Archives de Tag: daube

Mulberry Street – Jim Mickle (2006)

Mulberry Street

Mais qu’est-ce que c’est que cette purge ? Sous ses airs de film social s’imprégnant du quotidien d’habitants de l’un des quartiers les plus pauvres de New York, Mulberry Street est une vaste arnaque qui ne laisse apparaître son côté horrifique qu’après 45 minutes de bobine. Autant dire un calvaire tant la dimension humaine du script est d’une nullité affligeante, flirtant même sur des traumatismes post-11 Septembre pour le rendre plus dramatique, alors qu’on ne parvient à s’attacher à personne. Ecrire plus de lignes sur ce film serait une perte de temps. Je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin…

0/10

Tagué , , , , , ,

Die Hard 5: a good day to die hard – John Moore (2013)

J'ai été obligé de choisir une affiche au niveau du film...

J’ai été obligé de choisir une affiche au niveau du film…

Un DTV roumain de luxe. Voila ce qu’est la nouvelle aventure explosive de John McLane. Oui, dans cette critique, je ne dirais jamais Die Hard car pour moi, ce film n’existe pas. Je sais ce que vous devez penser mais vous verrez par vous même le jour où ce tissus de conneries vous passera devant les yeux que j’avais raison de renier cette daube infâme. Je ne dirais jamais Die Hard pour la simple et bonne raison que Moore salit le nom de McLane, mais encore plus le travail effectué par McTiernan pour élever au panthéon des mecs badass le personnage désincarné par Bruce Willis. Désincarné,c’est bien le mot. John McLane n’est plus que l’ombre de lui même. Son fils, qui semble avoir pris la relève autant au niveau physique que charismatique (c’est dire le niveau de jeu de Willis), est une véritable endive bodybuildée qui a un regard d’ahuri une fois sur deux, c’est à dire lorsqu’il ne ferme pas les yeux à cause de toutes les explosions qu’ils se prennent dans la tronche.

- "C'est faux ! J'ai pas un regard d'endive !"

– « C’est faux ! J’ai pas un regard d’endive ! »

Oui ! Car le maître mot du film, c’est de tout faire péter ! Et que ça saute ! C’est ça qu’aime les jeunes de toute façon ! Sauf que John Moore a tablé sur un public abruti devant MTV ou aveuglé par l’aura mythique de John McLane pour faire son beurre. Mais moi, je ne suis pas dupe, je vois clair dans son jeu. C’est tellement une merde finie qu’il cache son manque de talent dans des explosions ou des fusillades qui, soit dit en passant, n’ont rien de jouissives. Je crois avoir vu, entre deux facepalms, un méchant russe danser la gigue devant McLane père et fils en mangeant une carotte. Arrêtez moi si je me trompe mais en quoi ça le rend plus méchant ? En plus, le coup de la carotte, ça a déjà été vu dans Shoot’em up et c’est pas parce que t’es le sosie soviétique de Clive Owen qui faut te la raconter.

Quand Yamakasi rencontre Wanted. En gros, quand Besson rencontre Bekmambetov...

Quand Yamakasi rencontre Wanted. En gros, quand Besson rencontre Bekmambetov

Entre dix ralentis et douze plans à la seconde, j’ai cru apercevoir un foutage de gueule. La moitié des scènes de la bande annonce ne sont pas dans le film. Et oui ! C’est une nouvelle forme de marketing ! On te met des scènes qu’ont l’air bien mais on les met pas dans la sortie salles. Si tu veux les voir, faudra venir acheter le Blu Ray, comme ça tu raques deux fois. Malin le lynx ! Sauf que celui qui voit le film en salles et qui achète également le film, soit il est très con, soit…soit …ben soit il est vraiment très con. Je ne le ferais même pas en cadeau à mon pire ennemi par peur de refiler des sous à John Moore. Il serait capable de faire un sixième épisode où John McLane devrait retrouver son frère, ancien marine reconverti en mercenaire au Cameroun où il a été fait capturé par des islamistes radicaux qui veulent faire péter les Etats-Unis avec des bombes au plutonium enrichi au lait de gazelle.

Ça doit être une image subliminale vu que j'ai rien vu de tel dans le film.

Ça doit être une image subliminale vu que j’ai rien vu de tel dans le film.

En même temps, il ne fallait pas s’attendre à ce que le scénariste fasse des étincelles puisqu’il est le géniteur du film Wolverine et Opération Espadon, soit deux actionners à la ramasse aussi bien sur le plan technique que narratif. J’avais l’impression de regarder un mauvais cartoonMcLane tombe et se relève sans cesse, chute d’étages en étages, se prend des explosions, retombe, se blesse, se relève. Tout ça jusqu’à plus soif. Au lieu de arder l’image d’un tough guy impossible à abattre mais qui est meurtri dans son amour propre et qui ressent la fatigue, Moore décide d’en faire un mec increvable, qui aligne les bads guys avec autant de facilité que les mauvaises punchlines.

J'ai lutter pour trouver des screens digne de ce nom.

J’ai lutter pour trouver des screens digne d’intérêt.

Ça flirte même sur la vague Skyfall avec une bande originale sans saveurs, qui peine à reprendre des airs déjà entendus dans d’autres films d’espionnage. La saga perd toute crédibilité lorsqu’on se rend compte que la moitié du budget est passé dans les bagnoles explosées, broyées, écrasées à la manière d’un Taxi. Ajouté à cela des scènes d’actions en CGI indignes de la trilogie originelle et vous obtenez la pire mayonnaise jamais créée en matière de film d’action. Une parodie débilitante qui ne prend jamais ses personnages au sérieux et chie sur toute la mythologie du flic increvable que tant de gens ont galéré à modeler. Et déplacer l’action en Russie n’apporte rien au film, si ce n’est de pouvoir détruire des immeubles à moindre coût puisqu’ils sont plus aux normes.

"- Vous êtes prêt ? On va se faire démolir par un vieillard et son fiston alors qu'on est surarmés."

« – Vous êtes prêt ? On va se faire démolir par un vieillard et son fiston alors qu’on est surarmés. »

Je sauverai juste la course poursuite en plein Moscou qui rend hommage à la saga qui, même si elle est filmée avec les pieds, reste assez efficace et très impressionnante. Pour ma part, John McLane est mort et enterré et ce patriotisme forcené qui cherche à ressusciter des légendes bons pour la casse a tendance à m’exaspérer. Yippie-ki-yai, pauvre con !

2,5/10

Tagué , , , , , , , , , ,

Rampage: sniper en liberté – Uwe Boll (2009)

La tuerie de masse, c'est vraiment pas mon truc...

La tuerie de masse, c’est vraiment pas mon truc…

Rampage est l’incarnation parfaite du message qui déclare que lorsqu’on a rien à dire, autant fermer sa gueule. Sauf qu’Uwe Boll ne semble pas connaître ce dicton qui aurait pu lui éviter de plomber encore plus sa filmographie. A défaut de faire mouche sur le spectateur, il décide de vider ses cartouches sur de pauvres innocents en clamant haut et fort un discours anarchiste doublé d’un message nihiliste à la violence extrême et exagérée. Peut être que ça mettra un peu de plomb dans la tête des dirigeants du gouvernement.

L'abus de Chute libre est dangereux pour la santé: à consommer avec modération...

L’abus de Chute libre est dangereux pour la santé: à consommer avec modération…

Sauf que l’énorme point noir du film, la verrue sur la pellicule, c’est ce massacre qui ne touche absolument personne de ledit gouvernement (hormis une dizaine de flics qui faisaient leurs jobs). Bien loin du Michael Douglas de Chute libre qui pétait une durite sous le coup de plusieurs éléments recevables (rupture, chaleur, embouteillage) et dont la folie meurtrière allait creshendo sans chercher à viser quelqu’un en particulier, le tueur en série de Rampage (car c’est bel et bien comme ça qu’il faut l’appeler) se cache derrière des propos rabâchés sans cesse depuis des années par le parti communiste pour justifier ses actes. Un mouvement de rébellion bien vain pour quelqu’un qui prône la destruction des biens et des valeurs marchandes en allant braquer une banque pour garder le magot.

Un massacre injustifié car l'état n'en prend même pas pour son grade.

Un massacre injustifié car l’état n’en prend même pas pour son grade.

Ce qui aurait été intéressant de développer, c’est le laxisme des parents (dont l’hypocrisie vont jusqu’à leur faire dire qu’une mère ressent quand son garçon ne va pas bien), l’individualisme latent qui gangrène le moindre être humain, l’aveuglement des états dirigeants au pillage des ressources. Tout un tas de débats qui sont traités par dessus la jambe. Uwe Boll arrive avec ses gros sabots crasseux et fout des coups de pompe à la bienséance et à la morale en créant un usurpateur armé de la liberté individuelle, se permettant même de ponctuer son film de scènes comiques entre deux boucheries !

La mise en scène rendrait un Parkinsonien fiévreux...

La mise en scène rendrait un parkinsonien fiévreux…

Un film à la limite du soutenable pour ceux qui ont un tant soit peu foi en l’âme humaine. Un Elephant shooté au speed où seuls les vieux en réchappent alors que l’instigateur du massacre assure qu’il cherche à faire de la place. En plus de se tromper de cible, son discours ne vaut pas tripette. Gerbant !

1,5/10

Tagué , , , , , , , ,

Giallo (2008)

Le roi est mort ! Vive le roi !

Ma démarche est plutôt noble. Avant de m’attaquer aux chefs d’oeuvres du maître (déjà entamé le visionnage par Trauma et Suspiria), je commence par sa fin de carrière. Et fin de carrière est bien le mot tant ce Giallo ne mérite pas son titre. Tout ce qu’il y a de giallesque dans ce film, c’est le titre. Je n’ai jamais vu un tueur en série aussi pitoyable. On ne croit pas une seule seconde qu’il ait réussi à dessouder autant de femmes sans se faire attraper tellement il ne passe pas inaperçu et il est abruti. Mais c’est sans compter sur l’incapable inspecteur incarné par Adrian Brody (un mélange entre Droopy et Calimero) qui passe son temps à regarder méticuleusement des photos de femme en attendant que la soeur (Emmanuelle Seigner dans le rôle de la potiche) de l’une d’entre elles vienne boucler l’enquête pour lui.

–  » Je ne vous permet pas ! C’est Horst Tappert qui m’a appris les ficelles du métier. »

D’ailleurs, c’est plutôt Emmanuelle qu’il aurait du saigner tant elle nous emmerde à faire sa victime alors que sa soeur pourra plus jouer de la guitare comme avant depuis sa rencontre avec le frère du Yellow Bastard. C’est aussi lent qu’un épisode de Derrick, aussi intéressant qu’un épisode de Thalassa et moins sanglant qu’un épisode de Happy Tree Friends. A bon entendeur…

1,5/10

Tagué , , , , , ,

Abraham Lincoln, tueur de vampires – Timur Bekmambetov

Timur Bekmanbetov compte certainement engranger autant de recettes que son nom lui rapporte de points au Scrabble…

Les uchronies, c’est une idée formidable lorsqu’elles sont intelligentes et apportent leur pierre à l’édifice de l’Histoire. De nombreux écrivains ont pondus de fabuleux romans en utilisant ce procédé (je vous recommande d’ailleurs Le maître du haut-château de Philip K. Dick) Mais lorsqu’elles sont au service d’un scénario à la ramasse et d’un réalisateur dont la seule mention au générique me provoque des crises d’hilarité (Wanted quand même, qui valait uniquement le coup d’œil pour le plan sur les fesses d’Angelina Jolie), on ne peut qu’aligner 8€ pour la séance en gardant à l’esprit qu’on s’en va voir une comédie et non pas un film sur la vie secrète d’Abraham Lincoln, chasseur noctambule de nyctalopes assoiffés d’hémoglobine.

