Archives de Tag: trip

Bellflower – Evan Glodell (2011)

Bellflower

Il ne suffit pas d’être tapageur ou provocateur pour s’élever au panthéon des œuvres underground culte. Il faut aussi que le sujet traité est un minimum de cohérence, que la patte artistique soit au service du scénario et que le projet ne soit pas une finalité en soi. Doté d’une esthétique assez repoussante pour certains, Bellflower surprend son monde en allant chercher du côté le plus crade et inutilisable du spectre des couleurs, rendant sa pellicule dégoulinante, sale et donc underground. Mais tout n’est pas dans l’apparence, surtout lorsqu’on cherche à mettre en scène des personnages à l’avenir incertain, sans morale et au nihilisme incroyablement porté aux nues.

Bellflower couple

Si le film ne fonctionne pas, c’est par ce trop plein de bonne volonté qui rendent l’expérience trop auteurisante, trop froide. Evan Glodell semble vouloir mettre en image tout ce qu’il aime dans le cinéma, utilisant des procédés qui n’ont pas toujours leur place et qui empêchent toute, si toutefois il y en a une. Car l’idée de romance dépeinte à travers les yeux de ce fan hardcore de Mad Max nécessiterait des heures de psychiatrie. Vulgaires adulescents en quête de sensations fortes, leur passage à l’âge adulte doit être à marquer d’une pierre blanche, aussi restent-ils perpétuellement abreuvés d’alcool, en quête du déclic qui va les faire vriller.

Bellflower voiture

Et tous ces flash-back et flash-forwards incompréhensibles, cherchant à donner un aspect faussement intello au film, ne font que souligner la limite d’un tel exercice de style. Bellflower aurait du se contenter d’être un court métrage et aurait ainsi gagner en intensité et en sincérité.

5,5/10

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Trance – Danny Boyle (2013)

Trance

Après avoir abîmé la moquette des tapis rouges les plus prestigieux, Danny Boyle revient à ses premiers amours avec ce thriller underground aux expérimentations visuelles intéressantes et au côté violent assumé. Trance n’est ni plus ni moins qu’un retour aux sources pour un réalisateur ayant évité de peu la prise de melon. S’entichant de la sublime Rosario Dawson, a qui il offre un rôle sur mesure, le cinéaste continue de chambouler ses propres règles et ne se prend jamais au sérieux. Véritable grand-huit visuel et auditif, Trance est un pavé dans la mare du genre, ramenant le film noir vers l’inconnu et l’indiscernable.

305-TRANCE-PS.tif

Si le scénario est assez léger, c’est dans la mise en scène qu’il faudrait aller rechercher l’originalité du projet. Virevoltant sans cesse avec sa caméra, Boyle cherche à capter l’émotion de ses acteurs sous toutes les coutures, n’ayant pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de révéler la plastique superbe de la belle Rosario. Full frontal mâtiné de violence qui frôlerait presque la comparaison avec le Killer Joe de Friedkin dont il partage quelques similitudes. En plus de traiter de personnages marginaux, il sort des sentiers battus pour rendre son triangle de protagonistes le plus pervers possible. Et le côté théâtral de la chose ressort d’autant plus que le film se prête très peu aux extérieurs. Une sorte de tragédie sous acide où la raison n’a pas vraiment sa place.

Trance final

Éclaboussant les critiques d’un politiquement incorrect que les fans du cinéaste n’espéraient plus, Danny Boyle se réveille et livre avec Trance une belle leçon de cinéma doublé d’un regard sur sa propre filmographie, dont il retourne piocher des éléments perturbants (le cadavre du coffre fait énormément penser à celui du bébé dans Trainspotting). Espérons qu’il reste sur ces rails qui sont beaucoup plaisants que ceux qu’ils avaient empruntés, en quête d’une gloire éphémère.

7,5/10

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