Archives de Tag: parodie

Piranhas – Joe Dante (1978)

Piranhas

Premier vrai long métrage de Joe Dante, cette collaboration avec Roger Corman n’est pas uniquement synonyme de déception. En parodiant Les dents de la mer de Spielberg, ce dernier va s’enticher du tout jeune réalisateur et lui proposer ce qui sera son plus grand succès: Gremlins. Si Piranhas n’a pas de patte particulière, il permet déjà de se rendre compte que Dante a de l’humour et une envie d’en découdre avec l’autorité. Sous son sous-texte politique ridicule, il clame haut et fort un amour immodéré pour la comédie mâtinée d’horreur, sans arriver à rendre véritablement attachant ses personnages. Il faut aussi compter sur les débuts du magicien des effets spéciaux Rob Bottin qui voit son travail gâché par des plans qui ne mettent jamais en avant la menace. Se devant de mettre sa dose de sexe et violence, Dante nous gratifie d’une paire de plans boobs complètement gratuits, uniquement présents pour satisfaire au cahier des charges. Heureusement pour lui qu’on lui aura tout de même laissé sa chance grâce à cet essai.

4/10

Publicités
Tagué , , , , , , ,

Indiana Jones et le temple maudit – Steven Spielberg (1984)

Plus sombre et plus...enfantin ?

Plus sombre et plus…enfantin ?

Vilain petit canard de la trilogie originelle, Indiana Jones et le temple maudit est le film plus boudé de la saga (par le public et le réalisateur) et celui qui prend le plus de risques. Cette envie de dévoiler une face cachée de l’entertainment vient clairement de Georges Lucas qui, à l’instar de L’empire contre-attaque, voulait un épisode médian plus obscur. Le revers de la médaille pour tout aventurier qui se respecte, mettant ainsi à mal son icône de baroudeur (il frappe une femme et un enfant dans le film) et la notoriété d’Harrison Ford acquise avec Les Aventuriers de l’arche perdue. Malgré son très large succès au box-office, les fans considèrent que Spielberg a emprunté la mauvaise voie et s’est fourvoyé dans l’ego sur-dimensionné de Georges Lucas qui prend de plus en plus d’importance dans les choix artistiques de la saga, Indiana Jones étant au départ sa création.

Il doit pas fumer que des feuilles de thé le chef du village...

Il doit pas fumer que des feuilles de thé le chef du village…

Malgré la noirceur de certaines scènes (le sacrifice humain, les enfants esclaves), l’humour est omniprésent et même un peu trop encombrant. Cette préquelle (il se situe en 1935 alors que le premier se passe en 1936) est coincé entre la suite qui cherche à emprunter un virage pour ne pas faire de surplace et celle qui se repose sur ses acquis en parodiant tout ce qui fonctionnait à merveille auparavant. Un choix cornélien qui n’a jamais été véritablement pris tant on ressent une hésitation dans le ton à donner au film mais aussi à la franchise. Même s’il est plus spectaculaire dans son action (le pont suspendu) et dans ses décors (l’autel de sacrifice, le temple du maharadjah), il reste bon enfant dans le développement de ses personnages, la faute à des gags à répétition qui plombent les dialogues.

Le mauvais goût des hôtes du dîner est en parfaite harmonie avec celui de l'humour.

Le mauvais goût des hôtes du dîner est en parfaite harmonie avec celui de l’humour.

C’est d’ailleurs la seule figure féminine (encore) qui alourdit le tout par ses répliques de potiche et son caractère en adéquation. Loin de la figure féministe du premier opus (Marion était une femme forte et indépendante), Willie multiplie les gaffes et ne semble s’éclairer que sous la présence d’une personne de sexe masculin. Un faire-valoir exacerbant davantage le côté macho d’Indiana qui ne la considère jamais comme une véritable adulte. Exubérante (la part citadine du film), avare, elle est davantage un boulet aux pieds de l’archéologue qu’une voyageuse invétérée, à mille lieux de la nature et de sa richesse. Son côté superficiel, allié à une magnifique scream queen, en fait donc un personnage majeur mais qui aurait mérité d’être traité plus sérieusement.

Spielberg n'oublie pas d'alimenter le mythe de l'aventurier.

Spielberg n’oublie pas d’alimenter le mythe de l’aventurier.

Largement influencé par sa découverte des aventures de Tintin, le cinéaste pioche allègrement dans l’imaginaire d’Hergé pour pimenter son film et rendre hommage à ce créateur découvert sur le tard. Demi-Lune n’est donc que le cousin germain de Tchang, ami fidèle du héros qui n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour sauver la sienne. On remarque d’ailleurs que la Chine est le seul ennemi (avec les Thugs) d’Indiana, leur ferveur dans le communisme exacerbée par un Mao Zedong en pleine possession de son pouvoir. Une nouvelle bousculade politique qui, même si elle est traitée avec le dos de la cuillère, rappelle que les péripéties de l’aventurier ont toujours un arrière goût de seconde guerre mondiale imminente.

L'ennemi est avare, répugnant et sournois.

L’ennemi est avare, répugnant et sournois.

Introduisant son film comme une comédie musicale, Spielberg laisse exploser son amour du grand spectacle dans une chorégraphie inspirée et une mise en scène sublimant son actrice. Il le refera plus tard durant la scène du sacrifice, l’autel dédié à la cérémonie et le décor intérieur en totalité ressemblant étrangement à une salle d’opéra (le petit groupe caché sur un surplomb rappelant étrangement le balcon et la lave bouillonnante dans la fissure terrestre représentant la fosse de l’orchestre). La musique est moins entêtante que précédemment mais les bruitages semblent plus travaillés. Indiana Jones et le temple maudit n’arrive jamais à avoir une balance droite. Chaque élément ajouté la fait inexorablement pencher du côté sombre et mature ou du côté divertissant et parodique.

Toutes les babioles de WIllie ne nous font pas oublier le caractère bien trempé de Marion.

Toutes les babioles de Willie ne nous font pas oublier le caractère bien trempé de Marion.

Moins accrocheur sur la durée (l’intrigue est plus faiblarde), plus ancré dans l’esprit serialesque auquel la saga fait hommage (le côté horrifique), ce second opus est une réussite en demie-teinte. Même si la magie opère toujours avec autant d’efficacité, on ressort déçu de la tournure que prend la saga et on croise les doigts pour que la saga ne se termine pas en déconfiture. Les personnages à peine esquissés, les situations rocambolesques (on se croirait presque devant un cartoon) voire les incohérences grossières (Demi-Lune tape sur ses chaînes pour les briser alors qu’après, on le voit courir libéré de ses fers) sont tout un tas d’éléments à mettre au crédit de la douche froide qu’ont ressenti les critiques de l’époque.

C'est vachement violent pour des enfants à peine entrés dans l'adolescence.

C’est vachement violent pour des enfants à peine entrés dans l’adolescence.

On gardera quand même à l’esprit que le duo Spielberg/Lucas a pris d’immenses risques en tentant de rendre plus adulte le traitement apporté aux méchants de l’histoire et qu’en plein milieu d’une saga attendue par des milliers de personnes, il n’est pas toujours facile de mettre ses envies au service de sa volonté artistique plutôt qu’à celle du public.

7/10

Tagué , , , , , , ,

Just Heroes – John Woo & Ma Wu (1989)

Un John Woo très mineur mais un John Woo quand même !

Un John Woo très mineur mais un John Woo quand même !

En voulant insérer le DVD du film Les associés de John Woo, je tombe par surprise sur ce Just Heroes qui m’avait l’air plus hard boiled. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin ce soir. Mais par malchance, j’ai eu à faire à un Woo qui n’arrive pas à éviter la redite et qui se plagie allègrement pour délivrer une parodie sérieuse de ses plus grands films (silence derrière…) période HK. Il est évident qu’il est le maître incontesté du film d’action (arrêtez de rire !) hong-kongais mais j’ai trouvé autant de nostalgie que de paresse dans cet ersatz d’A Better Tomorrow.

La rivalité entre frères d'armes est le thème invincible de la filmographie de Woo.

La rivalité entre frères d’armes est le thème invincible de la filmographie de Woo.

Nous gratifiant d’une ouverture exceptionnelle où il semble toujours aussi à l’aise avec ses fameux gunfights qu’on ne présente plus, sa caméra se repose le reste du temps, n’assurant que le minimum syndical et repiochant dans tout ce qu’il a déjà abordé en mieux dans ses oeuvres précédentes ou suivantes. Une sorte de récréation jubilatoire qui excelle par ses fusillades généreuses mais qui ne suffit pourtant pas à hisser Just Heroes au panthéon. La synchronisation des dialogues est vraiment pourrie durant les scènes pluvieuses, témoin muet que le cinéaste ne s’est pas assez investi dans son film qui sort la même année que l’impeccable The Killer.

Ça doit à peu près ressembler dans la tête de Woo quand il réfléchit à la chorégraphie d'une fusillade.

Ça doit à peu près ressembler dans la tête de Woo quand il réfléchit à la chorégraphie d’une fusillade.

La rançon du succès serait-elle due à sa collaboration fructueuse avec le charismatique Chow Yun Fat, sa muse qu’il s’amuse à percer de trous au fur et à mesure de ses tournages ? On est en droit de le penser tant cet académisme dont il fait preuve avec Just Heroes ne lui ressemble pas. Il ne prend aucun risque, sauf durant l’action. Et même lors de ses scènes tant attendues, on a une vague impression de déjà-vu. Est-ce que Woo est mort pour autant ? Clair que non puisqu’il sortira 3 ans plus tard A toute épreuve qui reste le summum indétrônable de sa filmographie.

" - Jack, tu retires tout ce que t'as dit de méchant sur le boss illico presto !"

 » – Jack, tu retires tout ce que t’as dit de méchant sur le boss illico presto ! »

Je ne le blâme pas d’avoir voulu faire une pause car il nous a pondu quelques chefs d’oeuvres par la suite. Il est juste regrettable qu’il n’ait pas utilisé à meilleur escient tout cet argent gaspillé pour réaliser un film mineur qui ne restera pas dans les annales de son cinéma burné.

6/10

Tagué , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :