Mondwest – Michael Crichton (1973)

Westworld. Traduction française: Mondwest. Allez comprendre...

Westworld. Traduction française: Mondwest. Allez comprendre…

Michael Crichton a été l’un des rares à mélanger la science et le divertissement  s’attirant ainsi les faveurs d’un large public mais s’ouvrant surtout les portes des studios de cinéma l’accueillant à bras ouverts. Mondwest est sa première tentative de titiller le septième art avec un scénario original qui n’est tout de même pas sans rappeler les fondations du roman Les temps parallèles de Robert Silverberg, publié quelques années plus tôt. Sur un postulat d’anticipation très récréatif (la science est reléguée au second plan pour amener davantage de spectaculaire), le film tend à prouver qu’on peut être sérieux tout en s’amusant.

Crichton place sa science au service des plus riches.

Crichton place sa science au service des plus riches.

L’univers de Mondwest est un parc d’attraction retranscrivant certaines périodes précises de l’histoire (Moyen Âge, Rome antique et Ouest américain), permettant à ses visiteurs d’endosser, moyennant une somme plutôt rondelette, un rôle plus ou moins majeur suivant leurs intentions. Si Crichton a l’air calé en science, il préfère ne pas se la jouer historien en s’intéressant plutôt à la partie américaine, laissant de côté les deux autres époques qui ne lui serviront que de matière malléable pour son scénario. Si certaines idées sont géniales et montrent déjà l’étendue de l’imagination future de l’écrivain, certaines incohérences plombent le récit, erreurs un peu grossières notamment visibles dans les deux époques sous-exploitées.

Qui n'a jamais rêvé d'incarner un hors-la-loi recherché pour le meurtre du shérif ?

Qui n’a jamais rêvé d’incarner un hors-la-loi recherché pour le meurtre du shérif ?

Réduisant ses robots-employés censés donner une vie artificielle aux attractions proposés en simple chairs à canons, Crichton n’en oublie pas de montrer le revers de la médaille comme à son habitude (Jurassik Park parle également d’une créature se retournant contre son géniteur, le tout dans un parc d’attraction). On ressent très clairement le besoin viscéral des usagers de se lâcher complètement, quitte à libérer des pulsions sexuelles et/ou meurtrières. Lorsque les femmes choisiront plutôt la Rome antique pour goûter aux joies des orgies, les hommes préféreront s’adonner aux duels poussiéreux, tuant quiconque pour un oui ou pour un nom. Un jeu dangereux qui les pousse à détruire quelques barrières de morales et leur fait totalement oublier la bienséance qui est de mise dans la vie quotidienne. Bienséance qu’auront tôt fait de leur rappeler les robots, victimes d’un bug les libérant de toutes contraintes, à l’instar des humains qu’ils se feront un plaisir de détruire.

La création scientifique n'est que le reflet de notre imagination, souvent perverse.

La création scientifique n’est que le reflet de notre imagination, souvent perverse.

Si le duo Benjamin/Brolin s’en sort plutôt bien, c’est véritablement Yul Brynner que l’on retient de Mondwest. Carrure de boxeur, crâne poli et regard pénétrant, c’est LA personnification du bug. Celui là même que tu ne veux pas croiser sur ta route. Question mise en scène, c’est vraiment très efficace, notamment dans la partie où la révolte des machines prend marche et où toute discussion est inutile, Crichton décidant d’y aller à l’économie de dialogues (deux phrases sont prononcées dans la demie heure finale). Par le biais de cette autonomie, les robots prennent conscience de leur état (la femme qui refuse de l’eau sous peine d’un court-circuit), de leurs forces (la première fois que Yul Brynner tue), mais aussi de leurs faiblesses (lorsque Peter se cache malgré lui sous une torche enflammée).

Aussi loin que le regard puisse porter, le jeu à une limite. Et une fin.

Aussi loin que le regard puisse porter, le jeu à une limite. Et une fin.

Mondwest est véritablement devenu un objet de convoitise auprès des autres réalisateurs, avides d’utiliser une telle manière d’appréhender la science tout en permettant à un large public de s’intéresser au genre par l’intermédiaire de codes narratifs simples et reconnaissables (le western  dans Mondwest), sans pour autant perdre l’intensité des idées exploitables, qui méritent d’être débattues de longue heure. Une bien belle manière de nous montrer que la création scientifique, même si elle est d’origine humaine, peut échapper à notre contrôle.

9/10

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