Abandonnée – Nacho Cerdà (2006)

Le Richard Stanley de l'horreur ?

Le Richard Stanley de l’horreur ?

Nacho Cerdà, c’est un immense talent qui n’a jamais eu la chance de véritablement s’exprimer. Avec sa Trilogie de la mort, une compilation de 3 courts métrages fantastiques aux idées particulièrement brillantes et dérangeantes (je suis encore traumatisé par des images d’Aftermath qui me reviennent à l’esprit), il apparaissait déjà comme un artiste malsain, où la majesté de la mise en scène (revoir Genesis pour s’en rendre compte) devait être proportionnelle à l’horreur des scènes qui mettaient à mal le spectateur. C’est quelques années après ma découverte de ses courts métrages que je me lance enfin dans le visionnage d’Abandonnée. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que je voulais avoir envie de le voir plutôt que de me forcer à le regarder parce que c’est un film signé Cerda. Seul et unique film de l’artiste visible chez nous (on parle d’un Yo soy legion dont il serait l’instigateur), il est aussi flippant que je le pensais.

Ils sont aussi doux que des agneaux...

Ils sont aussi doux que des agneaux…

Même s’il s’appuie sur un genre depuis bien longtemps vidé de sa substance (la maison hantée et ses dérivés), Abandonnée parvient à nous tenir en haleine par une utilisation de l’atmosphère assez impressionnante. Chaque bruit et chaque son fait l’objet d’un examen minutieux pour retranscrire à la perfection l’angoisse des protagonistes. Et si la fin, pessimiste au possible, est un peu trop brouillonne, on ne pourra pas lui reprocher d’être avare lorsqu’il s’agit de nous foutre la trouille. Utilisant le septième art à la manière d’un magicien, Cerda s’amuse de son public en utilisant des procédés terriblement efficace (la lumière du faisceau de la lampe torche qui révèle la vraie nature des choses, la reconstruction de la maison) et encore jamais vus. Si le script souffre de ne pas être plus ouvert à la réflexion, la mise en scène fait oublier tout désagrément pour nous plonger au cœur même de ce qui fait le sel de l’horreur: l’absence totale de repères qui nous font vivre chaque minute comme la dernière.

7/10

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