quelques similitudes de mise en scène). Vibrant hommage aux écrits de Sir Arthur Conan Doyle, Le secret de la pyramide est d’une grande fidélité aux personnages et au suspense inhérents à la saga. Comme je le disais, c’est un divertissement de qualité !

7,5/10

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Time and Tide – Tsui Hark (2000)

Time and Tide

Si Tsui Hark n’a pas à rougir des grands faiseurs de films d’action américains (même si son incursion aux Etats-Unis n’est pas exceptionnelle), il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est sur sa terre natale. Repoussant les limites de la réalisation en livrant une oeuvre semi-acrobatique, son Time and Tide souffre quand même de quelques fautes, notamment dans la narration. Fourmillant de pleins de petites incompréhensions qui nécessitent d’être vues et revues pour être comprises, le film peine donc à garder l’intérêt du spectateur qui se perd à relier certains points scénaristiques. De plus, là où un film 100% sérieux aurait été appréciable, on doit faire face à de l’humour basique qui plombe certaines scènes (la marche arrière sur l’autoroute en est un bon exemple).

Time and Tide duel

Si la galerie de personnages est grande, elle reste très centrée autour des personnages qui dominent l’action (Jack, Tyler et l’Asiatique a dreadlocks). C’est un véritable ballet auquel Tsui nous convoque. La chorégraphie est riche et variée, les fusillades sont jouissives et toujours lisibles et elles occupent tout l’espace. Dommage que la fin soit foutraque, avec le bébé qui rappelle celui d’A toute épreuve, autre summum du genre. Si Time and Tide ne joue pas dans la même cour (moins de maestria visuelle), ils se répondent très bien et feraient un excellent double programme.

7/10

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Green Snake – Tsui Hark (1993)

Green Snake

Adapter une légende chinoise séculaire sous forme de comédie fantastique, c’est bien. Mais pondre un film qui était déjà daté le jour de sa sortie, c’est mal. Lorsque le kitsch est utilisé à bon escient, il ne me pose aucun problèmes (il suffit de voir les De Palma pour s’en rendre compte). Derrière le côté opéra de Green Snake avec ces décors qui évoluent sans cesse comme sur une scène, on retrouve quelque chose de terriblement hermétique. J’avais l’impression de voir un nô tellement Tsui Hark livre un film dépouillé de toutes pistes artistiques pour les Européens que nous sommes. Je ne vais pas lui faire le procès de ne pas être un réalisateur nationaliste mais il est difficile d’entrer dans la psyché de ses personnages.

Green Snake moines

Cependant, c’est également ce côté spectacle du pauvre qui fait tout le charme du film. Hark fait preuve d’ingéniosité pour rendre son budget le plus conséquent possible par une économie de moyens qui font sourire, voire tout simplement rire. Les ballets aériens des acteurs sont rares mais suffisants pour me faire comprendre que j’ai vraiment du mal avec cette technique de mise en scène. Heureusement que les musiques sublimes sont là pour apporter de la force au film qui, ajouté à la beauté de ces deux interprètes féminins, parvient avec peine à se hisser dans mon estime.

Green Snake bain

Conte pour enfants constamment coincé entre drame et comédie, on aurait aimé pouvoir s’attacher davantage au moine en quête de perfection spirituelle ou au destin funeste du professeur, charmé par des serpents à forme humaine. Piochant dans divers mythologies pour finalement les survoler et rendre un final aux effets spéciaux atrocement ridicules, le mélange entre l’univers Bollywood (l’actrice dansant avec la danseuse au début, c’est juste terriblement excitant) et les histoires de fantômes chinois ne prend pas chez moi, même si je constate que le travail de titan fourni par Hark est incontestable.

5/10

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Piranhas – Joe Dante (1978)

Piranhas

Premier vrai long métrage de Joe Dante, cette collaboration avec Roger Corman n’est pas uniquement synonyme de déception. En parodiant Les dents de la mer de Spielberg, ce dernier va s’enticher du tout jeune réalisateur et lui proposer ce qui sera son plus grand succès: Gremlins. Si Piranhas n’a pas de patte particulière, il permet déjà de se rendre compte que Dante a de l’humour et une envie d’en découdre avec l’autorité. Sous son sous-texte politique ridicule, il clame haut et fort un amour immodéré pour la comédie mâtinée d’horreur, sans arriver à rendre véritablement attachant ses personnages. Il faut aussi compter sur les débuts du magicien des effets spéciaux Rob Bottin qui voit son travail gâché par des plans qui ne mettent jamais en avant la menace. Se devant de mettre sa dose de sexe et violence, Dante nous gratifie d’une paire de plans boobs complètement gratuits, uniquement présents pour satisfaire au cahier des charges. Heureusement pour lui qu’on lui aura tout de même laissé sa chance grâce à cet essai.

4/10

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Le lendemain du crime – Sidney Lumet (1986)

Le lendemain du crime

Creux et indigne d’un Lumet, ce Morning After ne vaut que pour la prestation de son duo glamour Fonda/Bridges. Si les dialogues sont très bons, l’intrigue est molle et ne comporte que peu de sursauts policiers, se contentant de voguer tranquillement sur la romance qui s’installe entre les deux personnages, nous faisant presque oublier le cadavre à la mort suspecte qui ouvre l’introduction (la meilleure scène du film). Le côté 80’s très prononcé dans les musiques et les décors aux couleurs criardes amène un soupçon de nostalgie mais le film ne se démarque jamais de tous les autres films noirs sortis à la même époque. Passable.

5/10

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