Spring Breakers – Harmony Korine (2013)

Après Martine, les aventures estivales des Puputes !

Après Martine, les aventures estivales des Puputes !

Mais qu’est-ce que je pouvais attendre d’un tel film où la bande annonce, superficielle à outrance, montrait déjà tout ce que j’allais devoir subir durant plus d’1h30 ? Oubliez l’expérimentation de la mise en scène ! Korine nous met deux trois ralentis de fessiers juvéniles et de décolletés aguicheurs sur fond d’électro, mixant le noir et blanc et les couleurs criardes comme pour nous expliquer à nous, abrutis consommateurs de publicités et de clips musicaux, que notre génération ne se base que sur le physique et sur le buzz, sur l’apparence et la transparence médiatique. Oubliez la subversion espérée ! Korine prend des égéries Disney toutes proprettes pour que son message vomitif à souhait soit compris par le plus idiot de ses spectateurs. Oubliez le franchissement des limites propre au statut indépendant d’un tel cinéaste ! Korine nous balance dix milles plans de boobs sans qu’aucun ne dépasse vraiment 2 secondes, le tout sans jamais mettre le sexe au centre de son message racoleur et pervers.

Puputes en cours de gym.

Puputes en cours de gym.

Fort d’un buzz alimenté par des milliers de puceaux en chaleur, rodés à l’idée de voir se faire dépuceler de jeunes ados pré pubères par de jeunes adultes testostéronés à Miami, capitale du bling bling assumé, Spring Breakers est le genre de film aussi inoffensif qu’un exhibitionniste sur une plage nudiste. Autant la mise en scène fait l’effort de subjuguer par des idées clairement à l’opposé de ce que le public rameuté attend (le braquage filmé de l’extérieur, nous ramenant à notre état de voyeur), autant la philosophie qui se dégage des scènes, des images et des dialogues est d’une connerie abyssale. Le tout chaperonné par un James Franco en totale roue libre, sorte de chapelier fou dans un monde de vices et d’interdits.

Pupputes en balade.

Puputes en balade.

Alien ! Non mais le type s’appelle Alien ! Comme si on avait pas compris que cette période de Spring Break était l’occasion de voir un monde nouveau, interdit, dangereux et excitant. Comme si cette planète de faux-semblants ne pouvait pas nous être présentée autrement que par un type qui s’appelle Alien. Comme si le film n’était voué à être visionné que par des Mormons. De toute manière, c’est sûr que la planète MTV, j’en suis mais alors à des années lumière. Il y a une telle quantité de scènes hilarantes qu’on est en droit de se demander si Harmony Korine n’a pas louper sa vocation. Il faut voir des jeunettes inconscientes se vanter d’avoir braquer un fast food, voir James Franco chanter et jouer au piano du Britney Spears, voir la femme du réalisateur se faire limite violer par une bande d’ados en rut pour se rendre compte qu’on touche là au sublime de la déliquescence. Dutroux approved !

Puputtes en vendetta.

Puputtes en vendetta.

Spring Breakers est une farce acidulée, à la psychologie de bazar et à la photographie aussi somptueuse qu’un cocktail mais tout aussi faible en punch. Je préfère me regarder un clip MTV d’un groupe de rap américain lambda. Au moins ça dure 5 minutes à tout casser et ça essaye pas d’être intelligent.

3/10

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