Man of Steel – Zack Snyder (2013)

Man of steel

Après avoir déconstruit de manière très structurée le mythe du super héros avec son Watchmen, les studios Warner réclament à Snyder l’exercice inverse avec Man of Steel. Patriarche s’il en est, Superman a vu le jour sous de nombreuses adaptations, plus ou moins kitsch. C’est en prenant à contre pied toutes les attentes des spectateurs et des fans et en nous proposant une mythologie à l’humanisme prégnant que le cinéaste, dont la vision à l’optimisme balbutiant et aux choix surhumains sera renforcée par le talent d’écriture de la sphère Nolan (David S. Goyer et les frères Nolan), retrace la genèse d’un héros. Plus sombre que ses aînés, Man of Steel se veut également plus mature. Et toute renaissance a besoin de fondations solides. C’est en cela que la naissance de Kal-El sur Krypton est un passage obligé de la réadaptation du surhomme qui, tel un phénix renaissant de ses cendres, va pouvoir voler de ses propres ailes. De sa propre cape.

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Car qui dit repeaufinage dit révision du costume. Exit le slip rouge, marque de fabrique du personnage. Le costume de Superman est d’un bleu métallique sobre, symbole d’une volonté d’assombrir sa puissante aura humaniste. Dans Man of Steel, il va falloir choisir entre sa part de Terrien et sa part de Kryptonien. L’humanité et ses erreurs, faite de choix incertains et de destins hasardeux contre la renaissance d’un monde anciennement florissant et développé technologiquement, où tout est programmé à l’avance et où chacun à sa place dans la société bien avant sa naissance. Rien de manichéen. Pas de bien ou de mal. Juste une volonté de vouloir faire ressortir telle ou telle origine. Les deux civilisations ont leurs qualités comme leur défaut. Et jusqu’à l’ultime affrontement, Superman va peser le pour et le contre de son appartenance au monde des humains, dans une lutte sans merci contre ses compatriotes.

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A base de destructions massives impressionnantes et jouissives, toute la dernière partie étale un climax dévastateur où la pyrotechnie atteint un degré encore rarement atteint dans la jubilation que le spectateur peut avoir à admirer Zod et Superman se mettre sur le coin de la gueule. Un duel au sommet qui contrebalance complètement avec l’heure précédente. Agrémentée de flashbacks incessants, elle permet de revenir sur l’adolescence de ClarkKal-ElKent et plus particulièrement sur son questionnement intérieur quand à l’explication de ses pouvoirs. Une jeunesse entre vilain petit canard et paria qui résonne dans les scènes non ancrées dans les souvenirs, montrant un Clark Kent défenseur de la veuve et de l’orphelin. Mais cette générosité se verra bafouée par certaines révélations qui vont peser dans la balance du doute. Alors qu’il était prêt à mouiller la chemise pour sauver une dizaine d’hommes sur une plateforme pétrolière, l’affrontement final verra périr des milliers d’âmes sans qu’il ne puisse faire autre chose que penser à son propre destin. Mais il faut savoir sacrifier quelques personnes pour en sauver un bien plus grand nombre.

 Man of steel photo

Le casting est d’une efficacité désarmante. Entre un Henry Cavill méconnu qui parvient à dompter la puissance du costume de Superman grâce à une musculature impressionnante et un charme intemporel, loin des standards du playboy classique, un Kevin Costner rare mais d’une puissance émotionnelle remarquable, une Amy Adams aussi badass que romantique, faisant preuve d’un professionnalisme déterminé et un Michael Shannon cabotin mais terrorisant, dans le rôle d’un conquérant extraterrestre particulièrement dévoué à sa terre natale (Alexandre le Grand pour certains, Hitler pour d’autres), le choix des acteurs n’a pas été fait à la légère et n’est jamais synonyme d’une quelconque hype autour de l’un d’eux. Chacun s’investit dans son rôle et donne vie à son personnage. Rassurant lorsqu’on voit le pilotage automatique de certains acteurs dans les blockbusters estivaux.

 MAN OF STEEL

Terminant sur une pointe d’humour (une scène digne d’un épisode de Lois et Clark : les nouvelles aventures de Superman), Man of Steel se révèle être brillant, tel un phare dans le firmament des invasions de super héros estampillés Marvel. A l’instar de Batman, Superman trouve une place confortable chez Warner, se posant en film rassembleur du futur Justice League qui devrait réunir les plus grands héros de DC Comics. Si le film est du même acabit, je signe de suite !

8,5/10

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