Morse – Tomas Alfredson (2008)

Morse

Laisse-moi entrer est le remake américain de Morse, qui est l’adaptation du roman Let the right one in de John Ajvide Lindqvist, qui a eu cette idée en écoutant la chanson de Morrissey (le titre du film étant une contraction du nom du groupe quand on y regarde de plus près), Let the right one slip in. Autant dire que le film de Matt Reeves ne sert à rien car il s’éloigne totalement de l’idée de base du scénariste (la décision d’un remake ayant été négocié entre studios), que 2 ans est une période beaucoup trop courte pour le justifier et que Morse fonctionne très bien comme il est. Alfredson est d’ailleurs de cet avis car il a fait savoir qu’il préférerait que les remakes soient fait pour des films mauvais à la base. Même si cette réplique cinglante sent le type sûr de lui, je le rejoindrais parfaitement dans l’idée.

Morse hopital

En revisitant le mythe du vampire sous un œil contemporain, social et jeune, le film prend des risques à tous les niveaux car s’il utilise certains clichés inhérents au nyctalope sanguinaire, c’est pour mieux les renverser dès que l’occasion se présente. Exit le charme, le mystère et les ballades nocturnes en quête de proie. Morse se veut plus terre à terre et nous fait vivre le revers de la médaille de cette situation pour le moins « mortelle ». Coincée dans un corps de 12 ans, la jeune vampire parvient à trouver un confident aimant en la personne de son voisin du même âge. Les deux partagent le meurtre (l’un en pensées, l’autre en actes) et la violence du quotidien. Voila la part romantique du mythe qui s’installe de manière aussi malsaine qu’intelligente.

Morse forêt

Et cet amour va aller creshendo, le final étant l’acte le plus romantique qui puisse être dans l’esprit. Là est le génie du film: concilier la violence la plus gore avec l’amour et le respect le plus profond. Mais leurs sentiments sont encore incertains et c’est avec une précision chirurgicale et une photographie froide mais sublime qu’Alfredson va nous conter fleurette au pays des goules. L’intrigue se situant dans la banlieue de Stockholm, l’architecture rajoute à la froideur hivernale et aux comportement fermés des résidents. Il est dommage de voir que certains personnages ne sont qu’entraperçus, laissés pour compte au profit de la romance des jeunes tourtereaux.

Morse piscine

Efficace, poétique, brutal et tendre, Morse se pose comme un conte macabre et une histoire d’amour sordide mais vraie, secouant les cauchemars des habitants d’un pays qui ne voit que rarement le jour (un choix de pays pas innocent pour un vampire). Un jour, j’irais certainement voir ce qu’apporte le remake de Reeves mais je pense sans trop m’avancer que tout à déjà été dit par Alfredson et qu’il ne peut pas être plus brillamment écrit et mis en scène qu’ici.

8/10

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