The Place Beyond the Pines – Derek Cianfrance (2013)

Un polar au scénario pour le moins inattendu.

Un polar au scénario pour le moins inattendu.

Derek Cianfrance est vraiment un réalisateur adroit. En balançant un synopsis d’une simple ligne, il parvient à nous induire en erreurs et à rallier le plus grand nombre à sa cause. Les fans de Gosling, les fans de polar et de films de casse et ses propres fans. Trois publics bien ciblés, différents dans leurs attentes mais qui peuvent être une seule et même personne. C’est un peu ça l’idée du scénario de son nouveau film: tenter d’imbriquer trois histoires bien distinctes mais qui se répondent par une continuité chronologique et qui permettent une lecture parfaite de sa fresque dramatique.

Les erreurs d'une génération peuvent influer les choix de vie de la génération suivante.

Les erreurs d’une génération peuvent influer les choix de vie de la génération suivante.

Ce qui surprend en premier lieu, c’est ce choix voulu dès le départ de ne pas se répéter. Autant le personnage de Ryan Gosling partage la même vision de la famille que son personnage précédent chez le cinéaste, autant elle n’est clairement pas au centre de ce film. Cette continuité chronologique débute donc dès le plan séquence d’ouverture, d’une maîtrise absolue et d’une fluidité incroyable, avec un thème qui semble être très cher à Cianfrance: la figure paternelle. Si les femmes ne sont pas de simples potiches, la qualité de l’écriture des personnages se ressent surtout du coté masculin, avec des personnalités fortes. Et pour donner un poids à ces caractères bien trempés, quoi de mieux que d’utiliser à contre-emploi deux des acteurs les plus cruellement mésestimés et utilisés à mauvais escient.

La partie polar en interne pourrait faire un film à elle seule.

La partie polar en interne pourrait faire un film à elle seule.

Cooper et Gosling ne se volent jamais la vedette grâce à une particularité scénaristique. Une manière simple qui permet à Cianfrance d’éviter de trancher sur leurs temps de présence et qui ramène le film à hauteur d’homme en ne s’attardant que sur un seul personnage à la fois. Même si leurs destins se croisent, The Place Beyond the Pines recherche plus qu’une simple fatalité évidente dans leur différence de statut (l’un braque des banques, l’autre est flic) mais faire retentir le souvenir de leurs actions et exactions aussi longtemps que possible dans le temps, quitte à ce que leurs échos parviennent aux oreilles de leur progéniture.

Le film parvient à être émouvant avec une facilité qui désarçonne.

Le film parvient à être émouvant avec une facilité qui désarçonne.

Ambitieux dans sa manière d’aborder le polar, admirable dans sa capacité à le rendre plus touchant et plus humain, le récit est maîtrisé de bout en bout. Même si les éclairs de génie en terme de mise en scène disséminés ci et là ne parviennent pas à cacher la monotonie qui s’en dégage, c’est un élément positif qui est à rajouter à l’impact mélancolique qui se dégagent des images. Un dyptique parfait avec Blue Valentine.

7,5/10

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Une réflexion sur “The Place Beyond the Pines – Derek Cianfrance (2013)

  1. J’aime beaucoup ta critique, qui m’évoque le film différemment, plus justement peut-être que la façon dont moi je l’ai ressenti…

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