Archives de Tag: survival

Dog Soldiers – Neil Marshall (2002)

Dog Soldiers

Je ne vais pas m’étaler sur ce film car ça serait lui accorder plus d’attention que ce que je lui ai déjà accordé et ça pourrait s’interpréter comme du masochisme. Dog Soldiers, c’est vraiment bien pourri. Mais alors bien comme il faut ! Ça bouffe à tous les râteliers sans jamais atteindre la moitié du quart du niveau des films pompés, les acteurs sont ridicules, les dialogues ressemblent aux acteurs et les loups garous ressemblent aux dialogues. Comment on peut sortir ça et ensuite enchaîner sur The Descent ? J’arrive pas à comprendre les avis positifs autour du film ou alors, j’ai du voir un version suédée parce que la mienne, elle était quand même bien dégueulasse ! Et pour enterrer le tout, ça dure quasiment deux longues heures. Deux heures à voir un film amateur qui aurait pu être excellent en court métrage. Du gros foutage de gueule sur ce coup.

1,5/10

Tagué , , , , , ,

Les collines de la terreur – Michael Winner (1972)

Les collines de la terreur

Si Winner débute son western de manière basique (un étranger, un shérif, un duel qui finit mal) dès les premières minutes, le film prend une tournure bien différente de ce à quoi l’on aurait pu s’attendre. Simple film de vengeance vu et revu, le scénario décide d’emprunter le virage du survival au fur et à mesure que les cowboys s’engagent sur le terrain de l’Apache (d’où le titre original Chato’s Land). Cette terre, aride et inhospitalière, va s’avérer être un difficile terrain de chasse pour eux, donnant l’avantage au personnage de Charles Bronson, impressionnant en Indien mutique traqué comme une bête. Si ses apparitions se comptent sur les doigts de la main, elles n’en restent pas moins brutales car chacune d’entre elles est synonyme de mort. Et cette part fantastique, traduite par les poursuivants comme une punition divine pour leur péché (viol, meurtre,…), permet de réveiller l’humanité de certains personnages et de les travailler en profondeur.

Les collines de la terreur saloon

Jack Palance, dont la figure de leader charismatique va s’effriter devant la persévérance de l’Apache, est impeccable dans son rôle. A la fois nostalgique de l’époque de la guerre et droit dans ses bottes, il ne peut empêcher la haine raciale et la soif de sang envahir sa troupe malgré les multiples conseils de prudence qu’il prodigue. Même si les paysages poussiéreux et sans vie donnent soif, ils sont filmés avec soin et font un théâtre naturel parfait pour une tuerie stratégique (Chato semble jouer avec eux). D’abord une menace pour le groupe, une scène particulièrement cruelle va le transformer en exterminateur froid et sans pitié, le faisant se replonger dans ses racines (il ôte ses vêtements au fur et à mesure jusqu’à redevenir pleinement Apache). On s’attache tout autant à lui qu’à chaque membre du groupe car, malgré leurs bassesses et leurs passés troubles, ils ont tout autant raison de se combattre jusqu’à la mort.

7/10

Tagué , , , , , , , ,

The Last Of Us – Naughty Dog (2013)

The Last Of Us

Après avoir conquis le public de la Playstation 3 avec la trilogie Uncharted, Naughty Dog devait se réinventer afin d’éviter de tomber dans le cliché de la facilité. Faisant peau neuve en imaginant un gameplay innovant et un nouveau moteur graphique, ils peuvent se targuer d’avoir sorti le meilleur jeu de la console, quelques mois avant l’avènement de sa petite sœur. Et ça se ressent, autant dans la volonté de proposer un solo immersif par ses personnages, complet par les artefacts disséminés dans le jeu et gourmand en termes de ressources (ma console a craché ses poumons). Surfant sur la mode du zombie initiée par Walking Dead, The Last Of Us est bien plus qu’un survival-horror prenant ses quartiers dans un monde infecté mais bel et bien une oeuvre profondément humaniste, où les personnages font la part belle au divertissement et à l’horreur.

The Last Of Us couteau

Ellie et Joel, malgré leur différence d’âge et de sexe, sont des êtres profondément semblables. Ils ont tous les deux perdus un être cher (l’un sa fille, l’autre sa mère) et ne survivent que parce que c’est ce qu’ils savent faire de mieux. Et si à l’orée de leur rencontre, Joel va chercher à fuir tout sentimentalisme envers Ellie, les événements pour lesquels le studio nous met le pad entre les mains vont les faire se rapprocher, jusqu’à transformer Joel en père de substitution et Ellie, en fille spirituelle. Et ce sont les cut-scènes, absolument splendides, qui vont alimenter la portée dramatique du scénario, accentuée par une bande originale d’une mélancolie rarement atteinte dans le jeu vidéo (le guitariste Gustavo Santaolalla est derrière tout ça). Les sonorités acoustiques, faisant écho aux origines argentines du musicien, apporte un véritable atout à l’atmosphère du jeu.

The Last Of Us frère

La grande force de The Last Of Us est de ne jamais céder aux sirènes du genre (la survie est privilégiée à la tuerie en masse) et de ne se livrer à aucun manichéisme dans le développement des personnages. Pas (ou peu) de clichés que ça soit dans la narration (le jeu est découpé en saisons, chaque grosse traversée du pays nous étant évité), dans l’esthétique post-apocalyptique et dans l’intrigue. En mettant en scène ces deux solitaires et en les forçant à collaborer, un lien plus fort que l’amitié va se nouer entre eux. Et Naughty Dog a réussi son pari lorsqu’on est touché en plein cœur durant des scènes clés, où l’émotion est bel et bien présente et où l’on se rend compte que nous aussi, nous nous sommes attachés à notre duo.

The Last Of Us couverture

La réalisation emprunte énormément au cinéma (La route, 28 jours plus tard, Je suis une légende,…), que ça soit in-game ou non. La physique du jeu est extraordinaire et chaque mouvement s’anime à la perfection grâce à la motion capture qui atteint là une performance incroyable. Cette fluidité permet d’une part de rester immergé au maximum dans le jeu mais surtout de permettre au studio de mettre au point un gameplay saisissant, poussant toujours plus loin le réalisme et la sensation de crédibilité de l’univers dépeint. Si l’on fouille son sac à dos à la recherche d’une arme ou d’objets pouvant être assemblés ensemble (cocktails molotovs, surin, bombe fumigène,…), le temps ne s’arrête pas et l’ennemi en profitera pour avancer vers votre zone de couverture. Le timing se doit d’être parfait pour survivre. Or affrontements, il en sera de même pour la lecture des lettres dispersées de par le monde, permettant d’alimenter grandement le background du jeu.

The Last Of Us fille

Mais le côté horreur du survival n’est pas à plaindre, bien au contraire. Même si les infectés ne représentent pas la réelle menace (pillards, survivants, militaires sont bien plus intelligents et vous donneront du fil à retordre), ils restent dangereux de par le fait qu’ils sont imprévisibles. Même s’il attaquent relativement frontalement, en bons assoiffés de chair humaine, ils ne faut pas prendre le danger à la légère et les considérer comme de véritables ennemis (certains vous tuant en un coup). The Last Of Us compose donc avec son lot des scènes nocturnes ou d’endroits glauques à visiter, la lampe torche étant votre seul allié dans ce monde de ténèbres (l’idée de réarmer les piles à l’aide du Sisaxis est géniale mais sous-exploitée).

The Last Of Us batte

The Last Of Us est donc un jeu d’aventure dans tous les sens du terme: par le danger encouru à chaque pas mais aussi par l’aventure humaine que constitue ce road-trip à travers les Etats-Unis, courant après une lueur d’espoir qui, tous les jours, les fait se lever et combattre de toutes leurs forces. Et si vous en étiez encore à douter de la capacité de Naughty Dog à sortir des sentiers battus et à offrir une expérience hors du commun, laissez-vous submerger par une fin qui est bien loin de tout ce qu’on peut imaginer et qui, même si elle laisse supposer que le studio se laisse une porte de sortie pour une éventuelle suite, fait fi de tout ce qu’on a pu voir par le passé.

