Zu, les guerriers de la montagne magique – Tsui Hark (1983)

Zu

Par la genèse de sa production et son importance dans le cinéma chinois, Zu a connu une belle réputation à travers le monde. Premier film hong-kongais à utiliser des effets spéciaux en « dur » à l’écran, il se heurte à la hauteur de l’ambition de Tsui Hark qui, tel un enfant à qui l’on aurait accordé les pleins pouvoirs, se fait plaisir en nous faisant fondre les yeux par des procédés visuels d’une horreur inqualifiable. Mais attaquer Zu sur la qualité de ses effets spéciaux serait trop facile. Et malgré sa réputation, il ne manque pas de défauts tous plus grands les uns que les autres.

 Zu final

Commençons par le côté enfantin de l’entreprise qui, s’il sied bien au côté manga du film (on pense notamment à Dragon Ball) n’arrive jamais à lui faire adopter un traitement adulte qui aurait pu, avec le côté cynique des guerres de la Chine orientale (les armées de toutes les couleurs), être intéressant de développer. Cherchant vainement à faire vivre une galerie immense de personnage sur 1h30 de temps, l’identification ou l’empathie avec les personnages ne se fait jamais (la même chose arrivera à Time and Tide bien plus tard) et on les regarde déambuler dans des aventures aussi abracadabrantes que ridicules. Ajoutez à cela une romance d’une niaiserie absolue et un montage épileptique des scènes d’actions et vous obtenez un cocktail chaotique, cherchant absolument à nous montrer l’étendue du budget dans des effets jamais maîtrisés, au grand détriment de l’histoire.

 Zu boss

Le folklore chinois est davantage présent dans Zu que dans Green Snake (ce qui me refait estimer ce dernier à la hausse) et le final est catastrophique. Alliant fonds colorés, jeux de lumières, personnages flottants, fusions des personnages (Dragon Ball Z je vous dis !), répliques sans queue ni tête, on assiste là à une éjaculation d’effets physiques et sonores qui finissent d’enterrer Zu et de peaufiner son aspect kitsch (le final est très disco) au grand dam de son réalisateur qui, malgré la folie ambiante du projet et les quelques idées de mise en scène, n’arrivera jamais à faire renaître son bébé quelques années plus tard avec un remake pire que l’original à en croire les critiques. Je pense qu’à l’avenir, je vais faire l’impasse sur les films que je suis sûr de ne pas aimer pour garder vivace le souvenir de The Blade.

2/10

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