Archives de Tag: horreur

DeepStar Six – Sean S. Cunningham (1989)

DeepStar Six

Sorti la même année qu’Abyss mais surtout Leviathan de Cosmatos (dont il partage sensiblement le même pitch), DeepStar Six, injustement traduit M.A.L: Mutant Aquatique en Liberté en France, est un survival sous-marin comme on en compte des dizaines mais qui sort du lot par quelques idées bien gorasses. Derrière la caméra, le papa du Jason de Crystal Lake soumet son équipe de scientifiques militaires à rude épreuve. Si le scénario est cousu de fil blanc, on lui pardonne par sa capacité à amener de la tension dans un endroit confiné où l’extérieur est aussi mortel que l’intérieur (on pense d’ailleurs pas mal à The Thing et Alien).

DeepStar Six mort

Côté surprise, ce sont les gueules de second couteaux qu’on a déjà croisés dans plein de films du genre qui font plaisir à voir. Même s’ils donnent vie à des caricatures du film de genre (le capitaine black badass, les jeunes tourtereaux, la scientifique ravagée, le psychopathe), ils s’investissent dans leur rôle et ça fait du bien d’en voir certains appartenir au bodycount du film. Pas de quoi se réveiller la nuit mais un bon moment à passer, aussi jouissif que Tremors.

6/10

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Inferno – Dario Argento (1980)

InfernoDeuxième volet de la trilogie des mères (ou trilogie de l’enfer), Inferno est encore plus décevant que Suspiria. Sans se fouler, Argento s’est réapproprié le squelette scénaristique du précédent opus pour le réinvestir dans une histoire somme toute semblable (un tueur opère dans un immeuble). La fainéantise du cinéaste va même jusqu’à réutiliser les mêmes codes narratifs (la pluie battante, l’incendie final, la passion des personnages principaux, le rouge omniprésent). Si certains diront que les trois œuvres forment un tout, je vois là très nettement une idée géniale (Suspiria) réutilisée à outrance pour donner libre cours à des expérimentations bordéliques. Et même si j’arrive facilement à passer outre le kitsch complètement assumé du cinéma d’Argento, j’ai toujours plus de mal lorsque les scénarios sont prétextes à un tel fouillis qu’on se demande s’il ne fume pas la moquette des tapis qui recouvrent le sol de son immeuble sordide.

Inferno les trois mères

Et pourtant, le film démarre fort ! Installant une ambiance oppressante uniquement à l’aide de silences macabres et de jeux de lumières, on baigne dans un fantastique très proche du surnaturel. La scène de baignade prend une tournure agréablement cauchemardesque et ouvre le film sur une transition des plus étranges. Et c’est là que le bât blesse. Car au lieu de se concentrer sur son héroïne qui avait tous les atouts, aussi bien en acting qu’en charme, pour nous repondre un conte qui aurait un arrière goût d’enfer sur terre, il multiplie les personnages tous plus secondaires les uns que les autres, juste histoire d’avoir de la main d’oeuvre pour mettre en image ses multiples meurtres (dont la plupart sont d’une nullité affligeante).

Inferno amphi

Alors que le champ des possibles était immense pour confronter les arts nobles (poésie et musique dans Inferno, à l’instar de la danse dans Suspiria) à l’horreur la plus sèche, on ne fait que tourner en rond dans cet immeuble de grabataires dont la plupart cachent des petits secrets dignes d’un téléfilm pour personnes du troisième âge. Sans queue ni tête, on tourne désespérément en rond, massacrant des personnages à peine esquissés pour garder le cotât gore de la pellicule et continuer à s’inscrire dans le genre. Et que dire du final où les morts d’Evil Dead 3 paraissent plus vrais que natures à côté de cette sorcière dont on se fout complètement et qui ne sert strictement à rien si ce n’est rigoler devant des flammes, comme un bon vieux cliché des familles.

Inferno discussion

Je ne reviendrais même pas sur la partition dégueulasse de Keith Emmerson qui ferait passer le bruit d’une craie sur un tableau noir pour une symphonie de Beethoven. C’est simple, il y a si peu à sauver dans le film qu’on ne peut que se rabattre sur l’introduction ou cette fabuleuse scène de meurtre sur du Verdi, sortie de nulle part qu’elle m’a fait m’interrogé sur l’identité de celui qui la signe tant elle détonne au milieu de cette connerie infâme. L’enfer n’est pas vécu par le personnage principal, dénué du moindre charisme et du moindre talent, mais par le spectateur qui doit s’infliger près de 2 heures de vaines promenades dans de couloirs mal éclairés. Argento ou le réalisateur le plus surestimé du genre.

4,5/10

 

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Dog Soldiers – Neil Marshall (2002)

Dog Soldiers

Je ne vais pas m’étaler sur ce film car ça serait lui accorder plus d’attention que ce que je lui ai déjà accordé et ça pourrait s’interpréter comme du masochisme. Dog Soldiers, c’est vraiment bien pourri. Mais alors bien comme il faut ! Ça bouffe à tous les râteliers sans jamais atteindre la moitié du quart du niveau des films pompés, les acteurs sont ridicules, les dialogues ressemblent aux acteurs et les loups garous ressemblent aux dialogues. Comment on peut sortir ça et ensuite enchaîner sur The Descent ? J’arrive pas à comprendre les avis positifs autour du film ou alors, j’ai du voir un version suédée parce que la mienne, elle était quand même bien dégueulasse ! Et pour enterrer le tout, ça dure quasiment deux longues heures. Deux heures à voir un film amateur qui aurait pu être excellent en court métrage. Du gros foutage de gueule sur ce coup.

1,5/10

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La ferme de la terreur – Wes Craven (1981)

La ferme de la terreur

Déjà, il faut savoir que j’ai du mal avec les films montrant des communautés religieuses fanatiques. Ça tient toujours du gros cliché visible à l’avance et on sait pertinemment qu’ils ne seront pas les coupables (ficelle scénaristique trop facile). Dans La ferme de la terreur, on n’y échappe pas même si les Amish sont souvent représentés comme tel (après tout, chaque cliché contient sa part de vérité). Ici, on a la version bas de gamme des Amish: les Hittites. Et faire un slasher bucolique n’est pas une si mauvaise idée en soi. Le calme apparent des paysages et des habitants disparaît à la nuit tombée pour laisser la place aux préjugés et aux peurs les plus vicieuses. Vivre dans un coin reculé permet aux assassins que personne n’entende crier les victimes. Craven le sait et utilise son univers à bon escient. Et même s’il nous livre des plans dignes du giallo (la tuerie dans la décapotable), il ne parvient pas à convaincre, la faute à des rebondissements improbables (toute la fin en somme). Si Craven s’amuse à se faire des clins d’œils (Summer of Fear passant au cinéma, le plan de la baignoire repris dans Les griffes de la nuit), il n’en reste pas moins que le film est bien en deçà de ses précédentes réalisations en terme de choc. Regardable mais très vite oubliable.

6/10

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The Last Of Us – Naughty Dog (2013)

The Last Of Us

Après avoir conquis le public de la Playstation 3 avec la trilogie Uncharted, Naughty Dog devait se réinventer afin d’éviter de tomber dans le cliché de la facilité. Faisant peau neuve en imaginant un gameplay innovant et un nouveau moteur graphique, ils peuvent se targuer d’avoir sorti le meilleur jeu de la console, quelques mois avant l’avènement de sa petite sœur. Et ça se ressent, autant dans la volonté de proposer un solo immersif par ses personnages, complet par les artefacts disséminés dans le jeu et gourmand en termes de ressources (ma console a craché ses poumons). Surfant sur la mode du zombie initiée par Walking Dead, The Last Of Us est bien plus qu’un survival-horror prenant ses quartiers dans un monde infecté mais bel et bien une oeuvre profondément humaniste, où les personnages font la part belle au divertissement et à l’horreur.

The Last Of Us couteau

Ellie et Joel, malgré leur différence d’âge et de sexe, sont des êtres profondément semblables. Ils ont tous les deux perdus un être cher (l’un sa fille, l’autre sa mère) et ne survivent que parce que c’est ce qu’ils savent faire de mieux. Et si à l’orée de leur rencontre, Joel va chercher à fuir tout sentimentalisme envers Ellie, les événements pour lesquels le studio nous met le pad entre les mains vont les faire se rapprocher, jusqu’à transformer Joel en père de substitution et Ellie, en fille spirituelle. Et ce sont les cut-scènes, absolument splendides, qui vont alimenter la portée dramatique du scénario, accentuée par une bande originale d’une mélancolie rarement atteinte dans le jeu vidéo (le guitariste Gustavo Santaolalla est derrière tout ça). Les sonorités acoustiques, faisant écho aux origines argentines du musicien, apporte un véritable atout à l’atmosphère du jeu.

The Last Of Us frère

La grande force de The Last Of Us est de ne jamais céder aux sirènes du genre (la survie est privilégiée à la tuerie en masse) et de ne se livrer à aucun manichéisme dans le développement des personnages. Pas (ou peu) de clichés que ça soit dans la narration (le jeu est découpé en saisons, chaque grosse traversée du pays nous étant évité), dans l’esthétique post-apocalyptique et dans l’intrigue. En mettant en scène ces deux solitaires et en les forçant à collaborer, un lien plus fort que l’amitié va se nouer entre eux. Et Naughty Dog a réussi son pari lorsqu’on est touché en plein cœur durant des scènes clés, où l’émotion est bel et bien présente et où l’on se rend compte que nous aussi, nous nous sommes attachés à notre duo.

The Last Of Us couverture

La réalisation emprunte énormément au cinéma (La route, 28 jours plus tard, Je suis une légende,…), que ça soit in-game ou non. La physique du jeu est extraordinaire et chaque mouvement s’anime à la perfection grâce à la motion capture qui atteint là une performance incroyable. Cette fluidité permet d’une part de rester immergé au maximum dans le jeu mais surtout de permettre au studio de mettre au point un gameplay saisissant, poussant toujours plus loin le réalisme et la sensation de crédibilité de l’univers dépeint. Si l’on fouille son sac à dos à la recherche d’une arme ou d’objets pouvant être assemblés ensemble (cocktails molotovs, surin, bombe fumigène,…), le temps ne s’arrête pas et l’ennemi en profitera pour avancer vers votre zone de couverture. Le timing se doit d’être parfait pour survivre. Or affrontements, il en sera de même pour la lecture des lettres dispersées de par le monde, permettant d’alimenter grandement le background du jeu.

The Last Of Us fille

Mais le côté horreur du survival n’est pas à plaindre, bien au contraire. Même si les infectés ne représentent pas la réelle menace (pillards, survivants, militaires sont bien plus intelligents et vous donneront du fil à retordre), ils restent dangereux de par le fait qu’ils sont imprévisibles. Même s’il attaquent relativement frontalement, en bons assoiffés de chair humaine, ils ne faut pas prendre le danger à la légère et les considérer comme de véritables ennemis (certains vous tuant en un coup). The Last Of Us compose donc avec son lot des scènes nocturnes ou d’endroits glauques à visiter, la lampe torche étant votre seul allié dans ce monde de ténèbres (l’idée de réarmer les piles à l’aide du Sisaxis est géniale mais sous-exploitée).

The Last Of Us batte

The Last Of Us est donc un jeu d’aventure dans tous les sens du terme: par le danger encouru à chaque pas mais aussi par l’aventure humaine que constitue ce road-trip à travers les Etats-Unis, courant après une lueur d’espoir qui, tous les jours, les fait se lever et combattre de toutes leurs forces. Et si vous en étiez encore à douter de la capacité de Naughty Dog à sortir des sentiers battus et à offrir une expérience hors du commun, laissez-vous submerger par une fin qui est bien loin de tout ce qu’on peut imaginer et qui, même si elle laisse supposer que le studio se laisse une porte de sortie pour une éventuelle suite, fait fi de tout ce qu’on a pu voir par le passé.

10/10

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