Sympathy for Mister Vengeance – Park Chan-wook (2002)

Le premier film d'un tryptique violent.

Le premier film d’un tryptique violent.

L’expression qui consiste à affirmer que le calme vient avant la tempête colle parfaitement à ce film, tant il contient déjà tous les prémices de la violence qui explosera dans Old Boy. Quasiment mutique, cette introduction dans une trilogie vengeresse fait office d’amuse bouche. Si Park Chan-wook soigne sa mise en scène, c’est plus par souci de garder éveillé le spectateur que . Car les deux heures doivent être subis pour parvenir à l’épilogue de cette course poursuite effrénée entre deux hommes qui se sont vus arrachés l’être qui leur était le plus cher. La vie ne leur faisant aucun cadeau, la noirceur qui se dégage du film est particulièrement lourde, le pathos se dégageant des personnages étant maladroitement associé à une surenchère d’effets gores.

L'ambition du cinéaste tombe un peu à plat.

L’ambition du cinéaste tombe un peu à plat.

En parvenant à entrecroiser une triple histoire de vengeance, débutant toutes sur un deuil difficile, Sympathy for Mister Vengeance n’a toutefois pas un scénario très dense. S’il est le film le plus atmosphérique de la trilogie, il est également le vilain petit canard du lot car on devine aisément qu’aucune échappatoire n’est possible. Le réalisateur nous gratifie de mouvements de caméra absolument délicieux, faisant passer la pilule de l’ennui qui ne tarde pas à poindre le bout de son nez. Derrière un dialogue social semi risible (on y va avec des gros sabots), le film peine à nous rendre attirants ses personnages, tellement dénués d’âme et si peu charismatiques. Un comble pour une histoire de vengeance où l’identification doit se faire très rapidement.

La police est bien en peine de rassembler les pièces du puzzle.

La police est bien en peine de rassembler les pièces du puzzle.

Si les acteurs ne sont pas à plaindre, ce sont ces esquisses de sentiments jamais dévoilés, jamais mis à nus, qui empêche de s’intéresser à leurs sorts. Même en jonglant avec nos propres émotions, le film demande beaucoup trop d’investissement personnel pour qu’on puisse se plonger avidement dans cette entrée en matière. Si le côté filmique est très bien traité (on sent que Park Chan-wook est avant tout un artiste), l’aspect scénaristique aurait mérité d’être plus raccourci pour amener davantage de vigueur à l’histoire et rendre moins boursouflé cette vengeance tellement teintée de désespoir qu’elle en devient énervante.

Le passage du père à la morgue est vraiment de trop.

Le passage du père à la morgue est vraiment de trop.

En multipliant les points de vue sur les différents personnages, aucune réelle justice, aucune véritable morale ne ressort vraiment de l’histoire. Chacun est tellement lessivé par la vie que les choix qui lui apparaissent sont les plus sombres et les plus violents. Si Park Chan-wook montre qu’il a parfaitement saisi la manière de capturer la beauté de la violence, il est encore loin d’avoir réussi à donner une réelle profondeur à ses personnages qui ne demandaient que ça tant leur background est bel et bien esquissé. Une tentative trop « autiste » de montrer que la violence peut faire ressurgir des sentiments profondément ancrés et sincères en nous.

6,5/10

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