Archives Mensuelles: janvier 2012

Futur Immédiat: Los Angeles 1991 (1988)

Seraient-ce les inventeurs du rugby avec leur tête ovoïde ?

Un buddy movie extraterrestre attachant. Quelques bonnes idées mais ça reste tout de même assez brouillon et ils auraient pu prendre le temps de développer les personnages. 1h20 quoi ! Après, ce qui est agréable, c’est que ça aille à l’essentiel et que ça évite toutes descriptions inutiles. James Caan reste badass mais en fait un peu trop. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Une sorte de l’Arme fatale inter-espèces.

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The Descendants – Alexander Payne

Un père de famille, un obstacle qui paraît facile à surmonter...cette affiche résume bien l'idée du film.

Georges Clooney a tendance, ces dernières années, à choisir le côté indépendant du cinéma, y trouvant très certainement un réalisme qui résonne en lui. Après des Marches du pouvoir où il se faisait voler la vedette par Ryan « Drive » Gosling, le voici de nouveau en solitaire dans un film où il interprète un père esseulé par la perte de sa femme et la distance qu’il a mise entre ses deux filles. Loin de tomber dans le pathos lourdaud comme le montage de la bande annonce le laissait présager, on assiste à une quête salvatrice d’un homme qui va traverser une période douloureuse tout en chassant les démons qui l’empêchait de vivre sa vie de famille en père exemplaire. Ajouté à cela un legs familial lourd à porter et vous aurez une idée du fardeau que porte Clooney dans ce film.

" Quoi ! On a eu un Golden Globe ?! Non...2 Golden Globes ?!!!"

L’idée de placer le récit à Hawaï – même si elle provient du roman – est terriblement intelligente. Sa forme d’archipel et les longs trajets qui relient chacune des îles rappellent l’éloignement de chaque membre de cette famille l’un envers l’autre ainsi que les épuisants ponts qu’il faut construire pour les faire se rejoindre. Et le cadre idyllique est parfaitement antithétique avec le thème abordé – la souffrance, la perte d’un être cher, les tensions familiales – ce qui évite d’avoir à en rajouter niveau tire-larmes car le film fait très bien son office lorsqu’il s’agit de nous émouvoir. Certes, le scénario touche plus ou moins fortement les personnes, suivant qu’elles aient vécu une telle expérience ou non mais le point fort de The Descendants est de recentrer nos esprits sur un fondement important du bonheur: la famille.

L'archétype de la belle-famille est travaillé de manière originale.

Ce ton dramatique qui ponctue l’ensemble du film nous évite de sombrer dans la mélancolie grâce à des notes comiques et rafraîchissantes qui m’ont fait penser à Broken Flowers. Payne emprunte à Jim Jarmusch ce ton second degré qui met du baume au cœur au public, mais également aux personnages, au détour de deux ou trois scènes vraiment drôles. Mais même s’il n’a pas la fibre mélomane de ce dernier, l’ambiance musicale du métrage fleure bon la plage et le sable chaud. Même si j’ai eu très peur au tout début du film (une voix-off pendant près de 15 minutes), mes craintes se sont apaisées au fil des minutes et j’ai pu pleinement profiter de cet instant qui (pour emprunter à quelqu’un qui m’est cher) remet les pendules à l’heure.

7,5/10

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Sherlock Holmes 2: a game of shadows – Guy Ritchie

– « Relax, vieux ! Prends la pose. » – « Non mais tu vois pas qu’il y a une ombre qui nous attaque ? »

Ah il est loin le temps des Snatch, des arnaques et de la botanique. Le seul élément récurrent du cinéma de l’ex-mari de Madonna reste les crimes et c’est peut être là où il excelle le mieux, quoi qu’il s’agisse là de tout faire péter en moins de deux heures. Sherlock Holmes, c’est un peu le premier héros de littérature ayant fait naître les buddies stories, ces histoires où un duo hétéroclite – de bras cassés la plupart du temps – s’allient pour le meilleur et pour le pire afin de combattre un ennemi commun. Et cet ennemi n’est autre que le non moins célèbre Moriarty, génie criminel et égocentrique assumé. Après un premier épisode réussi dans lequel son style s’accorde à merveille avec le côté gipsy de l’époque (l’orientalisme britannique du 19ème), Ritchie transforme l’essai avec ce jeu d’ombres qui fait toute la lumière sur le conflit que se livrent les deux rivaux mais aussi sur le côté homosexuel du détective.

« Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler, Jack ! »

Loin de moi l’idée de vouloir travestir l’idée que vous vous faîtes du personnage, mais alors que l’un – Watson – se décide à se marier, l’autre – Holmes –  fait tout pour tenter de l’embarquer dans l’autre direction. Mais ce côté là n’apparaît qu’au travers d’un brève échange sur l’utilité du mariage, ou d’une scène ridiculement petite durant laquelle la première véritable réplique à double sens est lancée (cf.image). Car à l’inverse des romans, Guy ne s’attarde absolument pas sur le développement de ses deux compères. Ca serait perdre du temps sur l’action et de l’action il y en a. Savamment dosée, parfaitement orchestré et rudement bien filmé, même s’il devrait arrêter de prendre du speed lors de certains tournages de scène. L’exemple type de son style se retrouve parfaitement durant la fuite dans les bois où il abuse abondamment de la shaky comic cam (ouais, je trouvais que ça le faisait bien) avec ces fameux plans dans lesquels ses acteurs donnent l’impression de sortir d’une bande dessinée, à l’instar de plans tirés de RockNRolla.

