Archives de Tag: Hugh Jackman

Prisoners – Denis Villeneuve (2013)

Prisoners

Continuant sur sa lancée d’un cinéma de plus en plus proche du spectateur à l’aide d’un ultra réalisme amené par la facile identification aux personnages et la mise en scène sobre mais léchée, Villeneuve donne un sacré coup de fouet au polar en signant Prisoners. Après avoir accusé la comparaison avec Zodiac, lequel partage quelques similarités dans son traitement du bourreau et son esthétique visuelle, les deux long métrages sont aux antipodes dans leur vision de l’enquête. Là où le Fincher était minutieux et méticuleux et où les personnages cherchaient à gratter le vernis jusqu’à s’en arracher les ongles, Prisoners ne garde de ce caractère que le professionnalisme de l’inspecteur incarné par Jake Gyllenhaal (tiens, encore une coïncidence), lequel bouffe l’écran à chacune de ses apparitions, évinçant même la prestation tout en férocité de Hugh Jackman. Villeneuve préfère dresser le portrait de deux familles complètement différentes mais réunies dans la douleur. En multipliant les points de vues objectifs (l’enquêteur) et subjectifs (la famille), Villeneuve garde constamment le fil de son enquête durant les 2h30 de bobine et se permet des twists plutôt osés en cours de métrage. Jamais le rythme ne pâtit d’une quelconque longueur et même si la découverte du coupable se fait sans véritable grande surprise à celui qui sait garder les détails en tête, Prisoners a le mérite d’apporter un peu de sang neuf à un genre tombé en désuétude depuis quelques temps.

8,5/10

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Wolverine: le combat de l’immortel – James Mangold (2013)

The Wolverine : Le combat de l'immortel - poster

Alors que l’on aurait du se retrouver avec une entrée dans le monde adulte et mature de Marvel en la compagnie d’Aronofsky à la réalisation et de McQuarrie à l’écriture, les studios ont décidé qu’un blockbuster estival, ça doit être décontracté et pas trop prise de tête, surtout lorsque les bases du personnage ont déjà été posées en 4 films. Pas de réécriture donc pour Logan qui devra continuer à vivre avec les démons du passé (le film se passe après les événements de X-Men 3) et les tares des précédents films. Car même si Mangold parvient à amener le personnage de Wolverine sur un tout nouveau terrain (celui de la lourde charge de l’immortalité), il devra faire avec le lot de punchlines et de pathos qui lui incombe.

Wolverine montagne

Si Mangold n’est pas ce qui se fait de mieux dans l’actionner, il reste tout de même loin de l’image d’un yes man tel que Bryan Singer, qui devait d’abord opérer sur le tournage. Même s’il fait tout son possible pour s’intéresser au maximum à son personnage et tout son background, on voit très nettement qu’il n’était pas le premier de la liste des potentiels réalisateurs voulus, loin s’en faut. Cependant, bien que Wolverine sente à plein nez le pur film alimentaire, il nous gratifie de plans sublimes parvenant à iconiser plus que quiconque ne l’avait fait auparavant le mutant aux griffes acérés. De plus, les paysages sublimes du Japon aidant, le film prend de temps à autre des tournures inattendues en terme d’imagerie.

Wolverine sacrifice

C’est bien simple, si le film était du niveau de la scène d’introduction et de la première demie-heure, on tiendrait un petit bijou chez Marvel. Sauf que l’arrivée en fanfare de Yukio nous ramène à la réalité et plonge l’intrigue dans ce qu’elle n’était pas à la base: faute de rédemption, Logan devra jouer les bodyguards pour une femme héritant de l’industrie de son grand père, qui n’est autre que l’homme qu’il a sauvé durant la seconde guerre mondiale. Un pitch basique qui ne permet jamais au personnage de rebondir sur ses failles et ses questionnements. Wolverine étant le personnage le plus torturé de l’écurie des X-Men, il aurait mérité un traitement beaucoup plus sombre que celui qu’on s’efforce à lui donner: celui d’un action man en puissance, shooté aux stéroïdes, que nul ne peut arrêter.

Wolverine romance

On peut quand même se satisfaire de la volonté des studios d’avoir voulu des cascades en prises de vues réelles, rendant un peu plus vincible Hugh Jackman qui, malgré sa musculature impressionnante, va donner de sa personne pour incarner plus que jamais la part animale de Wolverine (ce plan où sa silhouette se dégage sur un jardin japonais, retirant la lame d’un sabre de son corps, est sublime). Même si certaines scènes sont présentes uniquement pour justifier le côté grand spectacle de l’entreprise (la baston sur le Shinkansen est drôle mais inutile), ça reste très louable de vouloir donner une portée un peu plus humaine et physique jusque dans les affrontements.

Wolverine Nagasaki

Mais il ne faut surtout pas se méprendre. Malgré le sang bel et bien présent sur les griffes de Logan (enfin !), le film reste une enfilades de bagarres, de blagues et de punchlines jusqu’au générique de fin. Même si Mangold respecte la culture japonaise (y’a un tas de clichés quand même) et tente d’inculquer quelques valeurs traditionnelles dans son film, l’intrigue aurait pu se passer dans un autre pays qu’on s’en moquerait éperdument (surtout que normalement, Logan parle couramment japonais). Bref, une semi-réussite vu de où Mangold partait, qui parvient à faire bien mieux que le premier spin-off et le troisième X-Men dont il se veut une suite directe. A la prochaine, Wolvy !

6/10

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