Metro Manila – Sean Ellis (2013)

Metro Manila

La jungle urbaine n’a jamais aussi bien porté son nom. Manille, la capitale des Philippines, est une fosse où s’entassent des milliers de fauves dont la survie ne dépend que de leur capacité à savoir se défendre et, parfois, attaquer. Sean Ellis a parfaitement compris la situation particulière de la ville et s’en entiche dans un drame poignant qui prend un virage habilement géré dans le thriller. A l’instar d’autres villes tels que Rio de Janeiro ou Kinshasa, Metro Manila et son regroupement d’une bonne dizaine de villes (dont Manille) est une vraie manne pour la souffrance et la pauvreté. Et malgré tous les efforts du cinéaste pour ne pas sombrer dans le misérabilisme gratuit, son script contient quelques éléments dont on aurait pu se passer (la dent gâtée de la petite fille, le troisième enfant en route,…).

Metro Manila famille

Alliant mise en scène soignée et style documentaire (un peu à la manière de Tropa de elite), le tournage étalé sur seulement 30 jours est une vraie leçon de cinéma lorsqu’on aperçoit le résultat. Car rien n’est laissé au hasard, tout est calculé et jamais le terme amateurisme ne nous vient à l’esprit. Sean Ellis a une véritable vision artistique et un sens du détail rare. Sur deux heures, les possibilités de faux jeux sont légions mais la famille réunie pour l’occasion est vraie, amenant une sensibilité incroyable aux scènes émotives (et il y en a). Et si certains acteurs cherchent à cabotiner ou à sortir du cadre réaliste installé par Ellis, la musique de Robin Foster se charge de réintégrer leur prestation dans le moule en livrant une partition à la fois mélancolique, grisante et collant parfaitement aux images.

Metro Manila douche

Une belle surprise qui détonne dans un cinéma indépendant et estival, où les drames survendus par les festivaliers sont toujours propice à un débordement de pathos écœurant. Sean Ellis se contente de nous montrer une tranche de vie de gens qui ont moins de chance que nous autres, dans un monde qui ne pardonne pas ceux qui ont les poches vides. Violent dans son pessimisme latent, Metro Manila parvient tout de même à nous offrir une bouffée d’oxygène au détour d’un échappatoire mérité. Saisissant, intelligent et bouleversant !

8,5/10

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