Archives de Tag: Hong Kong

Police Story – Jackie Chan (1985)

Mais quelle affiche de merde !!!

Mais quelle affiche de merde !!!

Autant j’adore Double dragon et Jackie Chan dans le Bronx, autant ce Police Story est une véritable farce. L’aspect comique et guignolesque plombe toute la partie polar qui aurait pu être géniale si des scènes sorties d’un théâtre de marionnettes ne faisaient pas leur apparition. Entre le tueur trisomique qui répète dix fois la même réplique, les tartes à la crème qui amorcent l’auto-destruction policière et le procès qui annihile toute la tension naissante autour de l’enquête, on peut dire que Jackie Chan fait tout ce qu’il ne faut pas faire. Dommage car Police Story aurait pu faire partie de la crème de la crème du polar chinois grâce à ses combats d’une fulgurance rarement vu dans les chorégraphies et les enchaînements (Jackie Chan est le Chow Yun Fat des high-kicks).

Chan n'aurait pas du recruter à tour de bras dans les hopitaux psychiatriques.

Chan n’aurait pas du recruter à tour de bras dans les hôpitaux psychiatriques.

Je suis conscient que ce côté burlesque est nécessaire pour que Chan puisse s’exprimer physiquement, le spectateur attendant avidement les scènes de cascades. Et je sais pertinemment que la majeure partie de ses films marchent grâce à ce procédé. Mais ça n’est pas une raison suffisante pour se reposer sur ce concept et tourner une histoire qui avait tout pour être sympathique, même si elle était banale, en eau de boudin. Toute l’introduction sérieuse et plutôt bien foutue (en terme de rythme et d’action) perd de sa crédibilité lorsqu’on aperçoit Jackie faire le guignol auprès de la témoin qu’il est chargé de protéger.

La pseudo romance n'est présente que pour donner lieu àdes scènes...embarassantes.

La pseudo romance n’est présente que pour donner lieu à des scènes… embarrassantes.

J’aurais tendance à croire que les films de Jackie Chan sont intemporels dans un certains sens (on peut toujours apprécier le style et la qualité des cascades) mais que leurs impacts sont limités dans la durée. Passé un âge où l’on a vu un peu de tout en terme de cinéma, les gesticulations autistes des acteurs, tels des pantins désarticulés, ne font plus effet et l’action, aussi efficace soit-elle, ne suffit plus à vendre le produit. Jackie Chan est destiné à un public jeune, en quête de repères dans le divertissement et l’ouverture à un cinéma étranger. C’est déjà une bonne chose que de réussir à investir plusieurs genres avec toujours la même générosité pour le spectateur.

C'est violent et ça fait mal. Toute la maîtrise des combats donne un charme inaltérable à la pellicule.

C’est violent et ça fait mal. Toute la maîtrise des combats donne un charme inaltérable à la pellicule.

Malgré quelques ingrédients intéressants disséminés ci et là (la prise d’otage du commissaire, le coup monté,…), on est plus en face d’une comédie potache que d’un véritable polar. Le problème vient du fait que le personnage du super flic joué par Jackie ne peut pas se rabaisser à faire des galipettes et des grimaces à l’instant A et être sérieux dans son discours et ses actes (la scène du kidnapping où il déballe tout ce qu’il a sur le coeur) à l’instant B. Jonglant sans cesse entre ces deux personnalités, ce flic ne sert qu’à faire le ménage et le spectateur ne peut pas le considérer comme un personnage tangible tant il est mal écrit. De plus, la mise en scène est faiblarde et ne porte jamais au firmament le héros, sorte d’idéal policier déchu.

Certains moments sont empreints d'un sérieux surprenant.

Certains moments sont empreints d’un sérieux surprenant.

Police Story a vraiment le cul entre deux chaises, sorte de bâtard entre la poilade cartoonesque et le film policier traditionnel. Quand je pense que la saga est relativement longue pour avoir acquis assez de crédit auprès des producteurs, je me dis qu’on ne doit pas voir le même film. Mais bon, le principal, c’est que Jackie assure le boulot.

