Dead Man Down – Niels Arden Oplev (2013)

Un sous-Tarantino ou un sous Guy Ritchie ?

Les monteurs de trailers ne savent plus quoi faire pour vendre un film…

Il fût un temps où le nom d’un cinéaste, d’un acteur voire même même d’un compositeur ou d’un scénariste suffisait à vendre un film. Le public y allait les yeux fermés en faisant confiance à une cinéphilie longuement établie. De nos jours, la chose se fait plus rare. Mis à part quelques rares cinéastes élus, le public veut tout savoir et tout comprendre avant même d’avoir vu le film. En quoi est-ce jouissif d’aller voir quelque chose dont on connaît tout à l’avance ? Est-ce que c’est une manière de se rassurer avant d’aller débourser 10 à 15 euros pour une séance dont on n’est pas sûr de ressortir conquis ? De plus, en quoi un trailer de 3 minutes est-il plus efficace qu’un autre d’une seule et unique minute ?

Y'a une photographie assez soignée malgré le manque d'originalité de l'ensemble.

Y’a une photographie assez soignée malgré le manque d’originalité de l’ensemble.

C’est sur cette gamberge que je suis allé me frotter au nouveau film d’Oplev, que je ne connaissais que de renom pour avoir signé la trilogie Millenium. Dead Man Down semble suivre la même ligne directrice par sa froideur, son actrice et sa volonté de proposer un cinéma intéressant mais dénué de prise de risque. Tout a déjà été vu, parfois en mieux, et il manque très nettement un style ou une patte graphique au cinéaste pour s’imposer dans le registre. Moins proche d’un Tarantino que d’un Guy Ritchie, ce thriller verbeux à la sauce mafieuse ne brille pas par sa capacité à aborder un registre déjà bien balisé mais par celle de nous perdre grâce à des non-dits qui donnent envie d’en savoir plus sur les agissements du personnage incarné par Farrell.

Si on oublie les mimiques de l'acteur, ça passe.

Si on oublie les mimiques de l’acteur, ça passe.

Sans en dévoiler davantage que la bande annonce, il est de bon ton d’y aller en ayant oublier tout comme moi de quoi le film parler afin de profiter un maximum de l’écriture en mille-feuilles du scénario. Si on ne comprend rien au début, c’est parce que tout nous est expliqué au fur et à mesure et c’est seulement au bout de la première heure que les enjeux se mettent en place. Entre temps, on aura eu droit à des envolées d’action plutôt bien gérées (la fusillade chez les Jamaïcains), une romance peu conventionnelle et une bande originale qui porte bien son nom. Mais c’est peu comparé au potentiel qu’avait cette histoire gravitant autour d’un gangster aux idées noires.

La vengeance est un plat qui se mange froid.

La vengeance est un plat qui se mange froid.

Rien de nouveau sous le soleil même si ça fait toujours plaisir de voir que des réalisateurs sont encore capable de sortir des films dénués de shakycams ou de ralentis (le trailer, en plus de spoiler, ment sur la marchandise). Basique, il ne faudra retenir du film que le charme de Rapace qui, même défigurée, arrive à rester agréable à regarder ainsi que les références nombreuses au monde du jeu vidéo (Far Cry et GTA en tête).

6/10

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