Archives de Catégorie: Fantastique

Audrey Rose – Robert Wise (1977)

Audrey Rose

Audrey Rose est loin d’être le meilleur film de Robert Wise. Connu surtout pour ses comédies musicales à succès (West Side Story, La mélodie du bonheur) ou ses films de genre (Le jour où la terre s’arrêta, La maison du diable), il est un cinéaste à la filmographie très diversifiée, qui s’investit dans ses films même mineurs. Celui-ci surprend par son ton car s’il débute comme un thriller et prend doucement le virage du fantastique, c’est pour mieux aborder le drame familial par la suite. Autant de genres entremêlés qui font de ce film une petite curiosité, deux ans avant la sortie du célèbre Star Trek. Une curiosité car si Wise choisit le thème de la possession, il ne s’accorde pas avec la mouvance de l’époque pour la traiter. Choisissant la réincarnation comme cheval de bataille, il confère à son film une aura plus spirituelle que religieuse.

Audrey Rose hypnose

Si la ressemblance physique de l’actrice avec celle de L’exorciste est frappante, les similitudes s’arrêtent là. Le film se concentre davantage sur les parents que la petite fille et leur capacité à appréhender le surnaturel. Le père, rationaliste, prendra ses distances avec toute théorie inexplicable scientifiquement alors que la mère se repose sur ce qu’elle voit, explicable ou non. Leurs deux points de vue divergents sera donc le point de départ d’un clivage dans leur couple et de très nettes tensions à chaque « cauchemar » de leur fille. Anthony Hopkins, en élément perturbateur, s’avère assez flippant et fait preuve d’une sacrée présence dans un rôle au temps de présence pourtant très restreint. Pas de quoi se réveiller en sueur la nuit mais une vision originale de la possession.

6,5/10

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Zu, les guerriers de la montagne magique – Tsui Hark (1983)

Zu

Par la genèse de sa production et son importance dans le cinéma chinois, Zu a connu une belle réputation à travers le monde. Premier film hong-kongais à utiliser des effets spéciaux en « dur » à l’écran, il se heurte à la hauteur de l’ambition de Tsui Hark qui, tel un enfant à qui l’on aurait accordé les pleins pouvoirs, se fait plaisir en nous faisant fondre les yeux par des procédés visuels d’une horreur inqualifiable. Mais attaquer Zu sur la qualité de ses effets spéciaux serait trop facile. Et malgré sa réputation, il ne manque pas de défauts tous plus grands les uns que les autres.

 Zu final

Commençons par le côté enfantin de l’entreprise qui, s’il sied bien au côté manga du film (on pense notamment à Dragon Ball) n’arrive jamais à lui faire adopter un traitement adulte qui aurait pu, avec le côté cynique des guerres de la Chine orientale (les armées de toutes les couleurs), être intéressant de développer. Cherchant vainement à faire vivre une galerie immense de personnage sur 1h30 de temps, l’identification ou l’empathie avec les personnages ne se fait jamais (la même chose arrivera à Time and Tide bien plus tard) et on les regarde déambuler dans des aventures aussi abracadabrantes que ridicules. Ajoutez à cela une romance d’une niaiserie absolue et un montage épileptique des scènes d’actions et vous obtenez un cocktail chaotique, cherchant absolument à nous montrer l’étendue du budget dans des effets jamais maîtrisés, au grand détriment de l’histoire.

 Zu boss

Le folklore chinois est davantage présent dans Zu que dans Green Snake (ce qui me refait estimer ce dernier à la hausse) et le final est catastrophique. Alliant fonds colorés, jeux de lumières, personnages flottants, fusions des personnages (Dragon Ball Z je vous dis !), répliques sans queue ni tête, on assiste là à une éjaculation d’effets physiques et sonores qui finissent d’enterrer Zu et de peaufiner son aspect kitsch (le final est très disco) au grand dam de son réalisateur qui, malgré la folie ambiante du projet et les quelques idées de mise en scène, n’arrivera jamais à faire renaître son bébé quelques années plus tard avec un remake pire que l’original à en croire les critiques. Je pense qu’à l’avenir, je vais faire l’impasse sur les films que je suis sûr de ne pas aimer pour garder vivace le souvenir de The Blade.

2/10

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Green Snake – Tsui Hark (1993)

Green Snake

Adapter une légende chinoise séculaire sous forme de comédie fantastique, c’est bien. Mais pondre un film qui était déjà daté le jour de sa sortie, c’est mal. Lorsque le kitsch est utilisé à bon escient, il ne me pose aucun problèmes (il suffit de voir les De Palma pour s’en rendre compte). Derrière le côté opéra de Green Snake avec ces décors qui évoluent sans cesse comme sur une scène, on retrouve quelque chose de terriblement hermétique. J’avais l’impression de voir un nô tellement Tsui Hark livre un film dépouillé de toutes pistes artistiques pour les Européens que nous sommes. Je ne vais pas lui faire le procès de ne pas être un réalisateur nationaliste mais il est difficile d’entrer dans la psyché de ses personnages.

Green Snake moines

Cependant, c’est également ce côté spectacle du pauvre qui fait tout le charme du film. Hark fait preuve d’ingéniosité pour rendre son budget le plus conséquent possible par une économie de moyens qui font sourire, voire tout simplement rire. Les ballets aériens des acteurs sont rares mais suffisants pour me faire comprendre que j’ai vraiment du mal avec cette technique de mise en scène. Heureusement que les musiques sublimes sont là pour apporter de la force au film qui, ajouté à la beauté de ces deux interprètes féminins, parvient avec peine à se hisser dans mon estime.

Green Snake bain

Conte pour enfants constamment coincé entre drame et comédie, on aurait aimé pouvoir s’attacher davantage au moine en quête de perfection spirituelle ou au destin funeste du professeur, charmé par des serpents à forme humaine. Piochant dans divers mythologies pour finalement les survoler et rendre un final aux effets spéciaux atrocement ridicules, le mélange entre l’univers Bollywood (l’actrice dansant avec la danseuse au début, c’est juste terriblement excitant) et les histoires de fantômes chinois ne prend pas chez moi, même si je constate que le travail de titan fourni par Hark est incontestable.

5/10

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Phénomènes – M. Night Shyamalan (2008)

Phénomènes

Je ne vais pas m’attarder longuement sur ce truc qui ressemble lus à un téléfilm qu’autre chose. On dirait un feuilleton tiré d’une nouvelle de Stephen King comme on en voit 15 par an sur M6. En plus d’être super mal joué, le scénario est vraiment limite dans le foutage de gueule. Shyamalan filme du vent (au propre comme au figuré) et veut nous faire croire que l’air est un élément dévastateur. Paye ton sous-texte écologique tout pourri, servant juste à étaler des morts plus ou moins crades à l’écran (la tondeuse et le tigre, c’est hardcore) et des cadrages estampillé Planète. D’une connerie abyssale, muni d’une fin hilarante alors qu’elle se voulait pessimiste, Phénomènes prouve que même quand Shyamalan touche le fond, il creuse encore.

1/10

 

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Abandonnée – Nacho Cerdà (2006)

Le Richard Stanley de l'horreur ?

Le Richard Stanley de l’horreur ?

Nacho Cerdà, c’est un immense talent qui n’a jamais eu la chance de véritablement s’exprimer. Avec sa Trilogie de la mort, une compilation de 3 courts métrages fantastiques aux idées particulièrement brillantes et dérangeantes (je suis encore traumatisé par des images d’Aftermath qui me reviennent à l’esprit), il apparaissait déjà comme un artiste malsain, où la majesté de la mise en scène (revoir Genesis pour s’en rendre compte) devait être proportionnelle à l’horreur des scènes qui mettaient à mal le spectateur. C’est quelques années après ma découverte de ses courts métrages que je me lance enfin dans le visionnage d’Abandonnée. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que je voulais avoir envie de le voir plutôt que de me forcer à le regarder parce que c’est un film signé Cerda. Seul et unique film de l’artiste visible chez nous (on parle d’un Yo soy legion dont il serait l’instigateur), il est aussi flippant que je le pensais.

Ils sont aussi doux que des agneaux...

Ils sont aussi doux que des agneaux…

Même s’il s’appuie sur un genre depuis bien longtemps vidé de sa substance (la maison hantée et ses dérivés), Abandonnée parvient à nous tenir en haleine par une utilisation de l’atmosphère assez impressionnante. Chaque bruit et chaque son fait l’objet d’un examen minutieux pour retranscrire à la perfection l’angoisse des protagonistes. Et si la fin, pessimiste au possible, est un peu trop brouillonne, on ne pourra pas lui reprocher d’être avare lorsqu’il s’agit de nous foutre la trouille. Utilisant le septième art à la manière d’un magicien, Cerda s’amuse de son public en utilisant des procédés terriblement efficace (la lumière du faisceau de la lampe torche qui révèle la vraie nature des choses, la reconstruction de la maison) et encore jamais vus. Si le script souffre de ne pas être plus ouvert à la réflexion, la mise en scène fait oublier tout désagrément pour nous plonger au cœur même de ce qui fait le sel de l’horreur: l’absence totale de repères qui nous font vivre chaque minute comme la dernière.

7/10

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