Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee (1960)

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Récit initiatique à ranger aux côtés des Aventures d’Huckleberry Finn, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est ce type de roman qui nous marque profondément et dont on comprend à l’issue de sa lecture la trace profonde qu’il a laissé dans les esprits et la littérature américaine. Sans jamais perdre de vue son sujet; qui est la perte de l’innocence et non pas la lutte contre le racisme comme on pourrait le croire; le livre d’Harper Lee parvient à relever plusieurs défis de taille: dresser le portrait d’une Amérique puritaine et ségrégationniste sans jamais prendre parti, émouvoir en écrivant une histoire intemporelle et intergénérationnelle et obtenir le prix Pulitzer, reconnaissance ultime du génie créatif.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur manif

 

Unique roman d’Harper Lee, elle a préféré garder ses écrits suivants plutôt que de les publier, sachant pertinemment qu’elle ne parviendrait pas à rendre une copie supérieure à son coup d’éclat. Car ce qui fait la force du roman, c’est cet équilibre constant entre autobiographie (l’image du père, le quartier,…) et fiction (l’intrigue principale). Elle y met toute son énergie et toute son âme pour rendre vivant la moindre scène, cherchant constamment à immortaliser chaque personnage par une réplique ou une mimique qui lui est propre. Si le rythme en dents de scie peut gêner, il prend tout son sens lors de la fameuse scène du procès, pierre angulaire de l’histoire autour de laquelle vont graviter tous les protagonistes longuement dépeints.

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L’entrée dans le monde adulte pour la jeune Scout (une dizaine d’années au bas mot) se fait de manière brutale et sans filtre. Son père, le charismatique Atticus, préfère répondre en toute franchises aux questions curieuses de sa fille plutôt que de lui masquer la vérité. Cette façon de faire empêche son fils et sa fille de vivre une enfance comme les autres mais leur permet d’être beaucoup plus matures que leurs camarades, ce qui rend l’identification plus facile pour le lecteur. Même si certaines peurs ridicules, certains tracas du quotidien peuvent prendre une ampleur démesurée vu à leur hauteur, ça n’en reste pas moins un procédé d’écriture intelligent qui fait toute la saveur du roman et qui le fait entrer au panthéon des romans didactiques sur l’enfance.

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