Archives Mensuelles: mai 2013

L’armée des morts – Zack Snyder (2004)

L'armée des morts

Quand tu t’attaques à un remake d’un film de la tétralogie de Romero, tu as plutôt intérêt à avoir de solides cojones. Car pire qu’une armée des morts, c’est une horde de fans qui te tombe sur le râble, toujours insatisfait de tel ou tel éléments, comparant sans cesse les deux œuvres entre elles. Mais peut-on vraiment comparer un remake qui, même s’il s’inspire d’un film de 1978, n’en garde que les fondations pour reconstruire le tout dans une époque plus contemporaine ? Si le centre commercial, arène des hostilités et bunker des survivants, a été conservé, Snyder a préféré faire table rase du passé, jusqu’à éradiquer la satire sociale prégnante aux films de Romero. Ce sous-texte en moins, il a pu s’attarder sur la psychologie de ses personnages qui sont tous différents et tous développés de manière plus ou moins égale.

L'armée des morts intro

En terme d’immersion, l’introduction de L’armée des morts est un modèle du genre. Tablant sur l’arrivée de l’épidémie en une nuit, le réveil s’avère brutal et les mouvements de caméra accompagnent la détresse et la panique de chaque habitant du quartier résidentiel. L’arrivée du générique constitue une bouffée d’air frais dans cette atmosphère polluée par un virus inconnu (dont on ne connaître jamais la cause, comme dans la plupart des films de zombies). Snyder tient en haleine son public et, par l’intermédiaire de cette démonstration technique (action, mise en scène, destins des personnages), va les rallier à sa cause, remodelant les principes du genre (comme la course des zombies, plus proche de 28 jours plus tard que de Zombie).

L'armée des morts attaque

Si la survie est au cœur du film (chacun est un zombie potentiel), les personnages parviennent à s’émanciper malgré le fait que deux ou trois survivants tiennent toujours la dragée haute aux autres et gardent le lead, qu’il soit charismatique ou physique (la scène du parking est énorme pour ça). Cependant, même les femmes, qui sont pourtant assimilés à de la chair à canon dans la majorité des productions horrifiques, savent se démerder et être utile au groupe, tout en remontrant aux hommes qu’elles peuvent être aussi violentes et fortes psychologiquement qu’eux. Il est donc difficile de parier sur qui va s’en sortir et qui va y rester tant l’ensemble des personnages est hétérogène et que chacun a un atout à jouer dans la survie du groupe.

L'armée des morts bus

Si les personnages ne sont pas caricaturaux, la principale critique à leur faire serait qu’ils ne réagissent pas de manière réaliste aux traumas qu’il vivent (l’infirmière perdant son mari et sa fille, le flic perdant son seul ami, le black perdant sa femme). On en est à se demander si Snyder aurait du mettre autant l’accent sur l’action, oubliant parfois ses personnages au détriment des scènes gores réussies et de pertes douloureuses. Mais le groupe fonctionne si bien qu’il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit tant il est rare de voir des personnages aussi soudés lutter contre une seule et même cause. Pas (ou peu) de tires-aux flancs, la plupart sont badass et le film n’est pas avare en headshots. Un remake réussi qui parvient même à faire de m’ombre à son aîné en prenant une tournure différentes. Celui du pur divertissement !

7/10

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Phénomènes – M. Night Shyamalan (2008)

Phénomènes

Je ne vais pas m’attarder longuement sur ce truc qui ressemble lus à un téléfilm qu’autre chose. On dirait un feuilleton tiré d’une nouvelle de Stephen King comme on en voit 15 par an sur M6. En plus d’être super mal joué, le scénario est vraiment limite dans le foutage de gueule. Shyamalan filme du vent (au propre comme au figuré) et veut nous faire croire que l’air est un élément dévastateur. Paye ton sous-texte écologique tout pourri, servant juste à étaler des morts plus ou moins crades à l’écran (la tondeuse et le tigre, c’est hardcore) et des cadrages estampillé Planète. D’une connerie abyssale, muni d’une fin hilarante alors qu’elle se voulait pessimiste, Phénomènes prouve que même quand Shyamalan touche le fond, il creuse encore.

