Elysium – Neill Blomkamp (2013)

Elysium

Malgré les tentatives récentes de ressusciter la science-fiction de manière originale (Source Code, Oblivion,…), elles accusent le coup de leur ambition. Car à trop vouloir exploser les rétines à coup d’effets spéciaux, les films perdent de leur impact et de leur souffle. C’est exactement la même chose qui arrive à Elysium. Malgré une idée solide bien que déjà vue, la volonté d’en mettre plein les yeux prend le pas sur le discours et toute la réflexion qui aurait pu graviter autour. Le problème du traitement des inégalités entre les classes, c’est que l’on sombre vite dans le cliché et que c’est manichéen au possible. Là où Neill Blomkamp parvenait à soulever un débat de fond dans District 9 sur les inégalités ethniques par le biais d’un film d’invasion extraterrestre, il tombe dans la redite et recycle tout l’univers exploité précédemment pour en faire un film d’action sur-budgété.

Elysium bidonville

Mais quand on regarde le cœur de l’histoire, il est plutôt généreux en bonnes trouvailles, aussi bien visuelles (hormis la shaky cam gerbante) que scénaristiques (l’exosquelette, Elysium, le bad guy). Le problème, c’est que Blomkamp se retrouve avec plein de trucs sympas mais qu’il ne sait pas trop quoi en faire. Et il fournit donc le strict minimum pour améliorer son postulat de départ et attirer le plus grand monde. Car derrière son allure de réflexion dystopique se cache un vulgaire combat du bien et du mal, du riche contre le pauvre, sans qu’un seul des personnages ne soit réellement ambigu. Seuls des archétypes évoluent au fil de l’intrigue, leurs développement psychologique caché dans les trous de gruyère du scénario qui multiplie les erreurs.

Elysium Kruger

C’est sans oublier le casting qui peut sembler hétéroclite à première vue mais qui est vraiment à la ramasse en terme de direction artistique. Le trio de tête (Damon, Foster et Fichtner) sont en roue libre total et tentent vainement de donner vie à leurs personnages, respectivement, victime, juge et bourreau. Heureusement que le bad guy, incarné par Sharlto Copley (qu’on pouvait déjà voir dans District 9), est intéressant par sa folie latente et sa propension à la violence gratuite mais jouissive. Côté action, on est plutôt bien servis mais c’est tellement mal filmé que ça en devient incompréhensible par moments (le duel entre Kruger et Max est bordélique au possible). Reste un arsenal original et stylisé qui n’est pas sans rappeler celui d’Halo (que Blomkamp veut à tout prix adapter sur grand écran).

Elysium riche

Un faux film conceptuel et ovniesque que le cinéaste a su parfaitement vendre à son public qui s’est rué en salles en espérant avoir une surprise aussi grande que lors de la découverte de son premier film. Blomkamp ne se complairait-il que dans le giron des gros studios de productions américains ? Espérons qu’ils lui barrent vite la route en terme de créativité artistique pour qu’il se remette à travailler intelligemment.

6,5/10

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