Douze hommes en colère – Sidney Lumet (1957)

Douze hommes en colère

Pour un premier film, Sidney Lumet frappe très fort avec un huis-clos étouffant et magistral. La grande force du film est de traverser les âges sans encombres, ce miracle étant du au simple fait que la délibération des jurés n’a pas évolué depuis l’époque de tournage. En ayant une base narrative intemporelle et solide, le scénario simple mais puissant a pu ainsi être transposé à la télévision et au théâtre, avant de faire son trou dans les salles obscures. Grand amateur de théâtre au point de jouer dans des pièces à Broadway, le script de Douze hommes en colère est du pain béni pour son entrée dans le monde du cinéma. Unités de lieu, d’action et de temps rendent le travail de retranscription plus facile pour quelqu’un ayant déjà foulé les planches.

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Mais Lumet ne se contente pas de filmer son groupe d’acteurs sans dynamiser l’ensemble. Il fait preuve de beaucoup d’inventivité et occupe l’intégralité de son espace restreint, baladant sa caméra un peu partout comme un voyeur invisible de la délibération. Et si le spectateur est flatté avec des travellings et des plans séquences ingénieux, il est également mis à mal par la tension qui s’installe au fur et à mesure, rendant plus ou moins nerveux les hommes assis autour de la table, leur personnalité éclatant au grand jour sous la chaleur torride d’un après midi d’été orageux. Chaque personnage a son caractère propre, aucun d’eux n’est délaissé et comme dans la vie de tous les jours, de fortes têtes vont se mettre en avant à coups d’interventions charismatiques ou de répliques cinglantes et arrogantes.

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Les répliques sont intelligemment écrites et le suspense est omniprésent, chacun y allant de son argumentation pour amener le reste du groupe à partager son point de vue. Lee J. Cobb, Jack Warden et Henry Fonda reste le trio le plus impressionnant, les autres se contentant de rester au second plan malgré l’importance de leurs interventions. Catalysant à eux seuls l’attention par leurs jeux d’acteurs et leur présences, ils arrivent à donner vie à leurs personnages au delà des espérances de Lumet qui enregistre leurs performances sans en rater une seule miette. Ce qui fait la puissance du film, c’est avant tout ce groupe hétérogène, où chaque défenseur de la culpabilité de l’accusé devra être convaincu par un Fonda frondeur d’une manière toujours plus subtile, l’épuisement et la tension rendant de plus en plus difficile l’argumentaire en sa faveur.

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Cette première incursion dans le septième art n’a pas volé son statut d’oeuvre culte tant elle reste, après 56 ans d’existence, une pièce maîtresse du cinéma américain et un incontournable du huis-clos dont le concept, réutilisé à maintes reprises, n’a pas fini d’épater par sa subtilité allié à sa simplicité.

10/10

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