Ok, le clin d’oeil à Romero était sympa. Mais ça n’est que 3 secondes sur 6300 !

Le pire n’est pas tant la nullité de la chose, mais que les acteurs décident d’utiliser leur vrais noms au générique. Bekmambetov est une véritable moulinette à carrières: tous ceux qui figurent dans l’un de ses films ne figureront dans aucun autre (intéressant j’entends). D’ailleurs, Tim Burton semble vouloir mettre fin à la sienne car il apparaît comme producteur du navet. Sérieusement, Tim, si tu sais pas quoi faire de ton argent, je peux t’envoyer un RIB. Mais ne plaignons pas le pauvre bougre, il a vu de la fumée et il est rentré. Car de la fumée, tu t’en prends autant qu’en discothèque ou dans l’incendie d’une usine de pneus. Le budget doit être tellement minable qu’il nous leurre l’arrière plan et nous montre uniquement, pour toutes les scènes d’actions à partir de la moitié du film, des silhouettes découpées dans la pénombre et la fumée.

– Si tu veux, j’ai des fusils à sept canons qui peuvent transformer ton ennemi en tome de gruyère ! »
– Non merci, je vais utiliser ma hache parce que quand j’étais petit, j’étais bûcheron… »

Les scènes d’action, parlons-en ! Je pense que le réalisateur devait faire du break-dance en tenant sa caméra pour filmer des plans aussi improbables. Mais le pire n’est pas le contenant mais le contenu: entre un vampire qui invente une nouvelle discipline olympique (le lancer de cheval mesdames et messieurs !) ou Lincoln (simple hère humanoïde dans un monde peuplé de vampires rappelons-le !) qui fait du parcours d’obstacles sur des canassons au galop, je pense qu’on tient là une scène qui fera date dans l’histoire du cinéma. Le genre de scène que l’acteur principal va s’empresser de noter dans son CV en caractères gras. Je croyais qu’on atteignait le sommet de la connerie dans Wanted mais sur le mont Olympe de la déchéance cinématographique, Timur est venu en rajouter une couche.

Entre deux headshots, Lincoln a le temps de discourir devant le brave peuple américain. Un président qui ne compte pas ses heures !

Les acteurs, en plus de se demander pourquoi ils sont venus jouer dans cette daube intergalactique, alignent les répliques foireuses les unes après les autres. Il faut les entendre discuter, ça en devient presque gênant pour eux. Mais Timur pousse même la manipulation du temps jusqu’à faire vieillir parfaitement le personnage de Lincoln (il passe de 26 à 50 ans dans le film) sans se soucier des personnages secondaires ! On se retrouve avec son pote black qui n’a pas pris une ride, sa femme qui peut encore draguer les minots de 20 ans sans problèmes et le pote boutiquier de Lincoln a qui on a juste rajouter une barbe, semblable à celle du président, mais en version grise (la noire était déjà prise). D’ailleurs, quand on y regarde de plus près, on se rend compte que le pays est tenu (et fondé aussi !) par un tueur de vampires, un ancien esclave et un marchand (vous me direz, ils ont bien eu Ronald Reagan). Normal qu’ils se prennent une branlée par les Sudistes après !

La chair de tomates Lincoln ! Existe aussi sans ail !

Bref, je pourrais en parler des heures mais j’ai d’autres chats à fouetter et je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir qui s’offre à vous si, dans un élan de pure générosité, vous voudriez laisser 8€ dans la poche de ce bon vieux Timur. A votre bon coeur !

2/10

Tagué , , , , , , , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :