Crimes à Oxford – Álex De La Iglesia (2008)

Un thriller un peu trop...scolaire.

Un thriller un peu trop…scolaire.

Alors qu’il a l’habitude des farces noires et de l’humour décapant, Álex De La Iglesia décide un beau jour de faire une incursion dans le monde du thriller. Une manière simple de rendre hommage à l’un de ses maîtres à penser du nom d’Hitchcock. Mais n’est pas le maître qui veut. Crimes à Oxford est tantôt académique, tantôt fainéant. Plus qu’affublé d’un mauvais scénario (on dirait un épisode d’Arabesque), ce sont des personnages dont il faut se méfier. On ne s’implique jamais dans leur enquête tant d’une part, celle-ci est fastidieuse et inintéressante et, d’autre part, ils sont aussi suffisants l’un que l’autre. Un concours de bites qui n’est pas des plus agréables à regarder.

Avec son visage d'androgyne, l'identification est impossible.

Avec son visage d’androgyne, l’identification est impossible.

Si John Hurt bouffe littéralement l’écran et que Leonor Watling bouffe littéralement toute ma concentration, Elijah Wood n’est pas du tout à sa place et aurait mieux fait de regarder paître ses vaches dans les prairies de la Comté. Il incarne ici une parfaite tête d’ampoule, si sûr de lui qu’il exaspère à un point non négligeable. Ajoutez à cela qu’il arrive à coucher avec la bimbo du film et vous comprendrez à quel point il est normal de le haïr. Plus sérieusement, on se moque éperdument de ce qui peut lui arriver durant cette partie de Cluedo à échelle humaine.Sorte de super héros intello (les lunettes en moins), il compte mener à bien son enquête en fouinant dans les livres et en résolvant des équations dont j’avais tenté jusque là d’oublier l’existence.

Y'a que De La Iglesia pour réussir à caler un plan de femme nue sous un tablier sans que ça paraisse pervers.

Y’a que De La Iglesia pour réussir à caler un plan de femme nue sous un tablier sans que ça paraisse pervers.

Du film noir, le film n’en garde que les codes avec des fausses pistes, un scénario soi-disant alambiqué mais au twist finalement ridicule et une partition musicale agréable. Faussement malin et ingénieux, Crimes à Oxford cherche à rendre scientifique une enquête qui n’en a jamais besoin. Cela donne des discussions houleuses entre deux manières d’interpréter le monde: Celui qui prend la vie comme elle vient et ne cherche pas à expliquer les choses de la vie et l’autre, obsédé par la maîtrise et la rationalité de toutes choses. D’une platitude à mourir d’ennui, le film parvient tout de même à garder notre intérêt vivant jusqu’à la toute fin où l’hésitation entre le rire et la colère est de mise.

Mais on s'en fout qu'il arrive à résoudre le dernier théorème de Fermat !

Mais on s’en fout qu’il arrive à résoudre le dernier théorème de Fermat !

Le fond du panier chez ce cinéaste espagnol qui prouve qu’il n’est jamais plus à l’aise qu’avec ses histoires originales et débordantes de vitalité. Cependant, on peut être chagriné de voir que De La Iglesia n’arrive pas à passer le cap d’un autre genre. Mais il est un tel artiste de l’image et du rire que cette errance policière est pardonnable. CQFD !

3,5/10

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