Archives de Catégorie: DVD

Hitokiri, le châtiment – Hideo Gosha (1969)

Hitokiri le châtiment

Signant coup sur coup deux œuvres crépusculaires et profondément marquantes (Goyokin étant sorti la même année), Hideo Gosha continue de détruire à coup de personnages torturés la figure du samouraï, dernier bastion d’une époque féodale vouée à changer tôt ou tard. Derrière leurs airs de soumission et d’abnégation, les tueurs dépeints par le cinéaste ne sont capables que de violence et ne peuvent comprendre les rouages de la politique. C’est en réalité l’image inverse qu’il va chercher à nous montrer par l’intermédiaire d’Izo Okada, soûlard ivre de femmes et de sang. En prenant comme toile de fond l’époque charnière du passage au shogunat, signant ainsi la fin des samouraïs en tant qu’élite, Hitokiri balaye cette image poussiéreuse du membre de clan idéalisé par les couches inférieures de la société en le rabaissant sans cesse à l’état de vulgaire pion.

Hitokiri larme

S’armant d’un casting en béton armé, Gosha évite la redite avec Goyokin et, tout en traitant frontalement de la fin d’une ère, se permet de suivre deux voies différentes: celle de la fuite en avant et celle du dernier coup d’éclat. A y regarder de plus près, ses personnages ne peuvent vivre dans le monde qui va apparaître. C’est pour cette raison qu’il va tâcher, par un scénario faible en action mais fort en discours, de les éliminer un à un jusqu’au final qui, par un choix de plan saisissant, finit d’enterrer définitivement cette image légendaire. Si Nakadaï et son charisme fiévreux lui permet de toujours offrir une prestation de première ordre, Shintaro Katsu et Yukio Mishima, connu pour ses écrits réputés provocants, sont les deux faces d’une même pièce et se complètent parfaitement (la scène du bar est touchante).

Hitokiri bar

D’ailleurs, la présence de Mishima est d’autant plus forte qu’un an plus tard, il se fera seppuku, à l’instar de son personnage dans le film. Mais loin de vouloir prophétiser quoi que ce soit, Gosha a voulu intégrer sa vision pessimiste et réaliste de la société d’antan dans un film beaucoup moins somme que Goyokin mais tout aussi important dans sa filmographie. Si les qualités plastiques propres au cinéaste sont bel et bien présentes, Hitokiri présente aussi une part légèrement fantastique (les visions rouges sang d’Izo) et fantasque (la course de 45 km pour rejoindre le conflit). Même si Goyokin lui fait énormément d’ombre, il serait dommage de renier l’importance de ce film dans la carrière de Gosha.

7,5/10

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La vallée perdue – James Clavell (1971)

La vallée perdue

Sous ses airs de jardin d’Eden dissimulé aux yeux des hommes, cette vallée luxuriante et enchanteresse ressemble davantage au purgatoire qu’au Paradis. James Clavell choisit la Guerre de Trente Ans comme toile de fond, conflit de dévots par excellence qui opposa les Catholiques aux Protestants et qui fit des milliers de morts, le tout au nom d’un seul et même Dieu. Le village niché au cœur de la vallée n’est ni plus ni moins qu’un microcosme reflétant l’horreur extérieure. Par ses habitants, dont certains occupent des places dominantes (le chef, le prêtre catholique), c’est l’antichambre de la vraie guerre qui se rejoue ici, en comité restreint. Clavell parvient à ne jamais prendre parti et balaye le visage d’une caméra objective, faisant se confronter la foi aveugle du prêtre, la soif de liberté du Capitaine (Michael Caine impérial) et la ruse de Vogel (Omar Sharif tout en retenue), dans des plans montrant une nature à la beauté sauvage mais cruelle.

7,5/10

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Very Bad Cops – Adam McKauy (2010)

Very Bad Cops

L’humour mongol, j’ai déjà du mal à accrocher quand ça vient d’Asie. Alors chez les Américains, je crois qu’on passe un stade où mes neurones arrêtent de réfléchir. Obligé de passer par la case VF étant donné que la séance a été familiale, je dois dire que j’ai vraiment du mal avec les doublages dans les comédies, qui font perdre 200% de la qualité des blagues. Mon avis est donc à prendre avec des pincettes car je suis persuadé (caution Ferrel oblige) que la VO doit être un peu plus tordante que ce ramassis de gags ratés que j’ai vu. Même si le côté buddy movie fonctionne plutôt bien et que les personnages, même s’ils sont des caricatures ambulantes, sont attachants, je n’ai jamais réellement ri aux éclats (sauf quand l’Australien sort « On voit bien qu’il maîtrise GTA« ) durant la course poursuite :eheh: ). Mention A+ à Eva Mendès qui arrive à m’exciter quelque soit le rôle qu’elle a.

4/10

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Dr. Kinsey – Bill Condon (2003)

Dr Kinsey

Personnalité controversée de la médecine moderne, le professeur Kinsey a publié à la fin des années 40 deux études qui ont fait grand bruit dans l’Amérique puritaine de l’époque: Comportement sexuel de l’homme et Comportement sexuel de la femme. C’est par le biais d’un biopic richement documenté qu’on apprend à connaître la vie et l’oeuvre de ce prodigieux scientifique qui a ouvert depuis la voie à la sexologie telle qu’on la connaît aujourd’hui. Bill Condon se dissimule derrière l’histoire et la prestation grandiose de Liam Neeson pour livrer un point de vue neutre mais qui cache derrière lui une facette impure de l’Amérique. Cette époque où le racisme et la délinquance sexuelle (ou associée comme telle, la masturbation et les relations homosexuelles étant formellement interdites par l’église et la loi) se tiraient la bourre et étaient sur toutes les langues. Intéressant bien qu’un peu longuet, Dr Kinsey nous ouvre les portes d’un savoir que l’on juge comme trop rapidement acquis à notre époque.

6,5/10

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The Deep – Baltasar Kormakur (2012)

The Deep

Ça, pour l’avoir eu bien profond, on l’a eu. Kormakur, ça doit vouloir dire « enculer les mouches » en islandais tellement son film n’atteint jamais l’ampleur espérée, la faute à un rythme digne d’un téléfilm France Télévisions avec Thalassa en sponsor. Alors qu’il tenait un solide fait divers qui aurait pu accoucher d’un survival maritime introspectif, il se contente de nous balancer un naufrage filmé avec les pieds et une errance de 10 minutes top chrono sur 1h30 de bobine. Le reste du temps, on voit le quotidien d’un type avec lequel on a aucune empathie et qu’on aurait aimé voir mourir noyé pour ajouter de l’action et raccourcir le film. Survivre, c’est bien ce que j’ai essayé de faire pendant le visionnage…

1,5/10

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