10/10

Tagué , , , , , , , , ,

Tomb Raider – Crystal Dynamics (2013)

PS2CoverSheet108

Saga la plus poussiéreuse de l’industrie du jeu vidéo (oui, on est en droit de parler d’industrie lorsqu’on parle de saga), Tomb Raider a vu naître nombre rejetons plus ou moins bâtards, les plus réussis étant généreusement protégés par l’ombre du décolleté toujours plus généreux de la belle Lara Croft. Si l’héroïne a su concilier beauté plastique et féminisme exacerbé pour le plus grand plaisir des deux sexes, elle n’en reste pas moins une icône qui dépérissait à vue d’œil, la liberté sexuelle et les affres toujours plus précoces de la nouvelle génération ne permettant plus de fantasmer sur ses courbes voluptueuses. Dans un esprit de séduction ragaillardi par l’arrivée de Square Enix à la tête du projet, ce reboot parvient à lifter les défauts inhérents à la saga (level design restreint, scénarios inintéressants, personnage peu évolutif, énigmes répétitives,…) et à ouvrir une nouvelle voie à la saga tout en surfant sur la vague d’un genre très calibré.

Tomb Raider couverture

Jouant la carte du bigger and louder, Tomb Raider s’apparente de près à une autre saga d’aventure exclusive sur PS3: Uncharted. Si les similitudes sautent aux yeux manette en main, ça n’est que justice tant la saga de Naughty Dog a piocher allègrement dans ce qui faisant le succès de Tomb Raider. Aussi, la boucle est bouclée et Lara Croft retrouve sa place au panthéon des personnages cultes qui ont su traverser les années. Si le paradoxe de la rajeunir pour s’adapter à  la nouvelle génération alors que la saga souffle ses 17 bougies est étrange, on peut clairement avancer l’idée que cette renaissance va donner lieu à une pléthore d’autres titres, tous plus ou moins semblables à celui-ci. L’idéal serait de s’aligner sur des codes purement cinématographiques comme ça semble déjà être le cas (le survival ici) et de changer le ton du jeu et, ainsi le genre revisité, à chaque nouvelle aventure. Si la mise en scène ultra immersive et à base de QTE divise les joueurs, elle n’en reste pas moins ce qui fait la force de frappe de cet opus: proposer un monde semi-ouvert tout en dirigeant le joueur dans les moindres détails.

Tomb Raider survie

Côté scénario, on ne peut pas dire qu’ils se soient arrachés les cheveux tant les twists sont attendus et que l’intérêt qu’on peut porter à l’aventure s’estompe derrière les actions répétitives et la frustration d’être toujours épaulé par la console dans les phases complexes (la touche de l’instinct, c’est juste un truc de noob). Cependant, on ressent nettement l’évolution du personnage au fur et à mesure que l’on joue. Si son niveau d’endurance est mis à mal au début de l’aventure, elle se transforme assez (trop ?) rapidement en alpiniste chevronnée, gravissant les parois rocheuses à la seule force de ses bras. Et les morts qu’elle sème durant sa traversée de l’île sont toujours plus violentes et maîtrisées, la perte de l’innocence étant entachée par la traque d’un cerf afin de se nourrir  Si on était en droit de s’attendre à un aspect survie beaucoup plus étendu (tuer pour se nourrir, se soigner avec des fruits et des herbes), il n’en est rien et le jeu ne propose qu’un ramassis de minis-jeux plus ou moins excitants qui raviront les adeptes du scoring.

Tomb Raider The Descent

L’émotion ressort davantage de la musique et des paysages grandioses plutôt que du destin plus ou moins tragique des personnages clés. La faute à un développement dans l’écriture plutôt faible, les développeurs préférant peaufiner leur bébé dans les moindres détails (même si quelques bugs graphiques lourds surviennent) afin de prouver au monde entier que Lara Croft a encore de beaux jours devant elle. Si les puristes de l’aventurière crieront au scandale tant les énigmes semblent inexistantes et l’action omniprésente, ils ne peuvent bouder leur plaisir de prendre en main une Lara qui obéit au doigt et à l’œil. Il ne lui reste plus qu’à être la ménagère parfaite et elle sera bonne à marier.

Tagué , , , , , , , ,

The Day – Douglas Aarniokoski (2013)

Le frère caché d'Aronofsky fait des DTV pourris...

Le frère caché d’Aronofsky fait des DTV pourris…

The Day, c’est un peu le genre de titre que tu trouve à l’arrache une fois que ton producteur, après avoir écouté ta longue argumentation sur le pourquoi du comment il faut faire un film post-apocalyptique-parce-que-c’est-trop-à-la-mode-et-que-les-gens-pleurent-et-que-l’émotion-c’est-rassembleur-et-que-ça-ramène-un-public-féminin-tout-en-pouvant-glisser-des-headshots, te demande comment tu va l’appeler. Du coup, ton cerveau vrille à toute allure, tu penses apocalypse, fumée, brouillard, brume, gris, couleur, mauvais temps, météo, jour, The Day. Et ton producteur, las de t’entendre raconter de la merde mais ravi de pouvoir payer ses dettes au poker, décide de miser sur ton film, ce qui démontre qu’il faut qu’il arrête de jouer au jeu de hasard.

" - J'fais jamais caca sans mon flingue. Et quand y'a personne, des fois, j'me l'fous..."

 » – J’fais jamais caca sans mon flingue. Et quand y’a personne, des fois, j’me l’fous… »

Pour bien t’imprégner du travail de tes contemporains, il t’offre une pelletée de films à visionner avant de shooter le tien. Après avoir visionné, The Mist, Quai des brumes et Abraham Lincoln: chasseur de vampires, tu te sens fin prêt à offrir au monde ton survival en mélangeant tout ce qui fait la réussite de ses films: des dialogues banales du quotidien, un huis-clos haletant et perturbant et des éliminations bien gorasses mais en enlevant la ralenti parce que sinon tu peut pas en mettre assez pour que ton film ait de la profondeur. Puis vient le moment de choisir qui éliminer dans ton script. Après avoir mis une quarantaine de personnages dont 34 ne servent à rien si ce n’est à se faire charcuter la bidoche, tu te dis qu’un film de siège, ça serait bien pour éviter d’avoir à développer tes personnages. Mais t’as jamais vraiment trop compris comment on pouvait filmer un fauteuil pendant 1h30 du coup tu regardes des épisodes de Plus Belle la vie pour faire du plein avec du vide.

" - On m'a dit d'avoir l'air constipée tout en ressemblant à Rambo. C'est dur de parler en même temps du coup, on m'a enlevé mes répliques."

 » – On m’a dit d’avoir l’air constipée tout en ressemblant à Rambo. Mais c’est dur de parler en même temps du coup, on m’a enlevé mes répliques. »

Et puis quand t’as envoyé tes rushes en salle de montage, le producteur t’a rappelé en te demandant de mettre un climax parce que « là, on s’fait quand même bien chier » qu’il a dit. Tu te sens obligé de lui obéir mais il veut pas te donner plus de fric du coup, tu fouilles les camps de roms à la recherche d’enfants orphelins et tu leur dis qu’ils vont devenir des stars internationales. Sauf qu’ils veulent pas te croire parce que y’a un Serbe qui est venu la dernière fois emmener un de leurs amis pour faire un film expérimental et il est jamais revenu. Donc, tu leur montre le film à moitié monté en leur expliquant qu’ils auront juste à faire des apparitions sans jamais parler et à piquer des gens avec une fourchette mais que ça peut être dangereux. Mais ils se prennent au jeu et tu arrive à les envoyer au casse-pipes où ils y perdent la tête et tu tiens enfin ton climax. Ton producteur est content et il réfléchit déjà à une suite qui s’appellerait The Night.

2/10

Tagué , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :