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Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir – George Lucas (1977)

Une légende est née !

Une légende est née !

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine….

C’est une époque de guerre civile. À bord de vaisseaux spatiaux opérant à partir d’une base cachée, les Rebelles ont remporté leur première victoire sur le maléfique Empire galactique. Au cours de la bataille, des espions rebelles ont réussi à dérober les plans secrets de l’arme absolue de l’Empire : l’Étoile de la mort, une station spatiale blindée dotée d’un armement assez puissant pour annihiler une planète tout entière. Poursuivie par les sbires sinistres de l’Empire, la princesse Leia file vers sa base dans son vaisseau cosmique, porteuse des plans volés à l’ennemi qui pourront sauver son peuple et restaurer la liberté dans la galaxie…

"- Ouais, pas mal. Attendons la suite..."

« – Ouais, pas mal. Attendons la suite… »

Dans le coeur de nombreux fans, Star Wars est la seule et unique saga qui existe véritablement hors de son carcan cinématographique. Phénomène de société encore perceptible à l’heure où j’écris ces lignes, les différentes manifestations et réunions autour d’elle sont la preuve que Lucas a su créer un univers si intense et si complexe qu’il n’avait pas d’autre choix que de le laisser exister en dehors de ses films. Même si on peut regretter l’aspect mercantile de certains de ses choix, il faut revenir à la genèse de la saga et se concentrer sur ce qui a permis au cinéaste barbu d’allonger sur pellicule des rêves d’enfant et de cinéphile griffonnés avidement sur papier.

L'aventure vient à Luke, au contraire d'Indiana Jones qui va au devant d'elle.

L’aventure vient à Luke, au contraire d’Indiana Jones qui va au devant d’elle.

Un nouvel espoir a été injustement traduit La guerre des étoiles chez nous pour une raison purement commerciale. Le titre original choisi par Lucas ne permettait au public de s’aventurer dans la saga sans gène car il ressemblait à un titre de suite. Chose qu’il est à vrai dire puisque le premier film sorti correspond au quatrième épisode de la saga. Une décision sage qui permet d’intégrer directement une lutte intestine ente le bien et le mal, les Jedis et les Sith par le biais de la formation de Luke Skywalker. De plus, La guerre des étoiles perd un peu de son sens étant donné que la seule étoile entrant en conflit entre les deux factions (les Rebelles et l’Empire Galactique) est celle menaçant la paix spatiale: l’Etoile de la mort (ou Etoile noire). Sa résonance avec le titre de la saga, à une époque où les anglicismes avaient moins libre cour que maintenant, représentaient également une gageure car répétant deux fois le titre, dans deux langues différentes.

Le Falcon Millenium, relique parmi les reliques.

Le Falcon Millenium, relique parmi les reliques.

Empruntant à un large pan de cultures diverses et variés, George Lucas ne renie pas ses différentes sources d’inspirations. Reprenant le squelette scénaristique de La forteresse cachée d’Akira Kurosawa, le film initie une volonté forte d’accréditer la chevalerie romantique comme concept d’une aventure épique à l’envergure importante, à la manière de la légende arthurienne. En effet, un petit groupe de personnages, guidé par l’honneur, l’amour et la naïveté de croire que l’on peut vaincre le mal en faisant le bien, céderont leurs vies et leurs aspirations à lutter dans une aventure aussi bien humaine (ils feront face à un cosmopolitisme racial incroyable) que personnelle (Luke se cherche une raison de vivre). Lucas s’inspire également de la religion bouddhiste pour son concept de Force, de la littérature SF pour ses droïdes et de la seconde guerre mondiale pour armée de l’Empire. Autant d’éléments qui témoignent d’une volonté d’emporter le monde entier dans son sillage.

Le duo formé par les C3-PO et R2-D2 est sans doute le groupe de personnages le plus présent dans le film.

Le duo formé par les C3-PO et R2-D2 est sans doute le groupe de personnages le plus présent du film.

Aujourd’hui encore, le film bluffe par sa capacité à transcender son histoire par des effets spéciaux certes datés mais qui s’inscrivent dans ce qui s’est fait de mieux à l’époque. Si en regardant Un nouvel espoir en 2013 peut prêter à sourire, le film n’en reste pas moins l’un des piliers du genre, donnant une telle profondeur à ces batailles spatiales par une maîtrise du rythme au montage qu’elles en deviennent aussi sensationnelles qu’inoubliables. Quelques effets resteront à jamais cheap et semblaient être souhaités dès le départ (le look de C3-P0 qui ressemble au robot de Metropolis), d’autres auraient pu être évités et ne lui rendent pas forcément justice (les cuts au montage à chaque apparition du sabre laser ou de fermetures de sas sont atroces).

Le bien et le mal s'affrontent dans une chorégraphie pour le moins...particulière.

Le bien et le mal s’affrontent dans une chorégraphie pour le moins…particulière.

Film le plus rentable de tous les temps, cette couronne de lauriers n’est pas uniquement due à son rayonnement mondial mais à son intemporalité scénaristique. En inscrivant sa saga dans une époque aussi bien factice qu’éloignée (le fameux far, far away du générique) et en brassant des thèmes propres à l’être humain (le dépassement de soi, l’amour, l’amitié, l’ouverture d’esprit et la religion), George Lucas permet à sa saga de se nourrir perpétuellement de ce que le monde peut lui fournir pour l’intégrer à son propre monde. Un nouvel espoir, et plus particulièrement la saga tout entière est un microcosme de notre propre société, une mise en abîme de notre monde, simplifié pour toucher aussi bien les adultes que les jeunes.

Un mercenaire, une créature, un vieillard et un fermier. On ne peut pas faire plus hétéroclite.

Un mercenaire, une créature, un vieillard et un fermier. On ne peut pas faire plus hétéroclite.

Chaque personnage apporte une touche d’originalité au projet: que ça soit le candide Luke Skywalker (Mark Hamill et sa bouille juvénile), Chewbacca et son grognement risible, Han Solo (Harrison Ford déjà ultra charismatique) ou Dark Vador et son ambition démesurée de conquête intergalactique (un petit côté hitlérien dans sa démarche). Cette galerie incroyable gagne encore plus en intensité grâce à la composition musicale signée John Williams qui concocte pour l’occasion des thèmes exceptionnels (l’ouverture du film, le bar, l’attaque de l’Etoile Noire) et rend hommage à la dimension opératique voulue par le créateur.

Les vaisseaux ont un design très recherchés.

Les vaisseaux ont un design très recherchés.

15 ans doivent me séparer de mon dernier visionnage de la trilogie originelle et, par contre coup, de cet épisode IV. Mais le charme reste intact et la restauration effectuée pour la sortie du Blu Ray rend hommage au travail effectué pour rendre cette ambiance et cette atmosphère unique (la scène du bar est toujours aussi jouissive). Si on pourra reprocher le scénario quelque peu simpliste, la facilité avec laquelle les Rebelles réussissent leur mission d’exfiltration et cette fin qui, en annonçant une suite directe, bâcle la happy end, on reste tout de même béat d’admiration devant un tel dévouement qui a permis de livrer un divertissement aussi puissant. Lucas croyait si fort à son sujet qu’il a réussi à nous y faire croire également.

8/10

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Fanboys – Kyle Newman (2009)

Quand la fiction empiète sur la réalité...

Quand la fiction empiète sur la réalité…

Star Wars a marqué au fer rouge le coeur de nombreuses personnes. Et que l’on soit fan inconditionnel de la saga ou amateur de science-fiction, on ne peut que s’incliner devant l’univers incommensurable créé par George Lucas lorsqu’il avait encore une étincelle de génie (revendre ses droits à Mickey, c’est pas ce qu’il a fait de plus intelligent). Fanboys ne raconte que cela  comment des personnes, en marge de la société, se nourrissent constamment de cet univers, tels des trous noirs ambulants. Et à défaut d’être sévèrement drôle, c’est particulièrement attachant. Ce qui n’est déjà pas si mal.

A la vie, à la mort. Certains vont très loin dans l'adoration de leurs idoles.

A la vie, à la mort. Certains vont très loin dans l’adoration de leurs idoles.

L’intention est louable mais le résultat n’est pas toujours au rendez-vous. Si quelques gags fonctionnent et certains caméos sont appropriés (celui de Kevin Smith est d’une nullité absolue), l’ensemble reste trop moyen pour convaincre réellement et faire rire aux larmes. Dan Fogler s’est cru aussi bidonnant que Jack Black (c’était déjà le cas dans Balles de feu où il poussait également la chansonnette) sauf qu’il ne fait que l’imiter de manière pathétique. Les autres jouent leur rôle comme ils se doivent et les clichés qu’ils représentent ont des airs de déjà-vu (la geek sexy, le geek à lunettes, le mec qui a les pieds sur terre…).

J'ai du mal à imaginer l'animation qu'il devait y avoir durant la première de l'épisode 1 !

J’ai du mal à imaginer l’animation qu’il devait y avoir durant la première de l’épisode 1 !

Malgré ces défauts, le film reste étonnant d’une part par sa naïveté (« allons faire un road trip qui coûte un bras alors qu’on a pas de travail ») et d’autre part par une énergie communicative à vouloir toujours aller plus loin dans l’hommage (la silhouette du van dans le panneau publicitaire est la meilleure iodée du film). Sa courte durée pèse également dans la balance car elle permet d’apprécier le film à sa juste valeur: une comédie bercée par la nostalgie d’une époque et l’amour d’un mythe du cinéma. Une mise en abîme du 7ème art qui fait plaisir à voir tant il est vrai que de tels aficionados existent, permettant de perpétuer des idées et un savoir illimité à force de réflexion au plus inculte d’entre nous.

Les bruitages originaux repris pour l'occasion permettent de ne jamais tourner en dérision l'objet du désir.

Les bruitages originaux repris pour l’occasion permettent de ne jamais tourner en dérision l’objet du désir.

On est quand même très loin de la réussite mais pas si près non plus du ratage. Fanboys est un film qui se laisse regarder, un film qui fait le point sur les proportions que peuvent prendre une passion et c’est avant toute chose celle du cinéma qui nous est présentée là. Et je ne peux que m’incliner devant la Force de cet art.

6,5/10

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John Carter – Andrew Stanton

Je donne toute ma fortune sur celui qui me ramènera le scalp du doubleur français de John Carter...

Grand Edgar Rice Burroughs Exumé, autrement dit GERBE lorsqu’elle est confiée à un petit studio répondant au nom de Walt Disney. Un héros d’une virilité sans bornes, de l’action en barres et une princesse aussi sensuelle que charismatique. Tous les ingrédients étaient là pour forger un divertissement haut de gamme. Et haut de gamme il l’est, mais dans la fainéantise. Une mise en scène relativement plate, un acteur inexpressif et…et c’est déjà pas mal.

Les scènes réhabilitées par Georges Lucas sont légions.

Père de Tarzan, Burroughs aurait été fier de lui aujourd’hui. Alors qu’à l’époque de la parution de sa première histoire mettant en scène un confédéré en cavale qui voyage entre les planètes avait fait sourire, John Carter se retrouve adapté sur grand écran. Mais trop tard malheureusement. Toutes les fabuleuses idées que l’écrivain avait semé ont germé pour donner de plus ou moins belles plantes, celui ayant parfaitement su intégrer l’imagination foisonnante de son ancêtre étant Georges Lucas en personne. De nombreuses choses, qu’elles soient infimes ou grosses comme le nez au milieu de la figure (la main coupée, les Jedaks) renvoie aux évangiles qu’ont été les histoires de John Carter pour de nombreuses personnes en quête de voyages et d’aventures. Le contre-coup est donc fatal pour John Carter car vu avec un regard étranger à tout ça, c’est du déjà vu pour le spectateur.

Une vraie princesse doit faire fantasmer le héros. A moins que John Carter soit gay, j'vois pas ce qu'il lui faut d'autre là !

Néanmoins, le film a son identité propre et un charme exotique qui transporte. Le parti pris esthétique est dépaysant à souhait, nous plongeant directement au cœur de Mars sans préliminaires. L’immersion est complète et l’identification au personnage principal parfaite. Mais y’a ce petit truc, ce côté enfantin, qui bousille tout. Certes, c’est avant tout un divertissement et Disney oblige, les ennemis ont le sang bleu (ou alors c’est que ça se passe comme ça sur Mars). Mais même dans les scènes censées émouvoir (comme le carnage ponctué de flashbacks mélancoliques), on assiste impuissant à un une scène risible qui vire au ridicule et efface aussi rapidement qu’elle est apparue la figure matrimoniale.

Le sous-texte écologique est également omniprésent entre la cité d'Helium et ces vaisseaux aux ailes photovoltaïques.

En deçà de mes attentes, John Carter assure tout de même le spectacle. Sans se placer au panthéon du genre, il apporte un peu de fraîcheur à un genre souvent trop réduit à la saga Star Wars, même si la qualité est bien inférieure à ce qu’elle aurait pu être.

7/10

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