1/10

 

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Epic – Chris Wedge (2013)

Epic

Reprendre l’idée de base d’Arthur et les Minimoys (je me demande encore comment Besson a fait pour foirer l’adaptation de son propre roman !) et l’adapter aux thèmes d’Avatar, c’est pas une si mauvaise idée en soi tant cet Epic est plutôt réussi. Même s’il n’atteint jamais la maturité d’un Disney (ce qui devient rare) ou d’un Pixar, il s’en sort haut la main en proposant une histoire ultra manichéenne mais très drôle et superbement animée. Bien qu’il s’adresse en priorité à un public jeune et qu’il recèle de tous les codes habituels du dessin animé, si bien que la narration aussi fluide soit-elle se sait par avance, ça reste très généreux en action et en humour (je me suis surpris à rire franchement une ou deux fois).

Epic limace

Les doubleurs sont géniaux (on dirait que le méchant, c’est un mélange entre John Travolta et Nicolas Cage), c’est fluide et ça passe très vite. Mais il y a un réel manque de prises de risque et ça se contente de surfer sur des clichés du genre déjà vus et revus, même par les plus petits. Si bien que l’histoire se suit sans vraiment d’enjeux et que les personnages, aussi bien animés qu’ils soient, ne dépassent jamais leur statut de dessins sur pellicule et n’ont jamais d’âme propre. A voir sans se prendre la tête.

6,5/10

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Trance – Danny Boyle (2013)

Trance

Après avoir abîmé la moquette des tapis rouges les plus prestigieux, Danny Boyle revient à ses premiers amours avec ce thriller underground aux expérimentations visuelles intéressantes et au côté violent assumé. Trance n’est ni plus ni moins qu’un retour aux sources pour un réalisateur ayant évité de peu la prise de melon. S’entichant de la sublime Rosario Dawson, a qui il offre un rôle sur mesure, le cinéaste continue de chambouler ses propres règles et ne se prend jamais au sérieux. Véritable grand-huit visuel et auditif, Trance est un pavé dans la mare du genre, ramenant le film noir vers l’inconnu et l’indiscernable.

305-TRANCE-PS.tif

Si le scénario est assez léger, c’est dans la mise en scène qu’il faudrait aller rechercher l’originalité du projet. Virevoltant sans cesse avec sa caméra, Boyle cherche à capter l’émotion de ses acteurs sous toutes les coutures, n’ayant pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de révéler la plastique superbe de la belle Rosario. Full frontal mâtiné de violence qui frôlerait presque la comparaison avec le Killer Joe de Friedkin dont il partage quelques similitudes. En plus de traiter de personnages marginaux, il sort des sentiers battus pour rendre son triangle de protagonistes le plus pervers possible. Et le côté théâtral de la chose ressort d’autant plus que le film se prête très peu aux extérieurs. Une sorte de tragédie sous acide où la raison n’a pas vraiment sa place.

Trance final

Éclaboussant les critiques d’un politiquement incorrect que les fans du cinéaste n’espéraient plus, Danny Boyle se réveille et livre avec Trance une belle leçon de cinéma doublé d’un regard sur sa propre filmographie, dont il retourne piocher des éléments perturbants (le cadavre du coffre fait énormément penser à celui du bébé dans Trainspotting). Espérons qu’il reste sur ces rails qui sont beaucoup plaisants que ceux qu’ils avaient empruntés, en quête d’une gloire éphémère.

7,5/10

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Fast & Furious 6 – Justin Lin (2013)

Fast & Furious 6

Au vu de la tournure que prenait la saga lors de la sortie de Fast & Furious 5, on pouvait augurer du bon pour que la suite de la franchise soit pérenne et donne lieu à des blockbusters d’action parfaitement calibrés. Mais au vu de la bande annonce de Fast & Furious 6, on pouvait regretter une surenchère dans l’action qui pouvait nuire au tissu familial et dramatique qui se nouait autour des personnages phares de la saga (O’Conner et Torreto, via leurs relations fraternelles et amoureuses). Même si certains passages laissent à désirer en terme de crédibilité (les vols planés ou le côté bigger & louder trop prononcé de la scène finale), FF6 est un muscle car du genre, un panard fantastique dans le cinéma d’action actuel et un doigt d’honneur au côté beauf qui définissait de plus en plus la saga (le côté tuning et ce qui en découle) avant le lifting opéré par Justin Lin.

Fast & Furious 6 run

Avec un souci de continuité dans sa saga, Justin Lin opère des ramifications intéressantes entre ses différents protagonistes, quitte à en faire revivre un pour le bien fondé de son scénario. Et si le côté « petit malin » de la chose est loin d’être invisible, on est bien loin d’Anderson et de ses héros de Resident Evil qui sont censés être morts et revivent comme par magie (tiens, Michelle Rodriguez encore !). Ici, la pirouette scénaristique a du sens et est même plutôt maligne, passant en douceur et s’oubliant très rapidement pour laisser place aux enjeux dramatiques aux envergures prodigieuses. Car le côté familial est de plus en plus poussé, jusqu’à transformer le gang de runners en une véritable famille mafieuse, luttant pour leur pérennité (Torreto) et leur descendance (O’Conner). Et ce sont ces liens du sang, de plus en plus profond, qui se tissent et poussent les personnages à se sacrifier, à aller de l’avant, droit vers le danger et une mort certaine.

Fast & Furious 6 cascade

Face à eux, le gang de Shaw est le côté sombre du gang Torreto, le revers de la médaille. Alors que l’amour filial et la loyauté sont leurs mots d’ordre, ceux de Shaw, incarné par un Luke Ewans ultra charismatique, sont précision et sang froid. La lutte est donc impitoyable entre ces deux modèles de clan, ramenant Fast & Furious à l’échelle d’une fresque familiale luttant contre une autre, le tout catapulté dans la catégorie blockbuster par des scènes d’action d’une maîtrise absolue, toujours lisibles et jouissives. Lin ne se moque pas de son public et offre des scènes anthologiques aux climax incroyables. On ne sait jamais où et quand ça va s’arrêter, qui va s’en sortir et qui va y rester. De l’adrénaline brute coule dans les veines du spectateur qui ouvre grand les mirettes devant cet étalage de puissance de feu (les cascades en dur, les destructions monumentales, les dommages collatéraux,…).

Fast & Furious 6 team

Hormis l’humour qui peut paraître parfois lourdingue à certains moments, l’action est brute de décoffrage, notamment grâce à la présence d’une montagne de muscles du nom de Dwayne Johnson. Lui et Vin Diesel compose le duo le plus badass de la saga, alignant les punchlines et les punchs comme autant d’arguments chocs, s’imposant comme des leaders incontestables de la virilité qui se dégage du film. Il faut voir ce mélange de crainte et de respect qu’ils s’accordent mutuellement, exploser dans des scènes géniale comme la confrontation Torreto/Shaw après un run nocturne ou l’aide inespérée de The Rock lors du combat Diesel/Kold lorsque la caméra se décale sur l’expéditeur du coup de poing l’assommant presque, faisant se tenir côte à côte deux nouvelles faces d’une seule et même pièce. Des mises en abîme continues entre les personnages, entre les clans, entre la notion de justice policière et personnelle, entre celle du bien et du mal.

Fast & Furious 6 combat

Et que dire de la scène post générique qui voit l’intérêt que l’on peut désormais porter à la saga exploser avec la présence de Jason Statham, s’iconisant en deux répliques en bad guy encore plus vicieux dans le prochain opus. Ça faisait de longues années qu’un blockbuster d’action ne m’avait pas autant foutu la trique. Fast & Furious, c’est un peu le Expendables du film de bagnoles.

8,5/10

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