Bon ok là c’est pas du tout parlant mais c’est pile dans cette scène que vous verrez de quoi je parle…

En même temps,avec une mère qui avait pour nom de famille Parkinson, faut pas s’étonner qu’il se soit tourné vers cette caméra pour rehausser l’aspect bigger than life de certaines scènes. Mais elles s’intègrent bien au scénario qui, en plus d’être un road movie initiatique sur la sexualité de Sherlock Holmes, et un buddy movie détonnant qui aligne les bons mots et les réparties cinglantes et délirantes. Le flegme britannique est le mètre étalon qui a servi à ponctuer aussi bien les répliques que les boutades et les mimiques que se lancent à foison le British versus l’Ecossais. La majeure partie du public attend à présent la fameuse scène de sexe entre Watson et Holmes qui aura lieu dans le troisième opus. Reste à savoir qui des deux fera la femme. Moi, j’ai déjà ma petite idée…

8/10

– « Moi j’aimerais bien qu’ils changent de rôle au cours de l’ébat. Ca serait cool et du jamais vu dans un blockbuster ! » – « Vous êtes complètement malade, mon jeune ami. C’est le chien qui fera la femme, bien évidemment. »
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L’amour dure trois ans – Frederic Beigbeder

C'est incontestablement son meilleur film puisque ça sera le seul...du moins j'espère

  • Amour = Amitié + Sexe.
  • 5 minutes < Sexe < 3 heures.
  • 6 mois < Amitié < 80 ans
  • Donc 5 minutes < Amour < 80 ans
  • 5 minutes = Coup de foudre et 80 ans = Nos arrières grands-parents
  • Amour = de 7 à 77 ans
  • Sexe = 5 * 180 = 900
  • Amitié = 80 * 0,5 = 40
  • Le nombre récurrent de l’amour est 7.
  • Donc si je divise le Sexe par l’Amitié et que je divise l’Amour par son nombre récurrent, cela me donne 3,2142857142857142857142857142…………….

- "Je vois exactement où il veut en venir !" - "Et ben, t'es bien le seul..."

Si l’on arrondit à l’inférieur, on n’arrive bien à 3 ans. Mais si l’on n’arrondit pas, on se rend compte que l’amour est infini. Alors que choisir ? Beigbeder ne répond pas à la question une seule seconde. Il se contente d’essayer de copier Kounen pour refaire un 99 francs bis à la sauce romantico-bobo-parisianiste (le correcteur d’orthographe me dit pagano christianniste). Mais sans style, ça ne sert absolument à rien et l’effort de l’adaptation se voit flouer par une tentative maladroite de regagner les lecteurs et le public de son best-seller précédemment sorti en salles. Ce qui aurait pu être une comédie satirique et incisive sur le mariage, l’amour et la consommation de couple n’est en fait qu’un patchwork de citations plus ou moins intéressantes sur ce sentiment inexplicable. De Charles Baudelaire à Marc Lévy, on a droit à tout un tas de copier/coller au fur et à mesure que le film perd de son originalité et l’adaptation perd de sa saveur.

Ca aide d'avoir le nom d'un écrivain célèbre. Encore faudrait-il avoir du talent !

Le pire dans tout ça, c’est de donner carte blanche à un acteur qui ne sait pas jouer ! On a l’impression qu’il récite par cœur ses répliques sur un ton froid et faussement mordant. Même un acteur de théâtre burlesque jouerait plus vrai que lui. Et en plus d’être con, il est moche ce qui n’aide pas à apprécier le personnage qui parle d’amour alors qu’il ne s’aime pas lui même. Ce film est tellement raté que je vais devoir écrire une phrase que je n’aurais jamais pensé devoir écrire jusqu’alors. Comment l’amener ? Euh…voyons voir…on va pas y aller par quatre chemins: Louise Bourgoin sauve le film. Ah putain c’était dur ! Mais pas autant que ma joie de la voir nue sur une dizaine de plans, de me rendre compte qu’elle est vraiment resplendissante de candeur et de joie de vivre et qu’elle respire le sex-appeal par tous les pores de sa peau.

C'est sûr que c'est moins excitant que dans L'autre monde mais vous verrez par vous même.

Beigbeder a fait là un beau plantage sauvé par toutes les critiques parisiennes (Le Parisien et Le Figaro ne sont qu’éloges et jeter de pétales) mais qui sera descendu à coup sûr par tous les fans du monsieur qui, depuis quelques années, se complait dans de la critique romancée et se pose en proseur maudit et nombriliste. J’ai tout de même honte pour l’utilisation de mon maître à penser, Henry Charles Bukowski, qui sert d’introduction au film. On n’aurait pas pu faire meilleur choix de citation !

4/10

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Mr Socrates (2005)

Ca fait un peu propagande ToyBoy mais ça s’avère trompeur.

Sympa car le film allie avec brio l’humour asiatique et maîtrise les règles du polar urbain, mais aussi car arrivé à moitié du film, on assiste à un buddy movie plutôt bien mené. Bancal car on arrive pas à prendre au sérieux les acteurs tant les changements de comportements de leurs personnages sont inexplicables. Mais passé ce gros détail, on prend le film comme il vient, à savoir une comédie policière bien rythmée et intéressante, même si ça ne vole pas bien loin et qu’on a vu mieux au pays du Matin Calme.

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