Le bûcher des vanités – Brian De Palma (1990)

Le bûcher des vanités

Four monumental lors de sa sorties en salles, Le bûcher des vanités est un De Palma jugé extrêmement mineur alors qu’il possède tous les atours d’un très bon film. Souvent rattaché à des œuvres plus dures et plus crues, l’adaptation du roman de Tom Wolfe (un beau bébé de 700 pages) semble être au service d’un humour décapant et d’une satire sociale qui, bien que rabotée dans la demie-mesure, parvient à sortir des éclairs de finesse dans le traitement des minorités raciales et la lutte des classes. Adoptant le ton de la farce cinglante, la caricature du système judiciaire est à pleurer de rire et on jubile de voir tomber toutes ses têtes couronnées au profit du pouvoir et de l’argent.

Le bûcher des vanités réunion

Le cinéaste s’entoure d’un casting au poil, où chaque personnage parvient à vivre malgré les allées et venues dans les différentes sous-intrigues, les coupures visibles au niveau de l’adaptation et les moments de folie qui les rendent si attachants et terriblement humains (le pétage de câble de Sherman, l’introduction de Peter, le sermon du juge,…) grâce à des prestations hors-normes (Tom Hanks et F. Murray Abraham sont mortels !). Avant le tournage, les stars allaient et venaient sur le plateau avant d’être remplacés à tour de rôle et c’est ce joyeux bordel, cette débrouillardise dans le respect du planning, qui donne ce côté certes téléfilmesque mais rafraîchissant et convaincant. Malgré un sujet plus sombre qu’à l’accoutumée chez De Palma, il nous gratifie tout de même d’un plan séquence d’ouverture digne du tour de force (quelle maîtrise !)

Le bûcher des vanités téléphone

Chaque pilier de la justice à l’américaine (policière et divine) est une vraie caricature, exagérée à l’outrance pour le plus grand bonheur des répliques qu’ils balancent avec panache (la palme revenant au procureur, juif raciste au lead naturel adepte du bon mot). La scène finale où le verdict du jugement est prononcé vaut à elle seule le visionnage du film tant tout ce beau monde s’amuse et où le réalisateur se complaît à filmer un joyeux bordel prendre vie (on pense beaucoup aux comédies de Scorsese). L’accueil critique assassin fait au film relève tout particulièrement de sa capacité à traitement des inégalités raciales aux Etats-Unis (et plus particulièrement à New York) avec moquerie et sans prendre de gants, ce qui n’est pas du goût de l’Amérique puritaine et pudibonde (rien que les attouchements lascifs du couple adultère a du les faire trembler d’effroi, Melanie Griffith étant terriblement excitante dans son rôle de maîtresse insatiable).

Le bûcher des vanités liaison

Si les fans du cinéaste pour son côté touche à tout seront aux anges tant Le bûcher des vanités ne ressemble à aucun autre de ses films (hormis ses touches personnelles comme le 360° et le split screen, toujours au rendez-vous), les adeptes de la noirceur inhérente à l’oeuvre de De Palma devront passer leur chemin car si l’humour est grinçant et noir au possible, on reste dans la farce un poil lubrique où il fait bon de taper à coup de bâtons sur les doigts du système judiciaire et de Wall Street.

7/10

Publicités
Tagué , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :