La chute de la Maison Blanche – Antoine Fuqua (2013)

C'est toujours jouissif de voir les Américains se prendre une grosse branlée !

C’est toujours jouissif de voir les Américains se prendre une grosse branlée !

Alors qu’on pourrait croire à la vue de l’affiche qu’on va se retrouver en face d’un clip patriotique, cherchant à embrigader par des notions séculaires de vaillance et d’honneur des jeunes désoeuvrés, Antoine Fuqua détourne les attentes de certains et les craintes des d’autres en livrant un actionner aussi efficace qu’inattendu. Dans la droite lignée des Die Hard (on pense énormément à Une journée en enfer), La chute de la Maison Blanche n’épargne pas les Américains et leur statut de « maîtres du monde », les mettant en proie à une menace fantôme qui montre que leur pseudo-invincibilité n’est pas si méritée que ça. Une prise de risque honorable dans une production estampillé 100% américaine.

Gerard Butler est une vraie réponse à John McClane.

Gerard Butler est une vraie réponse à John McClane.

Cependant, je suis conscient qu’il s’agit d’un film et qu’il ne reflète en rien la réalité. Mais lorsqu’on cherche à créer de l’empathie avec un fait possible ou probable qui toucherait la plus puissante force mondiale (avec la Chine, il ne faut plus se leurrer), on emprunte quand même aux traumas et aux peurs des citoyens et des gouvernements, américains en premier lieu mais pouvant prendre une proportion mondiale et s’appliquer à de nombreux pays qui sont susceptibles d’être dans la ligne de mire de dictatures ou de pays oppressés (notre entrée en guerre au Mali peut éventuellement donner lieu à ce genre de scénarios catastrophes). Ce qui est d’autant plus intéressant dans ce film, c’est la balance constante entre patriotisme exacerbé (les discours du président, l’homme patriote) et pertes humiliantes (destruction de l’Obélisque, bannière étoilée mitraillée, innocents tués par dizaine).

Y'a des plans tellement jouissifs !

Y’a des plans tellement jouissifs !

Avec Du plomb dans la tête, on est servis en terme de nostalgie. Le film de Fuqua est un retour aux sources, directement ancré dans les années 80 où l’action ne servait que la forme et non le fond. Gerard Butler s’inscrit dignement dans les plus grandes figures héroïques jamais vu sur grand écran. Son style de baroudeur pétri de punchlines et d’une carrure imposante en fait un homme de terrain plus que suffisant pour passer 2 heures trop courtes en compagnie de ce que les Etats-Unis savent livrer de meilleur en terme de sauveur. D’ailleurs, son héroïsme est passé sous silence à notre plus grande joie, le rendant d’autant plus admirable et évitant ainsi une happy end trop téléphonée. Mais cette fin à un arrière goût de patriotisme gerbant sous prétexte que l’Amérique est capable de se relever de tout et n’importe quoi, sans avoir besoin de le crier sur les toits.

Les hommes de l'ombre sont d'une inefficacité exemplaire, au grand dam du héros.

Les hommes de l’ombre sont d’une inefficacité exemplaire, au grand dam du héros.

En terme d’action, on est bien servis avec des explosions dantesques (d’ailleurs les références à la mythologie sont omniprésentes), des fusillades nourries, des headshots violents et nombreux. Banning ne s’ennuie jamais et avance, tel un minotaure enragé, dans les couloirs labyrinthiques de la Maison Blanche, à la recherche de pauvre Nord-Coréens perdus loin de chez eux. Jeu de cache-cache en huis-clos géant, le rythme est soutenu tout du long avec des interventions fréquentes du Pentagone, permettant de souffler entre deux combats musclés. La VF est plutôt bonne à ma grande surprise, même si on perd en iconisation lors de punchlines qui s’avéraient puissantes en version originale et qui perdent en intensité une fois traduites.

Pour faire chuter la Maison Blanche, la Corée n'y va pas par 4 chemins.

Pour faire chuter la Maison Blanche, la Corée n’y va pas par 4 chemins.

Généreux, encourageant pour la suite de la carrière de Butler, efficace dans sa capacité à livrer aux spectateur un concentré d’action pure et brutale, Antoine Fuqua fait carton plein et offre un film d’action couillu et old school, pour le bonheur des vieux et, espérons-le, des jeunes, qui peuvent se mettre à apprécier des légendes vivantes, comme nous le faisions étant plus jeunes avec Schwarzy, Stallone et cie.

7/10

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