Archives de Catégorie: Horreur

La ferme de la terreur – Wes Craven (1981)

La ferme de la terreur

Déjà, il faut savoir que j’ai du mal avec les films montrant des communautés religieuses fanatiques. Ça tient toujours du gros cliché visible à l’avance et on sait pertinemment qu’ils ne seront pas les coupables (ficelle scénaristique trop facile). Dans La ferme de la terreur, on n’y échappe pas même si les Amish sont souvent représentés comme tel (après tout, chaque cliché contient sa part de vérité). Ici, on a la version bas de gamme des Amish: les Hittites. Et faire un slasher bucolique n’est pas une si mauvaise idée en soi. Le calme apparent des paysages et des habitants disparaît à la nuit tombée pour laisser la place aux préjugés et aux peurs les plus vicieuses. Vivre dans un coin reculé permet aux assassins que personne n’entende crier les victimes. Craven le sait et utilise son univers à bon escient. Et même s’il nous livre des plans dignes du giallo (la tuerie dans la décapotable), il ne parvient pas à convaincre, la faute à des rebondissements improbables (toute la fin en somme). Si Craven s’amuse à se faire des clins d’œils (Summer of Fear passant au cinéma, le plan de la baignoire repris dans Les griffes de la nuit), il n’en reste pas moins que le film est bien en deçà de ses précédentes réalisations en terme de choc. Regardable mais très vite oubliable.

6/10

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The Last Of Us – Naughty Dog (2013)

The Last Of Us

Après avoir conquis le public de la Playstation 3 avec la trilogie Uncharted, Naughty Dog devait se réinventer afin d’éviter de tomber dans le cliché de la facilité. Faisant peau neuve en imaginant un gameplay innovant et un nouveau moteur graphique, ils peuvent se targuer d’avoir sorti le meilleur jeu de la console, quelques mois avant l’avènement de sa petite sœur. Et ça se ressent, autant dans la volonté de proposer un solo immersif par ses personnages, complet par les artefacts disséminés dans le jeu et gourmand en termes de ressources (ma console a craché ses poumons). Surfant sur la mode du zombie initiée par Walking Dead, The Last Of Us est bien plus qu’un survival-horror prenant ses quartiers dans un monde infecté mais bel et bien une oeuvre profondément humaniste, où les personnages font la part belle au divertissement et à l’horreur.

The Last Of Us couteau

Ellie et Joel, malgré leur différence d’âge et de sexe, sont des êtres profondément semblables. Ils ont tous les deux perdus un être cher (l’un sa fille, l’autre sa mère) et ne survivent que parce que c’est ce qu’ils savent faire de mieux. Et si à l’orée de leur rencontre, Joel va chercher à fuir tout sentimentalisme envers Ellie, les événements pour lesquels le studio nous met le pad entre les mains vont les faire se rapprocher, jusqu’à transformer Joel en père de substitution et Ellie, en fille spirituelle. Et ce sont les cut-scènes, absolument splendides, qui vont alimenter la portée dramatique du scénario, accentuée par une bande originale d’une mélancolie rarement atteinte dans le jeu vidéo (le guitariste Gustavo Santaolalla est derrière tout ça). Les sonorités acoustiques, faisant écho aux origines argentines du musicien, apporte un véritable atout à l’atmosphère du jeu.

The Last Of Us frère

La grande force de The Last Of Us est de ne jamais céder aux sirènes du genre (la survie est privilégiée à la tuerie en masse) et de ne se livrer à aucun manichéisme dans le développement des personnages. Pas (ou peu) de clichés que ça soit dans la narration (le jeu est découpé en saisons, chaque grosse traversée du pays nous étant évité), dans l’esthétique post-apocalyptique et dans l’intrigue. En mettant en scène ces deux solitaires et en les forçant à collaborer, un lien plus fort que l’amitié va se nouer entre eux. Et Naughty Dog a réussi son pari lorsqu’on est touché en plein cœur durant des scènes clés, où l’émotion est bel et bien présente et où l’on se rend compte que nous aussi, nous nous sommes attachés à notre duo.

The Last Of Us couverture

La réalisation emprunte énormément au cinéma (La route, 28 jours plus tard, Je suis une légende,…), que ça soit in-game ou non. La physique du jeu est extraordinaire et chaque mouvement s’anime à la perfection grâce à la motion capture qui atteint là une performance incroyable. Cette fluidité permet d’une part de rester immergé au maximum dans le jeu mais surtout de permettre au studio de mettre au point un gameplay saisissant, poussant toujours plus loin le réalisme et la sensation de crédibilité de l’univers dépeint. Si l’on fouille son sac à dos à la recherche d’une arme ou d’objets pouvant être assemblés ensemble (cocktails molotovs, surin, bombe fumigène,…), le temps ne s’arrête pas et l’ennemi en profitera pour avancer vers votre zone de couverture. Le timing se doit d’être parfait pour survivre. Or affrontements, il en sera de même pour la lecture des lettres dispersées de par le monde, permettant d’alimenter grandement le background du jeu.

The Last Of Us fille

Mais le côté horreur du survival n’est pas à plaindre, bien au contraire. Même si les infectés ne représentent pas la réelle menace (pillards, survivants, militaires sont bien plus intelligents et vous donneront du fil à retordre), ils restent dangereux de par le fait qu’ils sont imprévisibles. Même s’il attaquent relativement frontalement, en bons assoiffés de chair humaine, ils ne faut pas prendre le danger à la légère et les considérer comme de véritables ennemis (certains vous tuant en un coup). The Last Of Us compose donc avec son lot des scènes nocturnes ou d’endroits glauques à visiter, la lampe torche étant votre seul allié dans ce monde de ténèbres (l’idée de réarmer les piles à l’aide du Sisaxis est géniale mais sous-exploitée).

The Last Of Us batte

The Last Of Us est donc un jeu d’aventure dans tous les sens du terme: par le danger encouru à chaque pas mais aussi par l’aventure humaine que constitue ce road-trip à travers les Etats-Unis, courant après une lueur d’espoir qui, tous les jours, les fait se lever et combattre de toutes leurs forces. Et si vous en étiez encore à douter de la capacité de Naughty Dog à sortir des sentiers battus et à offrir une expérience hors du commun, laissez-vous submerger par une fin qui est bien loin de tout ce qu’on peut imaginer et qui, même si elle laisse supposer que le studio se laisse une porte de sortie pour une éventuelle suite, fait fi de tout ce qu’on a pu voir par le passé.

10/10

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World War Z – Marc Forster (2013)

World War Z

Après avoir écrit le Guide de survie en territoire zombie (que tout amateur de films de zombies se doit d’avoir dans sa bibliothèque), Max Brooks a décidé de passer à la vitesse supérieure avec World War Z, un faux roman d’anticipation regroupant différents témoignages de survivants d’une épidémie mondiale transformant les êtres humains en morts vivants. Réputé inadaptable à cause d’un style de narration très spécial, Brad Pitt et sa boîte de production décide tout de même de tenter leur chance, après avoir damé le pion à Leonardo DiCaprioStraczynski, auteur de comics et scénariste débutant (L’échange ou Thor, soit le coq à l’âne) est choisi pour s’occuper du scénario, très vite remplacé pour des raisons de planning par le frère de Joe Carnahan puis par Damon Lindelof, qui accouchera de la version définitive que l’on connaît.

World War Z groupe

Si le résultat donne un blockbuster estival et familial qui se laisse regarder, les fans du genre regretteront amèrement que les studios aient choisis une classification PG-13, donnant lieu à des scènes nettoyées de toute violence et de toute représentation graphique de celle-ci. Et un film de zombies sans hémoglobine ou tripes à l’air, excusez-moi du peu mais ça n’est pas un film de zombies. World War Z se veut une réponse décomplexée à des œuvres tels que 28 jours plus tard où la survie au quotidien prend le pas sur la défense d’un objectif précis. Et malgré le survol complet de la psychologie des personnages, certaines scènes aident à faire passer la pilule par leur intensité dramatique. Bien que le film soit une vitrine pour Brad Pitt (il est de chaque plan), certains personnages parviennent tout de même à exister (la militaire israélienne).

World War Z avion

Le rythme est calqué sur les jeux d’aventures bigger & louder tels qu’Uncharted 3 ou Tomb Raider, où on ne laisse souffler le spectateur qu’à de rares occasions, tout étant prétexte à une avalanche d’effets spéciaux (dégueulasses pour la plupart) et de suspense pas toujours bien géré. Le problème de World War Z vient justement du fait qu’il cherche à être trop généreux avec son public alors qu’il suffisait de garder les ramifications politiques, économiques et humanistes du livre d’origine. Une arlésienne qui va peiner à trouver son public sur la durée, même s’il arrive à rembourser le budget colossal alloué pour faire naître ce bébé mort né (190 M de $).

6,5/10

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Piranhas – Joe Dante (1978)

Piranhas

Premier vrai long métrage de Joe Dante, cette collaboration avec Roger Corman n’est pas uniquement synonyme de déception. En parodiant Les dents de la mer de Spielberg, ce dernier va s’enticher du tout jeune réalisateur et lui proposer ce qui sera son plus grand succès: Gremlins. Si Piranhas n’a pas de patte particulière, il permet déjà de se rendre compte que Dante a de l’humour et une envie d’en découdre avec l’autorité. Sous son sous-texte politique ridicule, il clame haut et fort un amour immodéré pour la comédie mâtinée d’horreur, sans arriver à rendre véritablement attachant ses personnages. Il faut aussi compter sur les débuts du magicien des effets spéciaux Rob Bottin qui voit son travail gâché par des plans qui ne mettent jamais en avant la menace. Se devant de mettre sa dose de sexe et violence, Dante nous gratifie d’une paire de plans boobs complètement gratuits, uniquement présents pour satisfaire au cahier des charges. Heureusement pour lui qu’on lui aura tout de même laissé sa chance grâce à cet essai.

4/10

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L’armée des morts – Zack Snyder (2004)

L'armée des morts

Quand tu t’attaques à un remake d’un film de la tétralogie de Romero, tu as plutôt intérêt à avoir de solides cojones. Car pire qu’une armée des morts, c’est une horde de fans qui te tombe sur le râble, toujours insatisfait de tel ou tel éléments, comparant sans cesse les deux œuvres entre elles. Mais peut-on vraiment comparer un remake qui, même s’il s’inspire d’un film de 1978, n’en garde que les fondations pour reconstruire le tout dans une époque plus contemporaine ? Si le centre commercial, arène des hostilités et bunker des survivants, a été conservé, Snyder a préféré faire table rase du passé, jusqu’à éradiquer la satire sociale prégnante aux films de Romero. Ce sous-texte en moins, il a pu s’attarder sur la psychologie de ses personnages qui sont tous différents et tous développés de manière plus ou moins égale.

L'armée des morts intro

En terme d’immersion, l’introduction de L’armée des morts est un modèle du genre. Tablant sur l’arrivée de l’épidémie en une nuit, le réveil s’avère brutal et les mouvements de caméra accompagnent la détresse et la panique de chaque habitant du quartier résidentiel. L’arrivée du générique constitue une bouffée d’air frais dans cette atmosphère polluée par un virus inconnu (dont on ne connaître jamais la cause, comme dans la plupart des films de zombies). Snyder tient en haleine son public et, par l’intermédiaire de cette démonstration technique (action, mise en scène, destins des personnages), va les rallier à sa cause, remodelant les principes du genre (comme la course des zombies, plus proche de 28 jours plus tard que de Zombie).

L'armée des morts attaque

Si la survie est au cœur du film (chacun est un zombie potentiel), les personnages parviennent à s’émanciper malgré le fait que deux ou trois survivants tiennent toujours la dragée haute aux autres et gardent le lead, qu’il soit charismatique ou physique (la scène du parking est énorme pour ça). Cependant, même les femmes, qui sont pourtant assimilés à de la chair à canon dans la majorité des productions horrifiques, savent se démerder et être utile au groupe, tout en remontrant aux hommes qu’elles peuvent être aussi violentes et fortes psychologiquement qu’eux. Il est donc difficile de parier sur qui va s’en sortir et qui va y rester tant l’ensemble des personnages est hétérogène et que chacun a un atout à jouer dans la survie du groupe.

L'armée des morts bus

Si les personnages ne sont pas caricaturaux, la principale critique à leur faire serait qu’ils ne réagissent pas de manière réaliste aux traumas qu’il vivent (l’infirmière perdant son mari et sa fille, le flic perdant son seul ami, le black perdant sa femme). On en est à se demander si Snyder aurait du mettre autant l’accent sur l’action, oubliant parfois ses personnages au détriment des scènes gores réussies et de pertes douloureuses. Mais le groupe fonctionne si bien qu’il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit tant il est rare de voir des personnages aussi soudés lutter contre une seule et même cause. Pas (ou peu) de tires-aux flancs, la plupart sont badass et le film n’est pas avare en headshots. Un remake réussi qui parvient même à faire de m’ombre à son aîné en prenant une tournure différentes. Celui du pur divertissement !

7/10

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