Archives Mensuelles: septembre 2013

Bellflower – Evan Glodell (2011)

Bellflower

Il ne suffit pas d’être tapageur ou provocateur pour s’élever au panthéon des œuvres underground culte. Il faut aussi que le sujet traité est un minimum de cohérence, que la patte artistique soit au service du scénario et que le projet ne soit pas une finalité en soi. Doté d’une esthétique assez repoussante pour certains, Bellflower surprend son monde en allant chercher du côté le plus crade et inutilisable du spectre des couleurs, rendant sa pellicule dégoulinante, sale et donc underground. Mais tout n’est pas dans l’apparence, surtout lorsqu’on cherche à mettre en scène des personnages à l’avenir incertain, sans morale et au nihilisme incroyablement porté aux nues.

Bellflower couple

Si le film ne fonctionne pas, c’est par ce trop plein de bonne volonté qui rendent l’expérience trop auteurisante, trop froide. Evan Glodell semble vouloir mettre en image tout ce qu’il aime dans le cinéma, utilisant des procédés qui n’ont pas toujours leur place et qui empêchent toute, si toutefois il y en a une. Car l’idée de romance dépeinte à travers les yeux de ce fan hardcore de Mad Max nécessiterait des heures de psychiatrie. Vulgaires adulescents en quête de sensations fortes, leur passage à l’âge adulte doit être à marquer d’une pierre blanche, aussi restent-ils perpétuellement abreuvés d’alcool, en quête du déclic qui va les faire vriller.

Bellflower voiture

Et tous ces flash-back et flash-forwards incompréhensibles, cherchant à donner un aspect faussement intello au film, ne font que souligner la limite d’un tel exercice de style. Bellflower aurait du se contenter d’être un court métrage et aurait ainsi gagner en intensité et en sincérité.

5,5/10

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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee (1960)

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Récit initiatique à ranger aux côtés des Aventures d’Huckleberry Finn, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est ce type de roman qui nous marque profondément et dont on comprend à l’issue de sa lecture la trace profonde qu’il a laissé dans les esprits et la littérature américaine. Sans jamais perdre de vue son sujet; qui est la perte de l’innocence et non pas la lutte contre le racisme comme on pourrait le croire; le livre d’Harper Lee parvient à relever plusieurs défis de taille: dresser le portrait d’une Amérique puritaine et ségrégationniste sans jamais prendre parti, émouvoir en écrivant une histoire intemporelle et intergénérationnelle et obtenir le prix Pulitzer, reconnaissance ultime du génie créatif.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur manif

 

Unique roman d’Harper Lee, elle a préféré garder ses écrits suivants plutôt que de les publier, sachant pertinemment qu’elle ne parviendrait pas à rendre une copie supérieure à son coup d’éclat. Car ce qui fait la force du roman, c’est cet équilibre constant entre autobiographie (l’image du père, le quartier,…) et fiction (l’intrigue principale). Elle y met toute son énergie et toute son âme pour rendre vivant la moindre scène, cherchant constamment à immortaliser chaque personnage par une réplique ou une mimique qui lui est propre. Si le rythme en dents de scie peut gêner, il prend tout son sens lors de la fameuse scène du procès, pierre angulaire de l’histoire autour de laquelle vont graviter tous les protagonistes longuement dépeints.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur maison

L’entrée dans le monde adulte pour la jeune Scout (une dizaine d’années au bas mot) se fait de manière brutale et sans filtre. Son père, le charismatique Atticus, préfère répondre en toute franchises aux questions curieuses de sa fille plutôt que de lui masquer la vérité. Cette façon de faire empêche son fils et sa fille de vivre une enfance comme les autres mais leur permet d’être beaucoup plus matures que leurs camarades, ce qui rend l’identification plus facile pour le lecteur. Même si certaines peurs ridicules, certains tracas du quotidien peuvent prendre une ampleur démesurée vu à leur hauteur, ça n’en reste pas moins un procédé d’écriture intelligent qui fait toute la saveur du roman et qui le fait entrer au panthéon des romans didactiques sur l’enfance.

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La parfaite lumière – Eiji Yoshikawa (1935)

La parfaite lumière

Beaucoup plus centré sur la géopolitique et les intérêts sociaux et économiques du Japon que son prédécesseur, La parfaite lumière déçoit par sa trop grande multiplicité de personnages, de destins croisés et des situations presque abracadabrantes qui rendent le récit beaucoup trop théâtral. Alors que La pierre et le sabre allait à l’économie de descriptions en privilégiant l’action et les paroles sages de Musashi et de Takuan, La parfaite lumière accumule tous les défauts inexistants auparavant et flirte trop souvent avec le pamphlet sociétal pour être trop honnête dans sa volonté de conter la vie et l’oeuvre du grand samouraï qu’a été Miyamoto Musashi.

La parfaite lumière art

Cependant, certaines scènes puissantes subsistent dans ce flot ininterrompu de questionnements. Notamment celles mettant en valeur Kojiro et Musashi. Mais les croisements incessants des personnages qui, comme par enchantement se retrouvent tous au même endroit à la fin, peut devenir lassant. Certes, le final est à couper le souffle mais beaucoup trop court, ne nous récompensant pas suffisamment des 1500 pages de la saga dévorés pour y parvenir. Bien moins bon que le premier tome, la saga Musashi se révèle être tout de même à la hauteur de mes espérances en terme de fresque historique japonaise.

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DeepStar Six – Sean S. Cunningham (1989)

DeepStar Six

Sorti la même année qu’Abyss mais surtout Leviathan de Cosmatos (dont il partage sensiblement le même pitch), DeepStar Six, injustement traduit M.A.L: Mutant Aquatique en Liberté en France, est un survival sous-marin comme on en compte des dizaines mais qui sort du lot par quelques idées bien gorasses. Derrière la caméra, le papa du Jason de Crystal Lake soumet son équipe de scientifiques militaires à rude épreuve. Si le scénario est cousu de fil blanc, on lui pardonne par sa capacité à amener de la tension dans un endroit confiné où l’extérieur est aussi mortel que l’intérieur (on pense d’ailleurs pas mal à The Thing et Alien).

DeepStar Six mort

Côté surprise, ce sont les gueules de second couteaux qu’on a déjà croisés dans plein de films du genre qui font plaisir à voir. Même s’ils donnent vie à des caricatures du film de genre (le capitaine black badass, les jeunes tourtereaux, la scientifique ravagée, le psychopathe), ils s’investissent dans leur rôle et ça fait du bien d’en voir certains appartenir au bodycount du film. Pas de quoi se réveiller la nuit mais un bon moment à passer, aussi jouissif que Tremors.

6/10

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Mulberry Street – Jim Mickle (2006)

Mulberry Street

Mais qu’est-ce que c’est que cette purge ? Sous ses airs de film social s’imprégnant du quotidien d’habitants de l’un des quartiers les plus pauvres de New York, Mulberry Street est une vaste arnaque qui ne laisse apparaître son côté horrifique qu’après 45 minutes de bobine. Autant dire un calvaire tant la dimension humaine du script est d’une nullité affligeante, flirtant même sur des traumatismes post-11 Septembre pour le rendre plus dramatique, alors qu’on ne parvient à s’attacher à personne. Ecrire plus de lignes sur ce film serait une perte de temps. Je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin…

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