Les émotifs anonymes – Jean-Pierre Améris (2010)

Un film aussi doux et sucré qu'un chocolat fondant sur un palais.

Un film aussi doux et sucré qu’un chocolat fondant sur un palais.

La comédie française, on a beau en faire le tour, elle arrive toujours à nous surprendre. Malgré les dizaines de films qui sortent tous les ans et qui tablent sur le registre comique (à défaut du dramatique), certains sortent du lot et gagnent à être connus. C’est le cas de ces Emotifs anonymes qui ne le sont pas tant que ça. Si le film aurait gagné en candeur et en profondeur avec des interprètes peu connus, il reste tout de même habité d’un charme fou du fait de ses deux interprètes aussi talentueux que peu exploités pour livrer des personnages tout en retenue (Poelvoorde en tête de liste).

Lorsqu'il ne prend pas la grosse tête, Poelvoorde peut être épatant.

Lorsqu’il ne prend pas la grosse tête, Poelvoorde peut être épatant.

Affublé d’un filtre d’époque qui n’est pas sans rappeler celui qu’on reverra en 2012 dans Populaire (ça se passe sans doute dans la même décennie ou proche), le film d’Améris étonne par sa relative simplicité et sa courte durée. 1h20 lui suffiront pour exploiter ses deux personnages aussi naïfs que sentimentalement affaiblis par leur timidité et leur inexpérience. Aussi touchants l’un que l’autre, ils ne sont jamais plus drôles que lorsqu’ils se donnent en spectacle, dans un ballet de quiproquos, de maladresse et de tendresse. Les scènes qui les font se rapprocher (le restaurant, le concours) sont celles là même qui définissent la raison d’être du film, bien loin des développements psychologiques des deux personnages.

Y'a du music-hall dans la chanson que murmure Isabelle Carré.

Y’a du music-hall dans la chanson que murmure Isabelle Carré.

C’est d’ailleurs dommage que le cinéaste ne s’attarde pas sur leur manière d’appréhender le monde en solitaire. Si l’on voit Isabelle Carré tenter de briser le silence qui la foudroie dans des réunions d’émotifs anonymes et Benoît Poelvoorde se livrer à son psychologue, on ne se frotte que très peu à leur jeunesse, la naissance de cette timidité et les appréhensions passées ou les histoires d’amour ratés qui les définissent comme ces deux grands enfants qu’on aperçoit dans la chocolaterie. L’idée de leur faire se bouleverser leur quotidien dans un monde de chocolat est une idée agréable tant le goût et l’odeur de celui-ci représente parfaitement la manière dont il vivent cette romance, aussi sucrée et craquante, coupable et en même temps innocente.

Il n'y en a pas un pour faire le premier pas.

Il n’y en a pas un pour faire le premier pas.

Les émotifs anonymes est une comédie douce-amère que l’on déguste et qui apporte un peu de gaieté et de renouveau dans la manière d’aborder l’amour dans le cinéma français. Rien d’exceptionnel dans tout ça mais ça dure si peu de temps que ça serait dommage de passer à côté de cette rafraîchissante histoire d’amour.

6,5/10

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