Archives de Catégorie: Dessins animés

Monstres Academy – Dan Scanlon (2013)

Monstres Academy

Préquelle de l’éblouissant Monstres et Cie, le film digère plutôt bien l’univers pour le diluer dans une époque antérieure où les bancs de l’école remplacent les vestiaires de l’entreprise. Sans être inoubliable, Monstres Academy parvient à renouer rapidement avec les deux protagonistes qui, s’ils sont moins charismatiques que dans l’autre film (surtout Sullivan), vont gagner en profondeur grâce à quelques scènes clés qui montrent que derrière cette couche infantilisante signée Disney se cache encore et toujours le grand Pixar, roi de la maturité dans l’animation. Et cette profondeur se ressent dans la séquence du monde des humains où sont distillés tous les codes du film de monstres dans un climax nocturne génial. Dommage que tout le film ne soit pas de ce niveau mais il fallait bien passer par là pour que l’attachement soit maximal et que la scène fonctionne. Divertissant.

6,5/10

Publicités
Tagué , , , , , , , ,

Epic – Chris Wedge (2013)

Epic

Reprendre l’idée de base d’Arthur et les Minimoys (je me demande encore comment Besson a fait pour foirer l’adaptation de son propre roman !) et l’adapter aux thèmes d’Avatar, c’est pas une si mauvaise idée en soi tant cet Epic est plutôt réussi. Même s’il n’atteint jamais la maturité d’un Disney (ce qui devient rare) ou d’un Pixar, il s’en sort haut la main en proposant une histoire ultra manichéenne mais très drôle et superbement animée. Bien qu’il s’adresse en priorité à un public jeune et qu’il recèle de tous les codes habituels du dessin animé, si bien que la narration aussi fluide soit-elle se sait par avance, ça reste très généreux en action et en humour (je me suis surpris à rire franchement une ou deux fois).

Epic limace

Les doubleurs sont géniaux (on dirait que le méchant, c’est un mélange entre John Travolta et Nicolas Cage), c’est fluide et ça passe très vite. Mais il y a un réel manque de prises de risque et ça se contente de surfer sur des clichés du genre déjà vus et revus, même par les plus petits. Si bien que l’histoire se suit sans vraiment d’enjeux et que les personnages, aussi bien animés qu’ils soient, ne dépassent jamais leur statut de dessins sur pellicule et n’ont jamais d’âme propre. A voir sans se prendre la tête.

6,5/10

Tagué , , , , , , , ,

Paprika (2006)

Le fantasme et le rêve sont toujours étroitement liés…

…jusqu’à ce que l’un ou l’autre décide de s’ancrer définitivement dans notre perception de la réalité. C’est ce que Satoshi Kon, le créateur de ce petit bijou onirique et mélancolique qu’est Paprika, est cherché à mettre en images. Et quelles images ! Les dessins sont fabuleux et le niveau de détail est ahurissant. C’est une explosion de couleurs et de formes à chaque plan (notamment durant les scènes où l’on aperçoit la fanfare).

Les multiples personnalités des sujets traités ne sont qu’une variante d’un seul et même rêve.

A l’instar d’Inception quelques années plus tard, les êtres humains ont réussis à mettre la main sur les rêves. Plus précisément, une poignée de scientifiques est en mesure de les enregistrer pour analyse futures, voire même de les contrôler et d’entrer dans certains d’entre eux. Paprika est l’une de ces guides oniriques et se contente de dresser un bilan psychologique grâce à ce qu’elle voit et ce que le sujet ressent. Mais une telle technologie n’est pas sans laisser planer une nouvelle forme de menace si elle tombe entre de mauvaises mains.

Les allées et venues entre rêve et réalité sont déstabilisantes à plus d’un titre.

Mature aussi bien dans son propos que dans le développement de ses personnages, le manga est un vrai shaker d’idées farfelues. Richement illustré (le début est une vraie claque d’animation), on en revient toujours au même chez les meilleurs mangakas, soit la destruction du monde connu et la création d’un nouvel ordre mondial (Akira, 20th Century Boys,…). Le méchant ressemble étrangement au Dr. Manhattan présent dans Watchmen, autant par son physique que par sa classe sociale.

Le souci du détail est grisant et démontre que Satoshi Kon est un véritable perfectionniste.

Thriller fantastique teinté d’humour et de déclarations passionnés au 7ème art en général (Kon s’identifiant au personnage du commissaire), il est flippant de constater qu’un tel jardin secret puisse être violé d’une manière aussi brutale et cruelle, les rêves n’étant ni plus ni moins que le refuge ultime de notre imaginaire face à la fatalité de la vie. Aussi coloré qu’il soit, Paprika broie du noir.

7,5/10

Tagué , , , , , , , ,

Rebelle – Mark Andrews & Brenda Chapman

« Elle est belle. Elle est belle et rebelle. Quelquefois infidèle et souvent si cruelle. »

Un petit dessin animé en salles de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Mais rien ne semble vraiment ébranlé le succès de Là-Haut. Le meilleur de l’animation de Pixar au service de la poésie candide (quoique devenue un peu plus mature) de Disney. Un fabuleux mélange que la société aux grands oreilles tente désespérément de retrouver. Rebelle ne joue malheureusement pas dans la cour des grands et son cœur de cible est l’adolescence. Pourtant, se tourner vers un public adulte par l’intermédiaire de différents degrés de lecture leur attirerait les faveurs d’un éventail plus large de possibilités. Mais la société semble vouloir faire machine arrière et renouer avec ses premiers fans: les enfants.

L’âge ingrat chez les Vikings: un sujet intéressant bien trop mal exploité…

Cependant, il ne faut pas bouder son plaisir devant Rebelle, qui peut se targuer d’être un parfait miroir de l’évolution de l’animation (la chevelure incendiaire de la princesse atteint un niveau de détail hallucinant !). Même s’il tombe dans les travers du film pour ados (morale à deux sous, dialogues à la ramasse), la beauté des images est fulgurante et on reste bouche bée devant la perfection des dessins (rien à voir avec la bande annonce de Sammy 2 vu juste avant).

Un hommage à leur boudé et méconnu Robin des bois ?

Malheureusement, malgré la qualité indéniable du travail artistique fourni par le studio, le scénario a été torché pour enchaîner les gags idiots et faciles et on ne ressent aucune empathie pour l’héroïne. Les rares enfants aperçus dans la salle ne semblaient pas le moins du monde touchés par le film, voire s’ennuyaient pour la rangée en face de moi. C’est le bien piètre résultat d’un studio qui semble avoir oublier comment nous faire rire et rêver.

6,5/10

En cadeau, un extrait du court métrage La Luna, projeté en tout début de séance. Une vraie merveille.

Tagué , , , ,

Le Roi lion – Roger Allers

Revoir Simba et toute la bande, ça fait tellement chaud au coeur. Un vrai gosse !

Revoir un Disney dans des conditions optimales, c’est vraiment un bonheur de tous les instants. Le Roi lion n’est pas mon préféré mais reste tout de même largement en haut du panier. Et la 3D lui rend service, lissant toutes les textures et faisant ressortir chaque personnage pour leur donner du relief. Relief que l’on retrouve également dans le scénario où une lecture adulte était invisible pour moi à l’époque.

Hakuna Matata !

Car moralisateur, il l’est (il le sont tous d’ailleurs). La violence qui se dégage de certaines répliques ne nous saute pas aux yeux étant enfant mais c’est tout autre chose une fois notre vision du monde un peu plus réaliste et notre innocence envolée. « Si tu reviens traîner ici, on te fera la peau » dit l’une des hyènes à Simba qui fuit la savane, exilé par son oncle Scar. Même si le schéma classique des Disney est respecté (gentil héros, méchant proche de la princesse à conquérir ou reconquérir, affrontement, fin heureuse), on se rend compte qu’on peut réellement faire le parallèle avec n’importe quel autre schéma classique de films. Les bad guys sont les hyènes et les sidekicks sont Timon et Pumba.

Cette superbe scène avait certainement du me faire pleurer à l'époque.

La force des images et de la musique traverse les années car après plus d’une décennie sans l’avoir revu, je connaissais encore les paroles par cœur et me surprenait à fredonner les chansons. Véritable cœur de cible du projet de réhabilitation de leurs anciens chefs d’œuvres, la salle ne comprenait que des spectateurs âgés de 20 à 30 ans. Je plains les enfants qui, aujourd’hui, n’ont plus de tels modèles qui forge la jeunesse et le caractère. Je suis content d’être l’un de ceux là.

8,5/10

Tagué , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :