Archives de Tag: invasion

Mulberry Street – Jim Mickle (2006)

Mulberry Street

Mais qu’est-ce que c’est que cette purge ? Sous ses airs de film social s’imprégnant du quotidien d’habitants de l’un des quartiers les plus pauvres de New York, Mulberry Street est une vaste arnaque qui ne laisse apparaître son côté horrifique qu’après 45 minutes de bobine. Autant dire un calvaire tant la dimension humaine du script est d’une nullité affligeante, flirtant même sur des traumatismes post-11 Septembre pour le rendre plus dramatique, alors qu’on ne parvient à s’attacher à personne. Ecrire plus de lignes sur ce film serait une perte de temps. Je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin…

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Oblivion – Joseph Kosinski (2013)

Non, ça n'est pas l'adaptation du célèbre jeu vidéo. Tant mieux !

Une tentative intéressante de renouer avec de la science-fiction intelligente et populaire !

On sait pertinemment que voir Tom Cruise en tête d’affiche d’un film, ça n’est en rien un gage de qualité. S’il ne prend pas la grosse tête en s’attribuant des personnages mis en avant de manière écœurante  transformant ainsi un long métrage en une bande démo cinématographique (Mission Impossible 3 par exemple), il ne parvient que très rarement à amener de la subtilité dans son jeu et les sentiments qu’il doit retranscrire. Une aubaine pour lui avec cet Oblivion qui réunit les deux arguments principaux qui permettent de se payer ses « talents ». D’une part, la galerie de personnages est très restreinte; d’autre part, l’émotion quasi inexistante de ces personnages trouve une explication rationnelle.

Foulant seul le sol d'une Terre dévastée, Jack Harper a tout le temps de se remettre en question.

Foulant seul le sol d’une Terre dévastée, Jack Harper a tout le temps de se remettre en question.

Si le scénario paraît original de prime abord, il se révèle au fur et à mesure du visionnage sous exploité et d’un manichéisme dérisoire. Les humains, cherchant à protéger leur planète, vont être soumis à une invasion extraterrestre qui va les pousser à détruire la Terre pour mieux la sauvegarder. Un sous-texte écologique intéressant où l’homme est prêt à sacrifier sa terre et ses ressources pour empêcher que l’envahisseur ne profite de ses richesses naturelles. Une fois la surface victime d’un taux de radiations trop élevé, les humains préfèrent s’exiler en hauteur, tout en cherchant à garder un œil bienveillant sur leur planète bleue. L’être humain est rapidement esquissé: prêt à détruire ce qu’il a de plus cher par amour et par fierté, mais aussi par égoïsme.

Certains plans sont d'une maîtrise folle et d'un esthétisme léché.

Certains plans sont d’une maîtrise folle et d’un esthétisme léché.

Si l’humain apparaît rapidement comme une personne dénuée d’émotion, il en va de même de la mise en scène. Même si elle brille par sa qualité plastique, sa photographie exemplaire, ses effets spéciaux bluffants, elle pêche par un manque de vitalité qui ne parvient jamais à nous faire oublier que nous sommes devant un film. Là où les grands classiques de la science-fiction parvenait à insuffler une personnalité à leurs extérieurs (Blade Runner sur le haut du podium), Oblivion reste trop propre sur lui pour qu’on croit à ce monde dévasté. Ajouté aux quelques choix perfectibles (certaines scènes sont ridicules, Tom Cruise tirant sur un drone en étant la preuve) et aux incohérences scénaristiques, le film est loin de se hisser au rang des plus grands. Au pire peut-il espérer trôner sur le podium des blockbusters SF.

L'aspect clinique de la Tour procure un contraste fulgurant avec l'abandon de la Terre.

L’aspect clinique de la Tour procure un contraste fulgurant avec l’abandon de la Terre.

La tête dans les nuages, rêvant d’un monde nouveau en se prenant pour des Dieux, la nature humaine pêchent par excès de confiance. Et le message d’espoir distillé dans le scénario appartient beaucoup trop au monde du cliché éculé que de la réflexion profonde et aboutie. Si le début d’Oblivion nous amène à croire que l’expérience sera convaincante, on retombe trop rapidement dans le côté décomplexé et caricatural de la science-fiction et la déception est d’autant plus grande que le sujet semblait propice à un débat cinématographique de plusieurs thèmes prédominants dans l’inconscient collectif: la peur du nucléaire, le réchauffement climatique, la peur de l’étranger, les élites,…

L'apparition de Morgan Freeman a provoqué des ricanements de hyènes à de nombreux endroits de la salle...

L’apparition de Morgan Freeman a provoqué des ricanements de hyènes dans l’ensemble de la salle…

En invoquant les fantômes de films réussis plus ou moins récents (Moon, 2001: l’odyssée de l’espace,…), Oblivion s’empêche de sortir du lot mais reconnaît tout de même que son scénario est constitué de milliards de petits trous fait d’incohérences et de contre-sens qui rendent la lecture du film prévisible. S’il arrivera à coup sûr à séduire la majeure partie du public friand d’action camouflée derrière un pseudo-message intellectuel, il en faudra bien plus pour rallier à sa cause les fans avide de messages science-fictionnels. Mais la tentative est louable et le résultat est splendide visuellement. Mais cette beauté graphique, à couper le souffle, est l’arbre qui cache la forêt. Et celle-ci est dense et déjà habitée par de grands noms de la littérature et du cinéma de genre.

7/10

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La chute de la Maison Blanche – Antoine Fuqua (2013)

C'est toujours jouissif de voir les Américains se prendre une grosse branlée !

C’est toujours jouissif de voir les Américains se prendre une grosse branlée !

Alors qu’on pourrait croire à la vue de l’affiche qu’on va se retrouver en face d’un clip patriotique, cherchant à embrigader par des notions séculaires de vaillance et d’honneur des jeunes désoeuvrés, Antoine Fuqua détourne les attentes de certains et les craintes des d’autres en livrant un actionner aussi efficace qu’inattendu. Dans la droite lignée des Die Hard (on pense énormément à Une journée en enfer), La chute de la Maison Blanche n’épargne pas les Américains et leur statut de « maîtres du monde », les mettant en proie à une menace fantôme qui montre que leur pseudo-invincibilité n’est pas si méritée que ça. Une prise de risque honorable dans une production estampillé 100% américaine.

Gerard Butler est une vraie réponse à John McClane.

Gerard Butler est une vraie réponse à John McClane.

Cependant, je suis conscient qu’il s’agit d’un film et qu’il ne reflète en rien la réalité. Mais lorsqu’on cherche à créer de l’empathie avec un fait possible ou probable qui toucherait la plus puissante force mondiale (avec la Chine, il ne faut plus se leurrer), on emprunte quand même aux traumas et aux peurs des citoyens et des gouvernements, américains en premier lieu mais pouvant prendre une proportion mondiale et s’appliquer à de nombreux pays qui sont susceptibles d’être dans la ligne de mire de dictatures ou de pays oppressés (notre entrée en guerre au Mali peut éventuellement donner lieu à ce genre de scénarios catastrophes). Ce qui est d’autant plus intéressant dans ce film, c’est la balance constante entre patriotisme exacerbé (les discours du président, l’homme patriote) et pertes humiliantes (destruction de l’Obélisque, bannière étoilée mitraillée, innocents tués par dizaine).

Y'a des plans tellement jouissifs !

Y’a des plans tellement jouissifs !

Avec Du plomb dans la tête, on est servis en terme de nostalgie. Le film de Fuqua est un retour aux sources, directement ancré dans les années 80 où l’action ne servait que la forme et non le fond. Gerard Butler s’inscrit dignement dans les plus grandes figures héroïques jamais vu sur grand écran. Son style de baroudeur pétri de punchlines et d’une carrure imposante en fait un homme de terrain plus que suffisant pour passer 2 heures trop courtes en compagnie de ce que les Etats-Unis savent livrer de meilleur en terme de sauveur. D’ailleurs, son héroïsme est passé sous silence à notre plus grande joie, le rendant d’autant plus admirable et évitant ainsi une happy end trop téléphonée. Mais cette fin à un arrière goût de patriotisme gerbant sous prétexte que l’Amérique est capable de se relever de tout et n’importe quoi, sans avoir besoin de le crier sur les toits.

Les hommes de l'ombre sont d'une inefficacité exemplaire, au grand dam du héros.

Les hommes de l’ombre sont d’une inefficacité exemplaire, au grand dam du héros.

En terme d’action, on est bien servis avec des explosions dantesques (d’ailleurs les références à la mythologie sont omniprésentes), des fusillades nourries, des headshots violents et nombreux. Banning ne s’ennuie jamais et avance, tel un minotaure enragé, dans les couloirs labyrinthiques de la Maison Blanche, à la recherche de pauvre Nord-Coréens perdus loin de chez eux. Jeu de cache-cache en huis-clos géant, le rythme est soutenu tout du long avec des interventions fréquentes du Pentagone, permettant de souffler entre deux combats musclés. La VF est plutôt bonne à ma grande surprise, même si on perd en iconisation lors de punchlines qui s’avéraient puissantes en version originale et qui perdent en intensité une fois traduites.

Pour faire chuter la Maison Blanche, la Corée n'y va pas par 4 chemins.

Pour faire chuter la Maison Blanche, la Corée n’y va pas par 4 chemins.

Généreux, encourageant pour la suite de la carrière de Butler, efficace dans sa capacité à livrer aux spectateur un concentré d’action pure et brutale, Antoine Fuqua fait carton plein et offre un film d’action couillu et old school, pour le bonheur des vieux et, espérons-le, des jeunes, qui peuvent se mettre à apprécier des légendes vivantes, comme nous le faisions étant plus jeunes avec Schwarzy, Stallone et cie.

7/10

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Battleship – Peter Berg

En essayant de toucher un large public, Berg a coulé sa réputation en se transformant en ersatz de Michael Bay.

Depuis que Peter Berg a adapté le célèbre jeu de bataille navale sur grand écran, les studios américains s’empressent d’acquérir les droits d’autres jeux de société. 2013 verra certainement naître un thriller inspiré de Cluedo, un film d’horreur piochant quelques idées à Dr. Maboule et un drame financier à la Wall Street avec Monopoly en trame de fond (ça, c’est déjà plus faisable et c’est même prévu). Plus sérieusement, lorsque le sponsor Hasbro suit celui d’Universal, on se demande où on a bien pu foutre les pieds.

En exclusivité mondiale, le nouveau prototype d'armure de Tony Stark !

Au début, ça passe. On voit un jeune écervelé amuser la galerie pour enfin s’engager dans la marine. D’emblée, ça montre le niveau des soldats américains. Puis on découvre Liam Neeson qui est venu cachetonner pour faire trois pauvres apparitions inutiles et après l’avoir vu dans The Grey, cette performance est plus que décevante. S’ensuit ensuite la partie fantastique de la bouzasse où les aliens arrivent sur Terre pour établir un contact. Et là, ben c’est du Michael Bay style. Explosions à gogo, nombreuses morts en hors champs (les effets spéciaux destructeurs, ça coûte un bras hein !). Aucune subtilité n’est autorisée.

"- Putain mec, j'avais dit B8 pas D8 !!"
"- Je croyais que le but du jeu s'était de toucher un bateau. Le notre ou celui des ennemis, c'est du pareil au même , non ?"

Les acteurs sont tous plus craignos les uns que les autres, à commencer par un rouquin qui discute les ordres de ses supérieurs, qui chiale comme une fillette, qui prend un air à la Matt Damon alors qu’il est laid comme un pou. Bref, il sert à rien et on a juste envie de le voir se faire éviscérer par une espèce inconnue. Mais non !!! Car Rihanna lui sauve la vie ! RIHANNA ! Ouais, vous m’avez bien entendu ! Alors  en terme de personnages inutiles, je crois que c’est le nouveau mètre étalon du genre. A part mâcher son chewing-gum en balançant des répliques nulles à chier, je me demande ce qu’elle fout là. J’ai même cru à un moment donné qu’elle allait nous taper un a cappella sur le pont du bateau pour remonter le moral des troupes.

Les effets spéciaux sont la seule chose à sauver de ce naufrage cinématographique.

Peter Berg multiplie les scènes comiques (mais sans le vouloir) tout en créant un voile patriotique écœurant autour de ces soldats (je ne vous en dis pas plus). Battleship a eu le mérite de me faire rire et nombreuses sont les comédies qui devraient en prendre de la graine. Tout est dans l’écriture, les mecs.

3,5/10

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