6,5/10

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Mad Detective – Johnnie To (2007)

Johnnie To est vraiment le maître du polar chinois.

Johnnie To est vraiment le maître du polar chinois.

Le traitement fantastique appliqué au polar a ses bons et ses mauvais côtés. Le mauvais, c’est que l’on tombe irrémédiablement dans une ambiance manga à cause du personnage principal qui sort du lot par sa folie et son développement psychologique plus qu’anormal. Le bon, c’est que ce mélange des genres, inhabituel aussi bien pour le polar en général que pour To en particulier, permet des rebondissements ingénieux, une mise en scène originale et un scénario aussi inattendu qu’étrange. Mais n’est-ce pas là un raccourci qui permet au cinéaste d’éviter de développer justement son personnage par les dialogues en mettant l’intégralité de la folie (du génie ?) de l’inspecteur Bun en images ?

On n'échappe pas à la scène cliché soit la mise en abîme de l'esprit dérangé.

On n’échappe pas à la scène cliché soit la mise en abîme de l’esprit dérangé.

Pourtant, le triangle humain fonctionne particulièrement bien. Chaque personnage interagit avec l’autre de manière intense et brutale, comme des aimants qui se repousseraient, la scène la plus marquante étant celle du restaurant où Bun provoque la colère de Chi-wai afin de connaître la hiérarchie de ses différentes personnalités. Car les fondations du film reposent essentiellement sur cette particularité qui entraîne la part de fantastique: l’inspecteur Bun est à même de voir les démons intérieurs des personnes qu’il a en face de lui. Et celui qu’il tente de mettre hors-jeu est particulièrement gratiné à ce niveau là, multipliant les personnalités suivant les situations: au nombre de 7 (renvoyant directement à Seven pour l’aspect ténébreux de la pellicule), seules quelques unes auront un véritable impact sur le déroulement des actes de Chi-wai, rendant le concept frustrant.

Une personne peut en cacher une autre...voire plusieurs.

Une personne peut en cacher une autre…voire plusieurs.

Le trip halluciné de Bun donne lieu à des scènes incroyables, justifiant à lui seul la mise en chantier du film et la mise en scène spectaculaire dont To fait preuve (le final enchaîne les plans qui font saliver). Bien loin de ses précédentes réalisations et pourtant si proche par les thèmes brassés et les personnages charismatiques, Mad Detective emprunte un chemin très peu balisé, se prenant les pieds dans quelques ornières qui traînent ici et là mais atteignant le sommet de la côte sans trop de difficultés grâce à une intrigue policière banale mais très bien ficelé. Toujours efficace, sans jamais tomber dans le sentimentalisme débordant (les visions de sa femme s’adaptent très bien au récit), les quelques longueurs (le rendez-vous entre collègues) sont rattrapés par des passages à la fulgurance rare chez les contemporains de To mais toujours omniprésentes dans son cinéma.

L'impasse mexicaine, un classique qui tient toujours une place prépondérante dans le cinéma asiatique.

L’impasse mexicaine, un classique qui tient toujours une place prépondérante dans le cinéma asiatique.

Même si les facilités scénaristiques liés au « pouvoir » de Bun paraissent tirées par les cheveux, le tout passe sans problème et la courte durée du long métrage permette d’insister sur la rareté du procédé et l’exclusivité de ce mélange chez le cinéaste pour que l’on ne se sente pas lésé par un besoin de prendre des raccourcis. Et puis, s’il faut passer par des films aussi funs pour financer des longs métrages comme Vengeance ou le futur Drug War, je suis preneur.

7/10

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Sleeping Dogs – Square Enix (2012)

Square Enix montre qu’il a plus d’un tour dans son sac en pondant ce superbe GTA-like.

