Archives de Tag: enlèvement

Prisoners – Denis Villeneuve (2013)

Prisoners

Continuant sur sa lancée d’un cinéma de plus en plus proche du spectateur à l’aide d’un ultra réalisme amené par la facile identification aux personnages et la mise en scène sobre mais léchée, Villeneuve donne un sacré coup de fouet au polar en signant Prisoners. Après avoir accusé la comparaison avec Zodiac, lequel partage quelques similarités dans son traitement du bourreau et son esthétique visuelle, les deux long métrages sont aux antipodes dans leur vision de l’enquête. Là où le Fincher était minutieux et méticuleux et où les personnages cherchaient à gratter le vernis jusqu’à s’en arracher les ongles, Prisoners ne garde de ce caractère que le professionnalisme de l’inspecteur incarné par Jake Gyllenhaal (tiens, encore une coïncidence), lequel bouffe l’écran à chacune de ses apparitions, évinçant même la prestation tout en férocité de Hugh Jackman. Villeneuve préfère dresser le portrait de deux familles complètement différentes mais réunies dans la douleur. En multipliant les points de vues objectifs (l’enquêteur) et subjectifs (la famille), Villeneuve garde constamment le fil de son enquête durant les 2h30 de bobine et se permet des twists plutôt osés en cours de métrage. Jamais le rythme ne pâtit d’une quelconque longueur et même si la découverte du coupable se fait sans véritable grande surprise à celui qui sait garder les détails en tête, Prisoners a le mérite d’apporter un peu de sang neuf à un genre tombé en désuétude depuis quelques temps.

8,5/10

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Taken 2 – Olivier Megaton

Taken 3: For their final revenge, they took the wrong grandmother !

Alerte enlèvement: hier vers 22h30, à Istanbul, un groupe de turcs armés a kidnappé Luc Besson. Après un lavage de cerveau, il a réussi à s’échapper mais les Turcs sont toujours à sa recherche. Pour retrouver son chemin parmi les ruelles stambouliotes, il aurait habilement semé les pages d’un scénario pourri qui sent le rance afin de revenir sur ses pas avec facilité. Mais les pages auraient été retrouvées par Olivier Megaton qui en aurait fait un film. Luc Besson, quand à lui, reste introuvable.

Le seul point positif, c’est que j’ai pu me replonger avec délice dans mes souvenirs d’Istanbul !

Pour l’équipe qui a un tant soit peu de jugeote, quitte à faire un remake du premier film, autant changer l’acteur principal. Cependant, ils ont au moins la franchise de se foutre ouvertement de notre gueule. Taken 2 n’est ni plus ni moins la preuve en images qu’un bon film ne mérite pas forcément de suites et qu’il faut savoir s’en contenter. Liam Neeson (un aigle impérial sur un tas de bouse) porte ce fardeau avec élégance, même si on ne le sent pas du tout à sa place. Les scènes d’action sont illisibles au possible (il faut 8 plans à Megaton pour montrer un bras armé d’une matraque qui tombe sur une tête) et file la gerbe à n’importe quel réticent au grand huit visuel.

– « Ecoute moi très attentivement: ta mère et moi, on a oublié de nous donner des scénarios Surtout, n’aie pas peur ! Ils vont essayer de te prendre le tien aussi. »

Le scénario est téléphoné (elle était facile), les clins d’oeils au premier épisode sont aussi voyants qu’un éléphant dans un couloir et les idées piquées à droite et à gauche sont légions (deux musiques de Drive sont réutilisées !). Et les seules idées originales sont à mourir de rire. Neeson se repère dans Istanbul, une cagoule sur la tête, avec des aboiements de chien, des bruits de bateau et des chants de muezzin ! Mais y’a que ça toute la sainte journée à Istanbul, quelque soit l’endroit où vous êtes ! Arrêtez de nous faire croire qu’on peut également lancer des grenades et tirer à tout va alors que les habitants continuent tranquillement à prendre leur thé ! Y’a un minimum de précautions anti-terrorisme quand même !

Il faut savoir s’arrêter au bon moment. Et il faut surtout savoir dire non, Liam !

N’allez pas croire que je crache sur ce film parce que 5 putains d’Américains sortis tout droit de leur cambrousse du Kentucky m’ont gâché la séance en commentant tout le film haut et fort, en répétant les répliques les plus clichés avec un accent de merde et en foutant des coups de pieds dans les dossiers de ma rangée. C’est sûr que ça aide à avoir les nerfs mais je pense que, tout comme moi, ils se sont juste autant emmerdés que des gardes royaux devant l’entrée de Buckingham Palace un jour de canicule.

3/10

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