Archives de Tag: Tom Cruise

Oblivion – Joseph Kosinski (2013)

Non, ça n'est pas l'adaptation du célèbre jeu vidéo. Tant mieux !

Une tentative intéressante de renouer avec de la science-fiction intelligente et populaire !

On sait pertinemment que voir Tom Cruise en tête d’affiche d’un film, ça n’est en rien un gage de qualité. S’il ne prend pas la grosse tête en s’attribuant des personnages mis en avant de manière écœurante  transformant ainsi un long métrage en une bande démo cinématographique (Mission Impossible 3 par exemple), il ne parvient que très rarement à amener de la subtilité dans son jeu et les sentiments qu’il doit retranscrire. Une aubaine pour lui avec cet Oblivion qui réunit les deux arguments principaux qui permettent de se payer ses « talents ». D’une part, la galerie de personnages est très restreinte; d’autre part, l’émotion quasi inexistante de ces personnages trouve une explication rationnelle.

Foulant seul le sol d'une Terre dévastée, Jack Harper a tout le temps de se remettre en question.

Foulant seul le sol d’une Terre dévastée, Jack Harper a tout le temps de se remettre en question.

Si le scénario paraît original de prime abord, il se révèle au fur et à mesure du visionnage sous exploité et d’un manichéisme dérisoire. Les humains, cherchant à protéger leur planète, vont être soumis à une invasion extraterrestre qui va les pousser à détruire la Terre pour mieux la sauvegarder. Un sous-texte écologique intéressant où l’homme est prêt à sacrifier sa terre et ses ressources pour empêcher que l’envahisseur ne profite de ses richesses naturelles. Une fois la surface victime d’un taux de radiations trop élevé, les humains préfèrent s’exiler en hauteur, tout en cherchant à garder un œil bienveillant sur leur planète bleue. L’être humain est rapidement esquissé: prêt à détruire ce qu’il a de plus cher par amour et par fierté, mais aussi par égoïsme.

Certains plans sont d'une maîtrise folle et d'un esthétisme léché.

Certains plans sont d’une maîtrise folle et d’un esthétisme léché.

Si l’humain apparaît rapidement comme une personne dénuée d’émotion, il en va de même de la mise en scène. Même si elle brille par sa qualité plastique, sa photographie exemplaire, ses effets spéciaux bluffants, elle pêche par un manque de vitalité qui ne parvient jamais à nous faire oublier que nous sommes devant un film. Là où les grands classiques de la science-fiction parvenait à insuffler une personnalité à leurs extérieurs (Blade Runner sur le haut du podium), Oblivion reste trop propre sur lui pour qu’on croit à ce monde dévasté. Ajouté aux quelques choix perfectibles (certaines scènes sont ridicules, Tom Cruise tirant sur un drone en étant la preuve) et aux incohérences scénaristiques, le film est loin de se hisser au rang des plus grands. Au pire peut-il espérer trôner sur le podium des blockbusters SF.

L'aspect clinique de la Tour procure un contraste fulgurant avec l'abandon de la Terre.

L’aspect clinique de la Tour procure un contraste fulgurant avec l’abandon de la Terre.

La tête dans les nuages, rêvant d’un monde nouveau en se prenant pour des Dieux, la nature humaine pêchent par excès de confiance. Et le message d’espoir distillé dans le scénario appartient beaucoup trop au monde du cliché éculé que de la réflexion profonde et aboutie. Si le début d’Oblivion nous amène à croire que l’expérience sera convaincante, on retombe trop rapidement dans le côté décomplexé et caricatural de la science-fiction et la déception est d’autant plus grande que le sujet semblait propice à un débat cinématographique de plusieurs thèmes prédominants dans l’inconscient collectif: la peur du nucléaire, le réchauffement climatique, la peur de l’étranger, les élites,…

L'apparition de Morgan Freeman a provoqué des ricanements de hyènes à de nombreux endroits de la salle...

L’apparition de Morgan Freeman a provoqué des ricanements de hyènes dans l’ensemble de la salle…

En invoquant les fantômes de films réussis plus ou moins récents (Moon, 2001: l’odyssée de l’espace,…), Oblivion s’empêche de sortir du lot mais reconnaît tout de même que son scénario est constitué de milliards de petits trous fait d’incohérences et de contre-sens qui rendent la lecture du film prévisible. S’il arrivera à coup sûr à séduire la majeure partie du public friand d’action camouflée derrière un pseudo-message intellectuel, il en faudra bien plus pour rallier à sa cause les fans avide de messages science-fictionnels. Mais la tentative est louable et le résultat est splendide visuellement. Mais cette beauté graphique, à couper le souffle, est l’arbre qui cache la forêt. Et celle-ci est dense et déjà habitée par de grands noms de la littérature et du cinéma de genre.

7/10

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Jack Reacher – Christopher McQuarrie (2012)

Tom Cruise semble faire 25 ans mais le film est bel et bien sorti cette année je vous l'assure...

Vous verrez, il n’y a pas que sur l’affiche que Tom Cruise est au centre du cadre…

Avoir 50 piges et tenir autant la forme, ça force le respect. Après son long caméo dans Protocole Fantôme, la star de l’église de Scientologie rendosse l’uniforme de l’action guy pour notre plus grand plaisir. Sauf qu’ici, on est loin d’être dans la décomplexion version Expendables. Jack Reacher est malin et a prouvé maintes et maintes fois sa valeur. D’ailleurs, il est si malin que personne ne sait où il crèche ni qui il est véritablement. Une chance pour McQuarrie qui va pouvoir étoffer le mythe avec ce qu’il faut de légendes, tout en laissant planer le doute sur la capacité mentale de Reacher.

Ça faisait un bail qu'on attendait un tel courant d'air frais dans le polar brut de décoffrage.

Ça faisait un bail qu’on attendait un tel courant d’air frais dans le polar brut de décoffrage.

D’ailleurs, sans la présence de Cruise au casting, jamais le personnage de Jack n’aurait pu bénéficier d’une telle aura, d’une telle présence. On sait que lorsqu’il se la raconte auprès des bad guys, il a les moyens de ses ambitions (les scènes d’actions sont sèches et nerveuses). Tout en sérénité et en force de persuasion, l’ex-flic utilise sa connaissance du terrain pour avoir une vue d’ensemble de l’enquête et sa marginalité pour éclaircir les zones d’ombres où la lumière de la torche d’un policier ne permet pas d’aller. Il sait ce qu’il veut où à qui le demander. En cela, il me rappelait Lee Marvin dans Le point de non retour: une forte tête et un corps musculeux avançant telle une machine de guerre vers les emmerdes.

" - T'as vu ma nouvelle application ? J'peux enregistrer tes cris et les mixer sur platine."

 » – T’as vu ma nouvelle application ? J’peux enregistrer tes cris et les mixer sur platine. »

D’ailleurs, le film ne se contente pas d’adapter l’ambiance hard boiled du bouquin mais il pioche une bonne partie de son identité dans ce qui a été fait précédemment (aussi bien dans le western que le film noir). Et la pioche est plutôt bonne: course poursuite, baston, punchlines, fusillade finale à la Peckinpah. Tout les ingrédients d’un pur polar old school sont présents et intégrés à la perfection dans le récit. Même si le style de McQuarrie est encore indécelable, on peut facilement s’apercevoir qu’il construit ses films de la même manière. Aussi, Jack Reacher se compose d’éléments qui étaient déjà présents dans Way of the gun et qui fonctionnait parfaitement. Et sans éviter la redite ou le clin d’oeil balourd, il fournit sa patte à cette adaptation qui enterre bon nombre de ses contemporains.

Encore un peu scolaire, on ressent à chaque instant que McQuarrie cherche à dompter sa caméra.

Encore un peu scolaire, on ressent à chaque instant que McQuarrie cherche à dompter sa caméra.

Rien que la séance d’ouverture troue le cul: en vue subjective, le cinéaste nous invite à assister impuissant au massacre de pauvres innocents. Une plongée en eaux troubles qui oblige le spectateur à vouloir découvrir la vérité, à l’instar de Jack. Mêlant plusieurs genres sans jamais que l’autre prenne le dessus, le film se retrouve le cul entre deux chaises. Certains moments stressants indiquent clairement qu’on lorgne du côté du thriller paranoïaque lorsque la minute d’après, on est soufflé par une baston mâtinée de répliques qui font mouche, dérapant tout de suite vers le pur polar urbain. Mais ça n’est jamais dérangeant et ça donne même un charme plaisant à l’ensemble du film.

Robert Duvall arrive à charmer le public malgré sa présence très brève.

Robert Duvall arrive à charmer le public malgré sa présence très brève.

Même si certains clichés surnagent au milieu de cet océan de réussite, ils ne plombent jamais le déroulement de l’intrigue. Et pourtant, des éléments du scénario sont incroyablement grotesques mais par un phénomène étrange, on s’en fout. C’est sans doute du au fait que Cruise bouffe littéralement l’écran et qu’on n’a d’yeux que pour lui, surhomme  au coeur pur et vaillant défenseur de la veuve et de l’orphelin (la scène finale le catalogue clairement comme un bon samaritain malgré sa carapace de mec pas commode). Et puis pour un deuxième film, on peut carrément dire que c’est une véritable réussite.

7,5/10

 

 

 

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La couleur de l’argent (1986)

Il faut s’attendre à tout avec Scorsese…même à être déçu.

Martin Scorsese a tout compris. Pour incarner le maître et son élève, quoi de mieux que de prendre l’acteur le plus classe de tous les temps (Paul Newman dégage un charisme infernal) en lui faisant jouer un personnage de chaperon, chargé d’apprendre les ficelles du métier à un jeune loup cherchant à atteindre les sommets de la gloire (Tom Cruise tout droit sorti de sa crise d’acné). Le courant passe et l’affrontement psychologique entre les deux acteurs crée la tension nécessaire au film. Mais se doter d’un casting en béton ne permet pas pour autant de s’attirer les bonnes grâces du public.

– « Allez viens, j’te paye le coiffeur. Tu mérites pas de te promener avec une tête pareille. »

Alors qu’on aurait pu avoir droit à un thriller rondement mené à la manière de Wall Street, on se retrouve avec un petit film d’arnaque ronflant et pépère qui dure une éternité. Sans la présence de Newman, j’aurais certainement zappé une bonne partie du long métrage car il faut dire ce qui est: on se fait quand même bien chier à certains moments. Même la caméra de l’oncle Marty semble s’être endormi par moments. Les sursauts sont provoqués par quelques fulgurances de mise en scène (surtout vers la fin), éclairs de génie disséminés tout le long du film, réveillant ainsi le spectateur la bave aux lèvres.

La fougue de la jeunesse contre l’expérience de l’âge: un duel intemporel.

La couleur de l’argent n’en reste pas moins un film à voir pour compléter l’étude de la filmographie du maestro qui prouve que même avec un sujet bancal, il arrive à nous étonner par une maîtrise visuelle et narrative qui ferait passer n’importe quel épisode de l’Inspecteur Derrick pour un summum de nervosité.

6,5/10

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Rock Of Ages – Adam Shankman

Ca sent bon les années 80 !

Quand j’avais aperçu la première image de Tom Cruise lors de la promotion de Rock Of Ages, je m’étais dit qu’on tenait là une véritable preuve d’amour à ce qu’était le rock’n roll des années 80 et l’engouement qu’il suscitait auprès des fans et des compagnies de disques. Et le soufflet est retombé en regardant la bande annonce. On allait avoir à faire avec une comédie niaise sur une greluche sortie tout droit de son Amérique profonde, sirène désabusée attirée par les projecteurs d’Hollywood, perpétuels phares de la déchéance humaine. Mais comme par hasard, elle se contente d’un job de merde du moment qu’elle puisse écouter du rock à volonté. Il est beau l’Américain Way Of Life.

Une des principales raisons de vouloir être une rockstar: les grouppies !

Cependant, devant cet étalage de bons sentiments dégoulinants de tendresse et fleurant bon le vu et revu, Broadway a réussi une chose: faire revivre le temps d’une comédie musicale les années 80. Et ça n’est pas chose aisée tant l’univers musical de cette période semble être à des années lumières des productions d’aujourd’hui, plus électronique que jamais. Dans Rock Of Ages, les guitares ont le champ libre et les artistes sont plus complets que jamais. A commencer par Stacey Jaxx, véritable archétype de la rockstar sous acide, encerclé de fan(e)s hystériques qu’il fait chavirer d’un seul regard. Et là, j’ai compris une chose: sans Tom Cruise pour amener au panthéon ce personnage, le film se cassait la gueule.

On parle de lui pour les Oscars ! Si jamais c’est le cas, on va se retrouver avec un raz de marée de comédie musicales auxquelles mon sphincter ne résistera pas.

C’est d’autant plus rassurant qu’il participe au film car étant lui même adepte d’une certaine forme de mimétisme (tout de même moins que Christian Bale mais on se souvient quand même de son look dans Tropic Thunder !), il délivre une prestation hors norme, incarnant à lui seul le rock’n roll et devenant l’égérie d’une époque complètement barrée. Mais malgré ce gros point fort, on est en droit de se demander où est l’inspiration des compositeurs. Seules deux ou trois piètres chansonnettes sont originales. Le reste n’est que reprise de tubes tous plus mythiques les uns que les autres. Def Leppard, Foreigner, Bon Jovi, Scorpions,…

Baldwin se transforme petit à petit en Steven Seagal. Attention, c’est contagieux !

Ma note paraîtra élevée par rapport à mon avis mais c’est la nostalgie qui parle et je n’ai pu que me réjouir d’entendre à nouveau des tubes oubliés, ceux qui ont forgés ma culture musicale et ma jeunesse et qui ne paraîtront jamais vieillots à mes oreilles.

7/10

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