Archives de Tag: romance

Bellflower – Evan Glodell (2011)

Bellflower

Il ne suffit pas d’être tapageur ou provocateur pour s’élever au panthéon des œuvres underground culte. Il faut aussi que le sujet traité est un minimum de cohérence, que la patte artistique soit au service du scénario et que le projet ne soit pas une finalité en soi. Doté d’une esthétique assez repoussante pour certains, Bellflower surprend son monde en allant chercher du côté le plus crade et inutilisable du spectre des couleurs, rendant sa pellicule dégoulinante, sale et donc underground. Mais tout n’est pas dans l’apparence, surtout lorsqu’on cherche à mettre en scène des personnages à l’avenir incertain, sans morale et au nihilisme incroyablement porté aux nues.

Bellflower couple

Si le film ne fonctionne pas, c’est par ce trop plein de bonne volonté qui rendent l’expérience trop auteurisante, trop froide. Evan Glodell semble vouloir mettre en image tout ce qu’il aime dans le cinéma, utilisant des procédés qui n’ont pas toujours leur place et qui empêchent toute, si toutefois il y en a une. Car l’idée de romance dépeinte à travers les yeux de ce fan hardcore de Mad Max nécessiterait des heures de psychiatrie. Vulgaires adulescents en quête de sensations fortes, leur passage à l’âge adulte doit être à marquer d’une pierre blanche, aussi restent-ils perpétuellement abreuvés d’alcool, en quête du déclic qui va les faire vriller.

Bellflower voiture

Et tous ces flash-back et flash-forwards incompréhensibles, cherchant à donner un aspect faussement intello au film, ne font que souligner la limite d’un tel exercice de style. Bellflower aurait du se contenter d’être un court métrage et aurait ainsi gagner en intensité et en sincérité.

5,5/10

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Le cheik – George Melford (1921)

Le Cheik

Si on regarde le film sans se soucier du tournant qu’il a marqué dans l’industrie du cinéma, on ne peut y voir qu’une vulgaire romance niaise que l’on a déjà vue et revue en mille fois mieux depuis. Mais lorsqu’on se penche sur son cas, on se rend vite compte que Le Cheik, malgré sa volonté à séduire uniquement un public féminin (Rudolph Valentino en lead, charme de l’exotisme), n’a pas volé son statut d’oeuvre polémique tant dans la manière d’aborder la culture moyen-orientale que de rendre une Européenne victime du machisme d’un Arabe. A l’époque, les lois sont bien loin de prôner les relations mixtes, taxées de contre nature et de sauvage. Si le film ne reste pas dans les mémoires pour la qualité de sa mise en scène ou de son scénario, le tollé qu’il provoqua permet de se rendre de l’absurdité qui régnait à cette époque et des risque pris par de gros studios de production, ce qu’on ne verrait plus de nos jours. A regarder avec un œil averti et ne pas s’attendre à un chef d’oeuvre.

4/10

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Poulet aux prunes – Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud (2011)

Poulet aux prunes

Le public français entretient un lien très particulier avec la bande dessinée. Alors quand sort Poulet aux prunes, difficile pour lui de le trouver réussi. Mélangeant sans cesse différentes formes visuelles de narrations (dessin animé, sitcom, souvenirs oniriques,…), il peut contrarier le spectateur qui s’attendait alors à voir une adaptation (à l’instar de Persépolis) ou un véritable film. Il est vrai qu’en plus de ces choix originaux de mise en scène s’ajoutent un gros problème de rythme. On passe du rire aux larmes mais sans réelle transition (juste des encarts) et sans véritablement rire à gorges déployées ou pleurer à chaudes larmes. Constamment le cul entre deux chaises, Poulet aux prunes étonne par ses partis pris (Mathieu Amalric incarnant un Iranien de Téhéran) et sa liberté de ton.

Poulet aux prunes réunion

L’idée de faire défiler la vie du violoniste devant nos yeux alors qu’il attend sa mort est très riche. Prenant une idée basique pour la contourner et la transformer en histoire d’amour à rebours, la mort devient mélancolique, paresseuse et même surprenante. Si la première partie du film consiste à nous dépeindre la situation du personnage et nous livrer une description des gens qui l’entoure, nécessaire à la pleine compréhension de la romance qui suivra, elle baigne dans un océan de clichés qui étaient parfaitement évitables (la mère, le fils, le frère). Si ce microcosme fonctionne comme un véritable système solaire et que chaque personnage influe sur le déroulement de l’intrigue, il n’en va pas de même pour tout le monde. Aussi la fille d’Amalric est reléguée au second plan, tout comme Azraël qui, même s’il est le narrateur, aurait mérité plus de place (l’intervention d’Edouard Baer est géniale).

Poulet aux prunes romance

Reste quelques très bons moments (le passage sitcom est excellent), une photo magnifique, une jolie B.O teintée de nostalgie et une Golshifteh Farahani charmante. Ce Poulet aux prunes à un fumet délicieux, ouvre l’appétit par ses bonnes idées mais reste sur l’estomac après l’avoir dégusté. Pas sûr que le goût, pourtant savoureux au premier abord, reste en bouche très longtemps.

6,5/10

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A fleur de peau – Steven Soderbergh (1995)

A fleur de peau

 

Je peux sans trop prendre de risque affirmer qu’A fleur de peau est le film de Soderbergh qui possède la meilleure mise en scène. Toujours au service du mystère qui flotte au dessus du personnage de Gallagher, elle n’est jamais trop envahissante, jamais télévisuelle et donne un aspect romantico-dramatique à l’ensemble du film. Sans être inoubliable, le film parvient à charmer par son côté brut (des ellipses à tout bout de champ ponctuent la narration) et la qualité de ses interprètes (mention spéciale à William Fichtner qui fout les jetons). Le véritable reproche à lui faire serait qu’il ne sombre pas assez dans le film noir pour gagner en profondeur. La romance est survolée et le casse trop peu goupillé pour qu’on puisse faire entrer A fleur de peau dans la case du vrai thriller. Si certains thèmes sensibles sont bel et bien présents et renvoie encore une fois à l’aspect social de la filmographie de Soderbergh, il a su tirer parti du remake de cette adaptation pour montrer qu’il savait également faire des films de commande sans déborder.

7/10

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Mariage à l’anglaise – Dan Mazer (2013)

Une comédie à la Hugh Grant...sans Hugh Grant.

Une comédie à la Hugh Grant…sans Hugh Grant.

Les comédies romantiques se suivent et se ressemblent malheureusement. Si la caution Rose Byrne reste l’argument principal qui m’a poussé à aller voir ce film, on ne peut pas dire qu’elle sorte du lot et que son talent comique soit sidérant. Loin d’avoir un rythme constant dans l’humour, le début du film envoie du lourd mais le soufflet retombe vite. Ainsi, au bout de 20 minutes de film, on rentre dans une sorte de routine où on sourit juste aux quelques blagues lancées nonchalamment avec un flegme des plus britanniques. Une routine qui ressemble à celle qui doit s’installer durant le mariage.

Le discours du témoin est hilarant.

Le discours du témoin est hilarant.

Le problème, c’est que l’aspect comédie ne sert qu’à amener un aspect romantique assez niais. C’est le lot commun de nombreux films de ce genre mais ça me chagrine d’autant plus que les soucis du couple auraient pu amener un vent de fraîcheur et une remise en question de l’institution. Malheureusement, c’est trop gentil et trop fleur bleue pour me satisfaire. Reste des situations très cocasses qui méritent le détour et Rose Byrne toujours aussi pétillante.

4,5/10

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