Archives de Tag: suite

Riddick – David Twohy (2013)

Riddick

A l’instar de son titre, la suite des aventures du guerrier nyctalope tend vers le minimalisme. Tout en reprenant les codes du premier film qui avait fait la renommée du personnage, David Twohy cherche à faire table rase de son second opus surchargé et à combler le fossé qui le sépare du public en livrant un film dépouillé de tout gras. Riddick est donc un huis-clos musclé ce qui est assez antithétique avec le film en lui même car la prison est une planète entière et les grandes décisions se feront à coups de punchlines bien senties plutôt qu’à la force des armes. Tout dans le film sent l’hommage, fleure bon la dévotion à son anti-héros par excellence. Il l’iconise sans cesse au détour de scènes plus ou moins violentes (la menace de Riddick mise à exécution est jouissive), il en fait à la proie et le chasseur et Vin Diesel n’a pas d’autre choix que de porter e film sur ses épaules baraquées. Mais le personnage lui colle tellement à la peau qu’on a l’impression qu’il n’a même pas besoin de faire l’effort de la jouer. Ce qui le rend d’autant plus terrifiant aux yeux des mercenaires et aux nôtres, qui avons l’impression de ne l’avoir jamais quitté. Les retrouvailles sont terriblement excitantes et la promesse d’avoir su redonner un second souffle à la saga est tenue. Merci David.

8/10

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Monstres Academy – Dan Scanlon (2013)

Monstres Academy

Préquelle de l’éblouissant Monstres et Cie, le film digère plutôt bien l’univers pour le diluer dans une époque antérieure où les bancs de l’école remplacent les vestiaires de l’entreprise. Sans être inoubliable, Monstres Academy parvient à renouer rapidement avec les deux protagonistes qui, s’ils sont moins charismatiques que dans l’autre film (surtout Sullivan), vont gagner en profondeur grâce à quelques scènes clés qui montrent que derrière cette couche infantilisante signée Disney se cache encore et toujours le grand Pixar, roi de la maturité dans l’animation. Et cette profondeur se ressent dans la séquence du monde des humains où sont distillés tous les codes du film de monstres dans un climax nocturne génial. Dommage que tout le film ne soit pas de ce niveau mais il fallait bien passer par là pour que l’attachement soit maximal et que la scène fonctionne. Divertissant.

6,5/10

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Fast & Furious 6 – Justin Lin (2013)

Fast & Furious 6

Au vu de la tournure que prenait la saga lors de la sortie de Fast & Furious 5, on pouvait augurer du bon pour que la suite de la franchise soit pérenne et donne lieu à des blockbusters d’action parfaitement calibrés. Mais au vu de la bande annonce de Fast & Furious 6, on pouvait regretter une surenchère dans l’action qui pouvait nuire au tissu familial et dramatique qui se nouait autour des personnages phares de la saga (O’Conner et Torreto, via leurs relations fraternelles et amoureuses). Même si certains passages laissent à désirer en terme de crédibilité (les vols planés ou le côté bigger & louder trop prononcé de la scène finale), FF6 est un muscle car du genre, un panard fantastique dans le cinéma d’action actuel et un doigt d’honneur au côté beauf qui définissait de plus en plus la saga (le côté tuning et ce qui en découle) avant le lifting opéré par Justin Lin.

Fast & Furious 6 run

Avec un souci de continuité dans sa saga, Justin Lin opère des ramifications intéressantes entre ses différents protagonistes, quitte à en faire revivre un pour le bien fondé de son scénario. Et si le côté « petit malin » de la chose est loin d’être invisible, on est bien loin d’Anderson et de ses héros de Resident Evil qui sont censés être morts et revivent comme par magie (tiens, Michelle Rodriguez encore !). Ici, la pirouette scénaristique a du sens et est même plutôt maligne, passant en douceur et s’oubliant très rapidement pour laisser place aux enjeux dramatiques aux envergures prodigieuses. Car le côté familial est de plus en plus poussé, jusqu’à transformer le gang de runners en une véritable famille mafieuse, luttant pour leur pérennité (Torreto) et leur descendance (O’Conner). Et ce sont ces liens du sang, de plus en plus profond, qui se tissent et poussent les personnages à se sacrifier, à aller de l’avant, droit vers le danger et une mort certaine.

Fast & Furious 6 cascade

Face à eux, le gang de Shaw est le côté sombre du gang Torreto, le revers de la médaille. Alors que l’amour filial et la loyauté sont leurs mots d’ordre, ceux de Shaw, incarné par un Luke Ewans ultra charismatique, sont précision et sang froid. La lutte est donc impitoyable entre ces deux modèles de clan, ramenant Fast & Furious à l’échelle d’une fresque familiale luttant contre une autre, le tout catapulté dans la catégorie blockbuster par des scènes d’action d’une maîtrise absolue, toujours lisibles et jouissives. Lin ne se moque pas de son public et offre des scènes anthologiques aux climax incroyables. On ne sait jamais où et quand ça va s’arrêter, qui va s’en sortir et qui va y rester. De l’adrénaline brute coule dans les veines du spectateur qui ouvre grand les mirettes devant cet étalage de puissance de feu (les cascades en dur, les destructions monumentales, les dommages collatéraux,…).

Fast & Furious 6 team

Hormis l’humour qui peut paraître parfois lourdingue à certains moments, l’action est brute de décoffrage, notamment grâce à la présence d’une montagne de muscles du nom de Dwayne Johnson. Lui et Vin Diesel compose le duo le plus badass de la saga, alignant les punchlines et les punchs comme autant d’arguments chocs, s’imposant comme des leaders incontestables de la virilité qui se dégage du film. Il faut voir ce mélange de crainte et de respect qu’ils s’accordent mutuellement, exploser dans des scènes géniale comme la confrontation Torreto/Shaw après un run nocturne ou l’aide inespérée de The Rock lors du combat Diesel/Kold lorsque la caméra se décale sur l’expéditeur du coup de poing l’assommant presque, faisant se tenir côte à côte deux nouvelles faces d’une seule et même pièce. Des mises en abîme continues entre les personnages, entre les clans, entre la notion de justice policière et personnelle, entre celle du bien et du mal.

Fast & Furious 6 combat

Et que dire de la scène post générique qui voit l’intérêt que l’on peut désormais porter à la saga exploser avec la présence de Jason Statham, s’iconisant en deux répliques en bad guy encore plus vicieux dans le prochain opus. Ça faisait de longues années qu’un blockbuster d’action ne m’avait pas autant foutu la trique. Fast & Furious, c’est un peu le Expendables du film de bagnoles.

8,5/10

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Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal – Steven Spielberg (2008)

Il n'est pas toujours utile de ressusciter certaines légendes...

Il n’est pas toujours utile de ressusciter certaines légendes…

Vingt ans séparent La dernière Croisade du Royaume de Crâne de cristal. Vingt longues années où le duo Spielberg/Lucas a tenté par tous les moyens de réanimer l’aura de leur aventurier. Mais faute de planning, le temps s’est écoulé, ruinant peu à peu les espoirs des deux créateurs en s’apercevant que l’âge empêcherait Harrison Ford de reprendre du service. C’est au bout d’un long marathon de réécritures de scénarios qu’ils sont parvenus à accorder leurs violons (et leurs emploi du temps) afin de réactiver la machine à pognons. Car s’il est bien une suite inutile dans l’histoire de toute l’humanité des suites, c’est celle là. Mais avec Georges Lucas qui s’était fait railler lors de la sortie de sa prélogie, on ne pouvait que se douter que le commercial artistique allait devoir payer les pots cassés de son échec en tentant de détruire la seconde meilleure saga qu’il avait inventée. A savoir Indiana Jones.

Ne vous y trompez pas: ce sont bel et bien les méchants du film.

Ne vous y trompez pas: ce sont bel et bien les méchants du film.

Insipide dans le fond comme dans la forme, Indiana Jones et le royaume du crane de cristal nous emmène en terrain connu. Autant Spielberg arrivait à se renouveler à chaque opus de la trilogie, autant celui-ci n’a que l’étiquette d’alléchante. Déterrant son archéologue fétiche pour le transformer en un vieillard encore bien solide, le cynisme est de mise lorsque l’on se rend compte qu’à plus de 60 balais bien tassés , ce vieux bougre d’aventurier enchaîne les cascades avec autant de facilité qu’à la fleur de l’âge. Une gageure lorsqu’on ne voit que le spectre d’Indy à chaque gros plan d’Harrison Ford. Et même si un fan zélé saurait m’expliquer qu’il possède toujours autant de vigueur et de souplesse que 20 ans plus tôt car il a bu dans le Saint Graal, je lui demanderais dans quel pharmacie il achète ses médicaments. Car trouver une excuse valable à la création de cet épisode relève du challenge.

Je ne reviendrais pas sur la manière d'on Indiana échappe à la mort...

Je ne reviendrais pas sur la manière dont Indiana échappe à la mort…

D’ailleurs, qu’en est-il de tous les acquis des précédents épisodes ? Spielberg ne se contente pas repomper allègrement ce qui faisait la force (et ici la faiblesse) de sa saga, mais il s’auto-cite constamment, brisant ainsi avec un cycle de renouvellement auquel il nous avait habitué. Même si le film ne pratique plus l’hommage aux serial des années 30 mais aux films de science-fiction des années 50, le cinéaste se contente d’intégrer ses thèmes fétiches (la famille, la forme de vie extraterrestre) pour faire d’Indiana Jones le catalyseur de tout son cinéma. A s’y méprendre, on pourrait croire que le film cherche à devenir celui qui trônerait sur le panthéon de Spielberg au milieu de ses autres oeuvres, les réunissant en un tout, aussi divertissant que mature. Sauf qu’on est très loin d’une telle réussite car le progrès technologique, permettant au réalisateur d’atteindre à une aventure plus ample, ruine tout ce que l’artisanat avait pu faire de meilleur précédemment.

Des scènes du making-of sont même intégrées au film. Ah, on me dit que les fonds bleus, c'est normal...

Des scènes du making-of sont même intégrées au film. Ah, on me dit que les fonds bleus, c’est normal…

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Sauf si avant de les utiliser, on a oublié d’en enlever la crasse qui règne à l’intérieur. Car autant de bêtise et d’incohérences ne sont pas dignes d’un épisode d’Indiana Jones. Ce qui faisait le charme inaltérable des anciennes pellicules, ce sont ces petits trucs qui, bien qu’anodins, étaient facilement excusables par le côté débrouillard du tournage. Ici, avec un tel niveau de maîtrise techniques et technologiques, il est impardonnable de voir autant de conneries à la minute, conneries exacerbées par des effets spéciaux en CGI indignes d’un film d’aventure où l’exotisme des paysages et les péripéties périlleuses sont censés nous sortir du quotidien et nous plonger en pleine fiction. Ici, entre Shia Labeouf imitant Tarzan sur fond bleu ou le vaisseau extraterrestre qui peine à rivaliser avec celui de la saga du Gendarme joué par Louis de Funès, on s’incline non pas devant tant de maîtrise mais pour tenter de se rapprocher de la jaquette et essayer de comprendre si on ne s’est pas trompé de film.

Heureusement que certains plans rattrapent  le tout.

Heureusement que certains plans rattrapent le tout.

Pire que de ressortir ses anciens personnages de derrière les fagots (Marion, Marcus), Spielberg déçoit énormément en choisissant de faire incarner le fils du mythe international par l’un des pires acteurs de sa génération: Shia LaBeouf. En plus de jouer un pâle copier/coller de Marlon Brando dans L’équipée sauvage, ses tocs et mimiques bousillent toute la mythologie qui aurait pu naître face à la découverte d’un héritier. L’interaction avec ledit père est pitoyable et amène un lot de situations abracadabrantesques, le tout affublé de répliques censés être comiques mais dont l’effet est tué dans l’oeuf. Le machisme d’Indiana s’est envolé, comme si ses 20 années de « réclusion artistique » l’avait guéri et lui avait fait adopter une nouvelle personnalité, aussi neutre et sans originalité que la globalité du long métrage.

"- Oh papy ! Tu va pas m'apprendre à jouer ! Je suis de la next-gen, compris ?"

« – Oh papy ! Tu va pas m’apprendre à jouer ! Je suis de la next-gen, compris ? »

Les références à Tintin sont toujours bel et bien présentes et représentes le seul et unique point de repère au fanboy, qui tel un marin en pleine tempête, a besoin de la lumière d’un phare pour se réconforter. Dans Le royaume du crane de cristal, ça pioche notamment dans l’album Les cigares du pharaon et Le lotus bleu avec cette idée prédominante d’une force incontrôlable pouvant avoir prise sur le cerveau humain, tel le fakir hypnotisant le célèbre reporter à houppette. Mais ça reste une bien maigre consolation au vu du désastre que sont les maigres scènes d’action qui, lorsqu’elles ne sont pas d’un ridicule absolue (la course poursuite en Amazonie, c’est du grand n’importe quoi) sont inintéressantes (le cimetière péruvien). De plus, il faut tout de même attendre plus de 45 minutes avant qu’Indiana daigne prendre un avion pour se rendre dans une contrée dépaysante. Soit plus d’un tiers du film qui nous bassine avec des enjeux aussi grandiloquents qu’incroyablement mauvais.

Le seul plan intéressant d'Indiana se trouve au début...et c'est son ombre.

Le seul plan intéressant d’Indiana se trouve au début…et c’est son ombre.

Un ratage dans les grandes largeurs que même la fin totalement foutraque et non-sensique ne sauve pas, malgré un fou rire assuré pour ceux qui croyaient se trouver devant un épisode de la saga Indiana Jones. Je faisais partie de ceux là et je peux vous affirmer que même après 3 visionnages, la pilule reste dure à avaler.

4/10

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Hellboy II: Les légions d’or maudites – Guillermo Del Toro (2008)

Une suite digne d'intérêt !

Une suite digne d’intérêt !

Voila ce que je voulais voir ! Hellboy 2 est tout simplement ce que le premier n’est pas: fun, maîtrisé, jouissif et bourré d’action. Del Toro a parfaitement digéré le comic et l’originalité du super héros pour en faire quelqu’un de vraiment attachant et charismatique. Se second opus fleure bon le conte et la poésie, à l’instar du Labyrinthe de Pan dont on sent encore l’influence, aussi bien dans le design des créatures (l’Ange de la Mort ressemble à un cousin germain de l’Homme Pâle) que dans la musique, moins tonitruante que chez son prédécesseur. Le pari de faire rendosser le costume d’Hellboy à Ron Perlman était risqué tant la genèse de la saga sentait l’échec à plein nez.

"- Que veux-tu que j'te dises: quand on aime, on ne compte pas !"

« – Qu’est-ce que tu veux que j’te dises: quand on aime, on ne compte pas ! »

D’ailleurs, il n’est pas le seul à avoir repris du service. L’intégralité du casting est présent hormis le nabot du FBI, l’agent Myers, qui était vraiment LA plaie de l’équipe dans leurs aventures précédentes. Autant la compagne du grand singe rouge joue toujours aussi mal, autant le problème est résolu de moitié, le reste de la team faisant le boulot et assurant la majeure partie du spectacle. Et ce dernier n’est pas en reste en terme de qualité d’écriture, de mise en scène et de chorégraphies. Les combats sont ultra lisibles et le spectaculaire prend davantage de place pour permettre à Del Toro d’exprimer de manière plus sincère son amour pour les bestioles lovecraftiennes (le Dieu sylvestre, c’est autre chose que sa pieuvre toute moche du premier film).

Pendant un moment, je me suis cru dans Star Wars avec ce bestiaire si incroyable.

Pendant un moment, je me suis cru dans Star Wars avec ce bestiaire si incroyable.

En cela, le marché des Trolls est magnifique avec pas moins d’une centaine de créatures différentes grouillant dans les allées, fouinant devant les échoppes. Une vraie ville dans la ville qui ne manque pas de charme grâce à une palette de couleurs variées et un élément majeur de l’intrigue qui permet au public d’y rester plongé assez longtemps pour satisfaire son regard rêveur. Un véritable enchantement des sens qui manquait terriblement, Del Toro étant avant tout un conteur plutôt qu’un bon faiseur de blockbuster.

Le lien fraternel qui unit le prince et sa soeur est retranscrit d'une manière très pure.

Le lien fraternel qui unit le prince et sa soeur est retranscrit d’une manière très pure.

La marque de fabrique du cinéaste ne se réduit pas qu’à cette seule scène. Toute son oeuvre est compilée dans le film, faisant d’Hellboy 2 un divertissement original, au discours qui plaira autant aux petits qu’aux grands. La poésie se dégageant des images et de certains personnages (la famille royale pour ne citer qu’eux) est omniprésente, rendant l’aventure qui attend nos joyeux drilles aussi excitante qu’émouvante. Même si l’introduction, maladroite, à tôt fait de nous livrer les dessous de l’intrigue un peu trop rapidement, on reste bouché bée devant une telle maîtrise de l’outil, maîtrise donnant tout son sens au 7ème art. Véritable peinture qui enchante et fait voyager celui qui la contemple, le décorum du film est si vaste et la mythologie qui s’en dégage si inspirée qu’on se doit d’éviter de cataloguer Hellboy 2 comme un vulgaire film d’action.

La bataille qui fait rage dans les rues de New York est d'un rythme et d'une qualité indéniable !

La bataille qui fait rage dans les rues de New-York est d’un rythme et d’une qualité indéniable !

Fable initiatique aux allures de blockbuster, j’ai beaucoup apprécié le fait de mettre un peu plus sur le devant de la scène Abraham, dont le personnage n’avait acquis qu’un piètre intérêt jusqu’alors. Si certains défauts sautent toujours aux yeux (la visite des locaux de l’équipe à la sauce Men in black), Del Toro a gommé toutes les grosses imperfections qui faisait d’Hellboy un film moyen, ratissant un champ plus large en ne se contentant plus de toucher un public restreint aux lecteurs du comic book. Une initiative qui est tout à son honneur et qui donne envie de voir naître un troisième épisode.

8/10

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