Effets secondaires – Steven Soderbergh (2013)

ffsfsfsfsfsf

Je m’attendais à un énième film raté: j’avais tort.

Mon médecin m’avait dit d’arrêter de regarder des films de Steven Soderbergh. Que ça pouvait engendrer un choc traumatique sur mon amour du cinéma qui serait irréversible. Mais l’appel du danger m’a fait entrer dans cette salle sombre et hospitalière et je me suis assis, contraint et forcé par l’appel entêtant d’un siège désespérément vide et diaboliquement placé en son centre. Pour sa fin de carrière, on pourra dire ce qu’on voudra mais le cinéaste n’aura jamais été aussi prolifique que ces derniers mois. 4 films en un an et demi dont la moitié est à jeter. Le lien entre ces deux derniers bons films ? Jude Law. C’est peut être une coïncidence mais je n’y crois pas.

Un rôle complexe et torturé où Law apporte ce qu'il faut de flegme.

Un rôle complexe et torturé où Law apporte ce qu’il faut de flegme.

L’acteur anglais serait-il sur le point de devenir la nouvelle muse du réalisateur derrière Georges Clooney et Channing Tatum ? Possible vu la part du lion qu’il se paye dans Effets secondaires, volant la vedette à tous les autres acteurs et rivalisant de talent avec une Catherine Zeta-Jones qu’on n’avait pas vu si bien exploitée depuis longtemps. Difficile de parler de leurs prestations sans délivrer des bouts d’intrigues mais le film est bien au delà de mes attentes (facile, je n’attendais plus rien de Steven) et ne joue pas la carte de la facilité. Alors qu’il aurait pu s’épancher sur les laboratoires pharmaceutiques et surfer sur les bons retours de Contagion en livrant un nouveau thriller médical, le film prend un virage insoupçonné qui surprend agréablement.

La drogue, c'est pas bien.

La drogue, c’est pas bien.

Même s’il ne va pas jusqu’à être inattendu, le film se joue de nous et dresse un bilan assez amer de l’être humain, à savoir qu’il est capable de livrer deux facettes différentes suivant ses interlocuteurs. Certains appellent ça l’image médiatique, d’autres appellent ça la notoriété professionnelle. Mais lorsqu’on est poussé dans nos derniers retranchements, ce sont nos instincts qui guident nos décisions et l’on se met à réfléchir différemment, en laissant de côté la mauvaise impression qu’on peut laisser aux autres, permettant ainsi de se concentrer sur les nœuds du problème afin de les démêler.

Tatum, il a pas de chance. Il est tellement mauvais qu'on lui donne que des rôles courts dans les films (cf. G.I. Joe)

Tatum a pas de chance: il est si mauvais qu’on lui donne que des rôles courts à chaque fois (cf. G.I. Joe).

Même si Effets secondaires ne va pas me réconcilier avec Soderbergh, il a le mérite de passer un coup de balai sur l’impasse artistique dans laquelle il s’était fourvoyé et de remélanger habilement pour notre plus grand plaisir le thriller et le film social. Une peinture de l’Amérique et des lobbies pharmaceutiques inoffensive mais efficace.

8/10

Publicités
Tagué , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :