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La queue du scorpion – Sergio Martino (1971)

J'aime bien les giallos quand y'a une enquête derrière.

J’aime bien les giallos mais j’aime encore plus les polars.

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis vraiment dans une ambiance horrifique car à chaque touche tapée de la main droite, mon sang se répand sur le clavier de mon ordinateur. Bon, peut être pas de manière aussi soutenu que les plaies des victimes de Martino mais assez pour ne pas m’éviter des allers-retours redondants dans la salle de bains. J’ai donc fait durer plus que de raison La queue du scorpion qui a tout de même réussi à conserver tout son charme malgré les interruptions répétées que je lui ai fait subir. Je suis très peu calé en giallo pour étaler ma culture aussi devrais je comparer au maestro du genre Argento.

Toujours donner des indices avant qu'on découvre par nous même, c'est vraiment une manière italienne d'opérer le suspense.

Toujours donner des indices avant qu’on trouve par nous même, c’est vraiment une manière italienne d’opérer le suspense…

Chez Martino, l’enquête policière n’est clairement pas présente pour mettre en valeur des crimes de plus en plus pervers ou esthétiques. Même s’ils le sont (l’effraction chez la femme de Baumer), l’intrigue est primordiale si l’on veut s’intéresser un tant soit peu aux personnages. Et l’enquête contient son lot de rebondissements qui suffisent à nous tenir en haleine, le tout ponctué par des meurtres dans la plus pure tradition du genre. Même si au début, le tueur ressemble comme deux gouttes à La Crampe de Pulp Fiction, il va s’humaniser de plus en plus, perdant son style singulier, jusqu’à prendre les traits du coupable qui, comme dans un roman d’Agatha Christie, n’est pas celui qu’on croit.

L'aspect phallique des armes blanches n'aura échappé à personne.

L’aspect phallique des armes blanches n’aura échappé à personne.

Plantant ses victimes comme s’il les violaient, le tueur incarne réellement quelque chose d’insaisissable  autant au niveau physique (il est malmené à plusieurs reprises) que psychologique. Les inspecteurs le décriront tantôt comme un Arsène Lupin lubrique, tantôt comme un obsédé sexuel frustré. Une manière ingénieuse de brouiller les pistes et de délivrer un final sympathique. La queue du scorpion s’abat alors sur le spectateur et le venin fait son effet: douloureux, mortel mais relaxant.

7,5/10

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Suspiria (1977)

« Sans puissance, la maîtrise n’est rien ». Ca s’applique aussi au cinéma !

Avant toute chose, je ne suis pas un fervent admirateur du cinéma de Dario Argento. Entendez par là que je n’ai vu que 3 de ses films et que de ce fait, il ne me sera impossible de mettre en parallèle Suspiria avec le reste de sa filmographie. Cependant, si mon avis compte pour quelque chose et qu’un œil novice en la matière peut s’y attarder, j’ai trouvé ça très surfait. Le film se trimballe une étiquette de chef d’œuvre et j’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé la raison d’un tel emballement.

Le taxi est la seule difficulté linguistique que la jeune danseuse va rencontrer.

Faisant d’abord le tour des choses qui font que l’on doit s’attarder sur Suspiria. Les jeux de lumières et de couleurs sont vraiment impressionnants. L’univers visuel tend à transformer une simple histoire d’épouvante en véritable conte morbide. Alice aux pays des horreurs. Les acteurs sont relativement bons même si je n’ai pas du tout aimé le parti pris pour les dialogues: une Américaine vient étudier la danse en Allemagne et tout le monde parle…italien ! Arrêtez moi si je me trompe mais est-ce que la barrière de langue ou les mauvaises prononciations de dialogues en anglais n’aurait pas pu renforcer l’immersion du spectateur et permettre de jouer sur des quiproquos entre ce que voit la jeune danseuse et ce qu’elle comprend ? Mais les critiques sont pour plus tard… La musique minimaliste joue parfaitement son rôle et amène une ambiance pesante dans cette académie aux couloirs sombres et couleur sang. La mise en scène est certainement le point fort du film avec de multiples travellings fluides et aériens et une photo irréprochable.

Le rouge est la couleur la plus prononcée tout au long du film. Elle apparaît dès le début, dans l’aéroport.

Mais justement ! Est-ce qu’il faut enchaîner les plans incroyablement beaux et aligner les photos les plus extraordinaires pour faire d’un simple film un chef d’œuvre ? Car simple, il l’est dans son traitement et son scénario, qui est somme toute assez basique. Mais ça n’est pas le point négatif du film. De nombreux autres scénarios minimalistes sont nés des chefs d’œuvres intemporels. Il est juste étrange que Suspiria se pose comme l’un des meilleurs films horrifiques de tout les temps alors que la fin est complètement bâclée. Malgré la rapidité avec laquelle la jeunette se charge de la sorcière, on ne peut qu’admirer tout le travail de fond, les jeux d’ombres, le suspense creshendo et le thème principal qui revient comme pour nous hanter. Mais poser les bases de son film sur une sorcière qui occuperait l’établissement et torcher en 5 minutes le final, c’est juste du foutage de gueule.

Tout ça pour ça ?! Et puis tout s’écroule, comme le film…

Non sans rire, c’était une idée originale de prendre une histoire de fantôme (en l’occurrence de sorcière), le genre d’histoire que l’on raconte au coin d’un feu dans les bois, et d’en faire un long métrage. Mais si c’est pour que le soufflé retombe aussi vite qu’il est monté, on ne peut qu’en rire. Et même si l’image du zombie armé d’un couteau restera culte et a hanté ma nuit, ça reste peu pour s’attirer une telle réputation, d’autant plus que s’il s’agit d’un des meilleurs films du réalisateur, ça me donne moyennement envie de voir la suite…

6,5/10

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