L’armée des morts – Zack Snyder (2004)

L'armée des morts

Quand tu t’attaques à un remake d’un film de la tétralogie de Romero, tu as plutôt intérêt à avoir de solides cojones. Car pire qu’une armée des morts, c’est une horde de fans qui te tombe sur le râble, toujours insatisfait de tel ou tel éléments, comparant sans cesse les deux œuvres entre elles. Mais peut-on vraiment comparer un remake qui, même s’il s’inspire d’un film de 1978, n’en garde que les fondations pour reconstruire le tout dans une époque plus contemporaine ? Si le centre commercial, arène des hostilités et bunker des survivants, a été conservé, Snyder a préféré faire table rase du passé, jusqu’à éradiquer la satire sociale prégnante aux films de Romero. Ce sous-texte en moins, il a pu s’attarder sur la psychologie de ses personnages qui sont tous différents et tous développés de manière plus ou moins égale.

L'armée des morts intro

En terme d’immersion, l’introduction de L’armée des morts est un modèle du genre. Tablant sur l’arrivée de l’épidémie en une nuit, le réveil s’avère brutal et les mouvements de caméra accompagnent la détresse et la panique de chaque habitant du quartier résidentiel. L’arrivée du générique constitue une bouffée d’air frais dans cette atmosphère polluée par un virus inconnu (dont on ne connaître jamais la cause, comme dans la plupart des films de zombies). Snyder tient en haleine son public et, par l’intermédiaire de cette démonstration technique (action, mise en scène, destins des personnages), va les rallier à sa cause, remodelant les principes du genre (comme la course des zombies, plus proche de 28 jours plus tard que de Zombie).

L'armée des morts attaque

Si la survie est au cœur du film (chacun est un zombie potentiel), les personnages parviennent à s’émanciper malgré le fait que deux ou trois survivants tiennent toujours la dragée haute aux autres et gardent le lead, qu’il soit charismatique ou physique (la scène du parking est énorme pour ça). Cependant, même les femmes, qui sont pourtant assimilés à de la chair à canon dans la majorité des productions horrifiques, savent se démerder et être utile au groupe, tout en remontrant aux hommes qu’elles peuvent être aussi violentes et fortes psychologiquement qu’eux. Il est donc difficile de parier sur qui va s’en sortir et qui va y rester tant l’ensemble des personnages est hétérogène et que chacun a un atout à jouer dans la survie du groupe.

L'armée des morts bus

Si les personnages ne sont pas caricaturaux, la principale critique à leur faire serait qu’ils ne réagissent pas de manière réaliste aux traumas qu’il vivent (l’infirmière perdant son mari et sa fille, le flic perdant son seul ami, le black perdant sa femme). On en est à se demander si Snyder aurait du mettre autant l’accent sur l’action, oubliant parfois ses personnages au détriment des scènes gores réussies et de pertes douloureuses. Mais le groupe fonctionne si bien qu’il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit tant il est rare de voir des personnages aussi soudés lutter contre une seule et même cause. Pas (ou peu) de tires-aux flancs, la plupart sont badass et le film n’est pas avare en headshots. Un remake réussi qui parvient même à faire de m’ombre à son aîné en prenant une tournure différentes. Celui du pur divertissement !

7/10

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