N’importe quel facteur vous le dira: un chien qui dort est une menace sourde. Menace d’autant plus grande étant donné que si vous empiétez sur son territoire, il s’accrochera à votre mollet sans jamais lâcher prise. C’est le cas de Wei Shen, agent dormant infiltré au sein de la Triade. Celle-ci se divise la ville de Hong-Kong, chacun cherchant à prendre une part de gâteau plus grosse que son voisin. Wei, devant faire ses preuves au sein de son clan, va chercher à s’emparer des territoires ennemis, tout en faisant jouer ses relations dans la police. Vu comme ça, on pourrait croire que Wei a pris la tangente et n’est plus que l’ombre de lui même: un flic ayant effacé la frontière entre son respect des lois et son code de d’honneur. C’est ainsi que débute le jeu et l’aventure intérieure de cet homme.

La ville est parfaitement modélisée, l’alternance jour/nuit et soleil/pluie donnant une véritable profondeur à l’ambiance du jeu.

On ne sait jamais s’il met du cœur à l’ouvrage parce qu’il apprécie la compagnie des mafieux ou parce qu’il cherche à se faire valoir auprès de ses supérieurs assermentés. Son dossier psychologique fait montre de nombreuses zones d’ombres (chaque mission réussie dans la police nous rapporte une pièce du puzzle de son dossier interne), zones éclairées par le caractère tempétueux du jeune homme et sa vendetta personnelle. Car elle est bien là la trame principale (même si on  la perd rapidement en cours de route). Si Wei a accepté cette mission risquée, c’est avant tout parce qu’il n’a plus rien à perdre. Et ce nihilisme de tous les instants se ressent dans ses actes et ses paroles. Certaines missions qui nous sont allouées sont proches du suicide (la difficulté est tout de même accrue par rapport aux autres jeux du genre).

Une des scènes n’est pas sans rappeler celle des Infiltrés, lui même remake d’Infernal Affairs.

A mi-chemin entre l’hommage à la vague de polars hard-boiled que nous as pondus la Chine dans les années 80 et l’amour du genre GTA-like pour la mafia et ses dérivés, Sleeping Dogs comporte son lot de nouveautés qui apporte à l’action une dose supplémentaire de réalisme. Le gameplay contient du parkour, ce sport qui consiste, à l’instar des yamakasis, à appuyer la théorie de Darwin comme quoi l’homme descendrait du singe. Mais le plus percutant (c’est le mot) est sans contexte le système de combat: intuitif et complet, Wei Shen pourra mettre à mal ses adversaires en leur administrant une bonne dose de kung-fu dont ils se souviendront. Comme dans Batman: Arkham Asylum (et City bien sûr), le procédé consiste juste à enchaîner les combos et à appuyer au bon moment pour contrer. Et même si les coups s’enchaînent de façon moins fluide et spectaculaire que chez le chevalier noir, on a affaire à une petite prouesse du genre, chaque mouvement étant enregistré en motion capture par un véritable combattant en MMA: Georges Saint Pierre.

Les chorégraphies des bastons sont impressionnantes de réalisme, même si elles s’avèrent très vite répétitives.

De John Woo à Ringo Lam en passant par Johnny To, le scénario est habilement mêlé d’éléments déjà largement présents dans le patrimoine cinématographique chinois. La vengeance, l’antihéros charismatique, les gunfights nerveux, les amitiés douloureuses et la morale brinquebalante ainsi que la violence magnifiée font de Sleeping Dogs un melting-pot vidéo-ludique de ce qui se fait de mieux en matière de polars mafieux. La ville, ouverte autant que faire se peut dans ce type de jeu, grouille d’animations et réagit parfaitement à notre soif de destruction et de perte de contrôle. En attendant un GTA 5 qui promet d’être méchamment musclé, Sleeping Dogs reste un héritier largement honorable, qui vous procurera de longues heures de fun.

Les armes à feu sont très peu présentes. Ici, pas question de gaspiller ses balles.

En cadeau, le trailer in real-time du jeu avant sa sortie. Enjoy !

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