Archives de Catégorie: DVD

Un air de famille – Cédric Klapisch (1996)

Un air de famille

Avec le recul, il n’est pas rare de se rendre compte que les meilleures comédies françaises sont tirés de pièce de théâtre. Car c’est dans le huis-clos que peuvent ressortir un tas de situations cocasses. En enfermant sa famille déjà bien fragmentée dans un petit bistrot de village, Klapisch joue avant tout sur l’attirance et la répulsion de ses personnages plutôt que d’essayer de briller par un talent de metteur en scène ou de directeur d’acteurs (même s’il se laisse aller dans certains plans bien sentis). Le script signé par le célèbre duo Bacri/Jaoui est impayable et délivre une bonne rasade d’humour à froid, à base de répliques pince sans rires et corrosives. Un bon cru mais qui n’a pas la capacité de relecture du Dîner de cons.

6/10

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Frost/Nixon, l’heure de vérité – Ron Howard (2008)

Frost Nixon

Ron Howard surprend son monde en offrant un film rondement mené au sujet rarement abordé au cinéma. Si l’interview entre David Frost et Richard Nixon aurait pu largement être ennuyeuse, il décide d’habiller le tout avec les codes d’un genre inhabituel pour le film politique: le sport. Filmé tel un ring de boxe, le salon où les deux personnages vont se confronter est plongé dans le noir, contrastant avec les puissants éclairages qui illuminent leur visage. Chacun a ses tics de langage, tels des réflexes de combattants, ils sont tous deux coachés par une équipe qui s’investit au maximum mais qui ne peut plus faire machine arrière une fois le round lancé. Et nous voila parti pour un combat titanesque où personne ne laissera une once de terrain à son adversaire. Un peu creux tout autour de la préparation physique des deux poids lourds mais c’est sans mentir le combat du siècle.

7/10

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Bellflower – Evan Glodell (2011)

Bellflower

Il ne suffit pas d’être tapageur ou provocateur pour s’élever au panthéon des œuvres underground culte. Il faut aussi que le sujet traité est un minimum de cohérence, que la patte artistique soit au service du scénario et que le projet ne soit pas une finalité en soi. Doté d’une esthétique assez repoussante pour certains, Bellflower surprend son monde en allant chercher du côté le plus crade et inutilisable du spectre des couleurs, rendant sa pellicule dégoulinante, sale et donc underground. Mais tout n’est pas dans l’apparence, surtout lorsqu’on cherche à mettre en scène des personnages à l’avenir incertain, sans morale et au nihilisme incroyablement porté aux nues.

Bellflower couple

Si le film ne fonctionne pas, c’est par ce trop plein de bonne volonté qui rendent l’expérience trop auteurisante, trop froide. Evan Glodell semble vouloir mettre en image tout ce qu’il aime dans le cinéma, utilisant des procédés qui n’ont pas toujours leur place et qui empêchent toute, si toutefois il y en a une. Car l’idée de romance dépeinte à travers les yeux de ce fan hardcore de Mad Max nécessiterait des heures de psychiatrie. Vulgaires adulescents en quête de sensations fortes, leur passage à l’âge adulte doit être à marquer d’une pierre blanche, aussi restent-ils perpétuellement abreuvés d’alcool, en quête du déclic qui va les faire vriller.

Bellflower voiture

Et tous ces flash-back et flash-forwards incompréhensibles, cherchant à donner un aspect faussement intello au film, ne font que souligner la limite d’un tel exercice de style. Bellflower aurait du se contenter d’être un court métrage et aurait ainsi gagner en intensité et en sincérité.

5,5/10

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DeepStar Six – Sean S. Cunningham (1989)

DeepStar Six

Sorti la même année qu’Abyss mais surtout Leviathan de Cosmatos (dont il partage sensiblement le même pitch), DeepStar Six, injustement traduit M.A.L: Mutant Aquatique en Liberté en France, est un survival sous-marin comme on en compte des dizaines mais qui sort du lot par quelques idées bien gorasses. Derrière la caméra, le papa du Jason de Crystal Lake soumet son équipe de scientifiques militaires à rude épreuve. Si le scénario est cousu de fil blanc, on lui pardonne par sa capacité à amener de la tension dans un endroit confiné où l’extérieur est aussi mortel que l’intérieur (on pense d’ailleurs pas mal à The Thing et Alien).

DeepStar Six mort

Côté surprise, ce sont les gueules de second couteaux qu’on a déjà croisés dans plein de films du genre qui font plaisir à voir. Même s’ils donnent vie à des caricatures du film de genre (le capitaine black badass, les jeunes tourtereaux, la scientifique ravagée, le psychopathe), ils s’investissent dans leur rôle et ça fait du bien d’en voir certains appartenir au bodycount du film. Pas de quoi se réveiller la nuit mais un bon moment à passer, aussi jouissif que Tremors.

6/10

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Mulberry Street – Jim Mickle (2006)

Mulberry Street

Mais qu’est-ce que c’est que cette purge ? Sous ses airs de film social s’imprégnant du quotidien d’habitants de l’un des quartiers les plus pauvres de New York, Mulberry Street est une vaste arnaque qui ne laisse apparaître son côté horrifique qu’après 45 minutes de bobine. Autant dire un calvaire tant la dimension humaine du script est d’une nullité affligeante, flirtant même sur des traumatismes post-11 Septembre pour le rendre plus dramatique, alors qu’on ne parvient à s’attacher à personne. Ecrire plus de lignes sur ce film serait une perte de temps. Je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin…

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