Archives de Tag: trilogie

Inferno – Dario Argento (1980)

InfernoDeuxième volet de la trilogie des mères (ou trilogie de l’enfer), Inferno est encore plus décevant que Suspiria. Sans se fouler, Argento s’est réapproprié le squelette scénaristique du précédent opus pour le réinvestir dans une histoire somme toute semblable (un tueur opère dans un immeuble). La fainéantise du cinéaste va même jusqu’à réutiliser les mêmes codes narratifs (la pluie battante, l’incendie final, la passion des personnages principaux, le rouge omniprésent). Si certains diront que les trois œuvres forment un tout, je vois là très nettement une idée géniale (Suspiria) réutilisée à outrance pour donner libre cours à des expérimentations bordéliques. Et même si j’arrive facilement à passer outre le kitsch complètement assumé du cinéma d’Argento, j’ai toujours plus de mal lorsque les scénarios sont prétextes à un tel fouillis qu’on se demande s’il ne fume pas la moquette des tapis qui recouvrent le sol de son immeuble sordide.

Inferno les trois mères

Et pourtant, le film démarre fort ! Installant une ambiance oppressante uniquement à l’aide de silences macabres et de jeux de lumières, on baigne dans un fantastique très proche du surnaturel. La scène de baignade prend une tournure agréablement cauchemardesque et ouvre le film sur une transition des plus étranges. Et c’est là que le bât blesse. Car au lieu de se concentrer sur son héroïne qui avait tous les atouts, aussi bien en acting qu’en charme, pour nous repondre un conte qui aurait un arrière goût d’enfer sur terre, il multiplie les personnages tous plus secondaires les uns que les autres, juste histoire d’avoir de la main d’oeuvre pour mettre en image ses multiples meurtres (dont la plupart sont d’une nullité affligeante).

Inferno amphi

Alors que le champ des possibles était immense pour confronter les arts nobles (poésie et musique dans Inferno, à l’instar de la danse dans Suspiria) à l’horreur la plus sèche, on ne fait que tourner en rond dans cet immeuble de grabataires dont la plupart cachent des petits secrets dignes d’un téléfilm pour personnes du troisième âge. Sans queue ni tête, on tourne désespérément en rond, massacrant des personnages à peine esquissés pour garder le cotât gore de la pellicule et continuer à s’inscrire dans le genre. Et que dire du final où les morts d’Evil Dead 3 paraissent plus vrais que natures à côté de cette sorcière dont on se fout complètement et qui ne sert strictement à rien si ce n’est rigoler devant des flammes, comme un bon vieux cliché des familles.

Inferno discussion

Je ne reviendrais même pas sur la partition dégueulasse de Keith Emmerson qui ferait passer le bruit d’une craie sur un tableau noir pour une symphonie de Beethoven. C’est simple, il y a si peu à sauver dans le film qu’on ne peut que se rabattre sur l’introduction ou cette fabuleuse scène de meurtre sur du Verdi, sortie de nulle part qu’elle m’a fait m’interrogé sur l’identité de celui qui la signe tant elle détonne au milieu de cette connerie infâme. L’enfer n’est pas vécu par le personnage principal, dénué du moindre charisme et du moindre talent, mais par le spectateur qui doit s’infliger près de 2 heures de vaines promenades dans de couloirs mal éclairés. Argento ou le réalisateur le plus surestimé du genre.

4,5/10

 

Tagué , , , , , , ,

Very Bad Trip 3 – Todd Philipps (2013)

Very Bad Trip 3

Après un premier film qui a régalé la planète et un second film qui n’était autre qu’un vulgaire remake du premier, version thaïlandaise, Todd Philipps tente quand même de conclure sa trilogie car il y tient à sa meute. Et il a eu raison car si Very Bad Trip 3 ne brille pas par son humour, il peut se targuer de mieux clôturer sa saga que The Dark Knight Rises. On y trouve une écriture qui n’est jamais à côté de la plaque, réussissant à réunir les enjeux et les personnages des deux autres épisodes. La trilogie de la gueule de bois se regarde donc comme une véritable cuite: longue descente agréable, moments désagréables agrémentés de vomissements et récupération intensive de toutes ses facultés. Mais si la meute était véritablement soudée au début, il ne reste qu’un seul loup qui sort du lot: Alan.

Very Bad Trip 3 Goodman

Car c’est vraiment lui le potentiel comique de la saga. Complètement déjanté, à fortes tendances psychopathiques, il font une sacrée paire Chow et lui. Sans eux, on peut affirmer sans trop de risques que la saga aurait été un flop monumental dès le deuxième épisode. Cooper et Helms sont si insipides qu’ils font de la pure figuration, hormis lorsqu’il s’agit de mettre la main à la pâte dans les quelques scènes d’actions du film. Scènes qui ne servent qu’à exploser le budget du film et réveiller le spectateur qui s’attendait à rire aux larmes. Car si le travail d’écriture a été fourni sur les personnages et les rebondissements qui font écho à certains passages des deux autres opus, l’humour a été oublié. Là où on avait quelques pointes cyniques et un humour noir et saugrenu bienvenu, on atteint ici le diptyque pipi/caca régressif qui à tendance à vite énerver.

THE HANGOVER PART III

Si Very Bad Trip 3 évite à la saga de finir en eau de boudin et parvient à remonter le niveau d’un second épisode lourdingue et fainéant, il est grand temps de mettre fin à la franchise et d’abandonner la meute définitivement. Phillips a fait le tour du road movie comique avec sa saga, espérons qu’il passe la vitesse supérieure et qu’on le retrouve de nouveau à l’oeuvre sur quelque chose de plus enrichissant et novateur.

5/10

Tagué , , , , , , , ,

Sympathy for Mister Vengeance – Park Chan-wook (2002)

Le premier film d'un tryptique violent.

Le premier film d’un tryptique violent.

L’expression qui consiste à affirmer que le calme vient avant la tempête colle parfaitement à ce film, tant il contient déjà tous les prémices de la violence qui explosera dans Old Boy. Quasiment mutique, cette introduction dans une trilogie vengeresse fait office d’amuse bouche. Si Park Chan-wook soigne sa mise en scène, c’est plus par souci de garder éveillé le spectateur que . Car les deux heures doivent être subis pour parvenir à l’épilogue de cette course poursuite effrénée entre deux hommes qui se sont vus arrachés l’être qui leur était le plus cher. La vie ne leur faisant aucun cadeau, la noirceur qui se dégage du film est particulièrement lourde, le pathos se dégageant des personnages étant maladroitement associé à une surenchère d’effets gores.

L'ambition du cinéaste tombe un peu à plat.

L’ambition du cinéaste tombe un peu à plat.

En parvenant à entrecroiser une triple histoire de vengeance, débutant toutes sur un deuil difficile, Sympathy for Mister Vengeance n’a toutefois pas un scénario très dense. S’il est le film le plus atmosphérique de la trilogie, il est également le vilain petit canard du lot car on devine aisément qu’aucune échappatoire n’est possible. Le réalisateur nous gratifie de mouvements de caméra absolument délicieux, faisant passer la pilule de l’ennui qui ne tarde pas à poindre le bout de son nez. Derrière un dialogue social semi risible (on y va avec des gros sabots), le film peine à nous rendre attirants ses personnages, tellement dénués d’âme et si peu charismatiques. Un comble pour une histoire de vengeance où l’identification doit se faire très rapidement.

La police est bien en peine de rassembler les pièces du puzzle.

La police est bien en peine de rassembler les pièces du puzzle.

Si les acteurs ne sont pas à plaindre, ce sont ces esquisses de sentiments jamais dévoilés, jamais mis à nus, qui empêche de s’intéresser à leurs sorts. Même en jonglant avec nos propres émotions, le film demande beaucoup trop d’investissement personnel pour qu’on puisse se plonger avidement dans cette entrée en matière. Si le côté filmique est très bien traité (on sent que Park Chan-wook est avant tout un artiste), l’aspect scénaristique aurait mérité d’être plus raccourci pour amener davantage de vigueur à l’histoire et rendre moins boursouflé cette vengeance tellement teintée de désespoir qu’elle en devient énervante.

Le passage du père à la morgue est vraiment de trop.

Le passage du père à la morgue est vraiment de trop.

En multipliant les points de vue sur les différents personnages, aucune réelle justice, aucune véritable morale ne ressort vraiment de l’histoire. Chacun est tellement lessivé par la vie que les choix qui lui apparaissent sont les plus sombres et les plus violents. Si Park Chan-wook montre qu’il a parfaitement saisi la manière de capturer la beauté de la violence, il est encore loin d’avoir réussi à donner une réelle profondeur à ses personnages qui ne demandaient que ça tant leur background est bel et bien esquissé. Une tentative trop « autiste » de montrer que la violence peut faire ressurgir des sentiments profondément ancrés et sincères en nous.

6,5/10

Tagué , , , , , , ,

Evil Dead 3: l’armée des ténèbres – Sam Raimi (1992)

Un virage à 180° dans le grand n'importe quoi !

Un virage à 180° dans le grand n’importe quoi !

Se déroulant chronologiquement juste après Evil Dead 2, cet Army of Darkness est un peu l’équivalent du Temple maudit chez Indiana Jones. Parodique, plus sombre mais moins violent (les squelettes ne saignent pas, ce qui est normal), la team Raimi (Sam et Ivan) décide laisser plus de place aux gags qu’à l’horreur pure. En résulte un épisode en demie-teinte, où l’humour noir tient la dragée haute aux démembrements et autres joyeusetés sanguinolentes. Négligeable tant le deuxième opus se suffit à lui même, il n’en reste pas moins une excellente suite qui permet de se concentrer davantage sur Ash et de le rendre encore plus mythique aux yeux des fans.

Les démons sont toujours aussi joueurs et malfaisants.

Les démons sont toujours aussi joueurs et malfaisants.

En projetant Ash dans une faille spatio-temporelle et en le faisant arriver en plein Moyen-Âge, Raimi s’offre le luxe de balancer des gags un peu faciles sur la « distance » qui sépare les personnages. Faiblard aussi bien dans sa mise en scène (on est très loin de l’inventivité et de l’originalité du 2, voire d’Evil Dead premier du nom) que dans ses mises à mort, l’aspect cartoon passe tout de même mieux que dans Mort sur le grill. Le cinéaste semble avoir appris de ses erreurs (si si, Crimewave en était une) et se lâche complètement. Et ne boudons pas notre plaisir car c’est si jouissif de voir un type dégommer du démon au Remington calibre 12 en pleine époque médiévale qu’on pardonnerait tout et n’importe quoi.

Ash est iconisé à mort dans l'introduction !

Ash est iconisé à mort dans l’introduction !

La bande originale m’a rappelé le Poledouris de Conan et mes longues heures d’écoute de la saga audio Le Donjon de Naheulbeuk. Un vrai retour en adolescence. Espérons que Sam Raimi revienne avec une idée en béton armé pour son futur Evil Dead 4 qui rue déjà dans les brancards et promet un retour aux sources du vraie génie artistique.

6/10

Tagué , , , , , , , , ,

Dead or alive 3: Final – Takashi Miike (2002)

A côté de ce film, l'adaptation de Dragon Ball Z est un chef d'oeuvre.

A côté de ce film, l’adaptation de Dragon Ball Z est un chef d’oeuvre.

Je vais faire court car cette purge ne mérite pas que je m’attarde dessus ni que je prenne sur mon temps de repos pour vous expliquer à quel point c’est mauvais. Cette fois, vous pouvez faire confiance à l’affiche les yeux fermés (si si, j’vous l’autorise). C’est aussi débile et mauvais que ce dont ça a l’air. On dirait un film de Kitamura mais en pire. Miike clôture sa saga d’une manière si ignoble qu’il mériterait qu’on lui repasse en boucle son propre film pendant 24h (soit 12 visionnages). Sorte de Blade Runner du pauvre, Dead or alive, troisième du nom, n’est pas digne de recevoir le point symbolique qui le sauverait de l’odorante « boîte à bouses » (au même titre que Rengaine) dans laquelle j’enferme tous les navets irregardables (c’est à dire là où ne se trouvent pas les films d’Andy Sidaris). Passez votre chemin !

0,5/10

Tagué , , , , , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :