A toute épreuve – John Woo (1992)

Le summum du cinéma d'action !

Le summum du cinéma d’action !

A toute épreuve. En voila un titre à multiples facettes qui mérite qu’on s’y attarde. Car il résiste autant à l’épreuve des balles qu’à l’épreuve du temps. A la force de son poignet, Woo parvient à hisser son cinéma dans les cimes les plus inatteignables du cinéma d’action. L’adieu à la hong-kongaise est fait de bruit et de fureur chez John  Woo. Même si A toute épreuve apparaît comme son film le plus abouti dans presque tous les domaines (le scénario est somme toute assez basique) , on est loin d’y retrouver les procédés qui imprègne son style depuis ses débuts. L’amitié virile, les atermoiements amoureux, les rivalités, l’honneur et tout ce qui fait appartient à son cinéma sont bel et bien présents. Mais sa manière de les intégrer au récit à changé, comme si ce cadeau d’adieu, en plus d’être ce qui se fait de mieux dans le genre, cherchait à prouver aux Américains qu’il sait s’adapter à leurs codes et leurs attentes.

Toutes les fusillades sont aussi spectaculaires que jouissives !

Toutes les fusillades sont aussi spectaculaires que jouissives !

Plus d’actions et de ralentis, moins de passages gênants et de musiques niaises. Ici, on est au coeur d’un véritable mythe porté à bout de bras par son cinéaste et ses acteurs, tous plus impliqués les uns que les autres. Le film n’a pas volé son statut d’oeuvre culte tant il accumules les séquences d’anthologie où la destruction, la violence et la mort sont les maîtres mots du cahier des charges que s’est imposé l’équipe de tournage. Les décors sont littéralement pulvérisés au gré des fusillades et des explosions qui parsèment l’intégralité du long métrage. Mais Woo ne se contente pas de livrer une démo technique sur plus de 2 heures. Son scénario habile et drôle, moyen mais solide, ponctuent la séance de quelques cliffhangers vraiment puissants, comme ce climax de fin qui s’étend sur plus de 3/4 d’heures.

Ces deux fortes têtes forment un duo détonnant.

Ces deux fortes têtes forment un duo détonnant.

Il s’agit d’ailleurs du plus gros morceau de bravoure jamais tourné, tous films confondus (je pense que je ne m’avance pas trop en disant ça). Toute la première heure tend à poindre à ce moment ultime où l’on découvre enfin le théâtre des pires hostilités: l’hôpital. Cet hôpital  on va y passer une heure en compagnie de tous les personnages de l’intrigue, du collègue de travail de l’inspecteur Tequila au bad guy qui incarne à la perfection le côté obscur de Tony. Et le point d’orgue est ce fabuleux plan séquence où les deux compères vont dessouder du mafieux sur deux étages, tout en prenant l’ascenseur entre temps, mais en intégrant également une portée dramatique à l’action qui constitue le passage d’un état d’esprit à l’autre, le temps de changer d’étage. Les deux protagonistes vont alors avoir, à partir de cet instant tragique, une seule et même volonté: venger la mort d’un collègue dont ils sont tous deux responsables.

Tout ce qui est susceptible d'exploser explosera !

Tout ce qui est susceptible d’exploser explosera !

S’il on fait le lien entre la dernière oeuvre chinoise et le premier film américain de Woo, on remarque quelques similitudes qui prête à sourire comme ce pistolet aux allures d’arme de pirate qu’utilise les deux enflures de chaque film, témoin entre deux filmographies qui n’auront plus grand chose à voir. Epuré de tous les à-côtés qui nuisent à la lisibilité de l’action et à la linéarité du récit, A toute épreuve est une oeuvre somme de tout le talent et le travail accumulé de Woo. Pierre angulaire du cinéma hong-kongais, il n’a pas fini de faire jalouser la relève qui, à défaut d’atteindre la cheville de Woo, peine à se renouveler et à apporter leur pierre à l’édifice (Johnnie To se démarque vraiment de ses contemporains).

Woo apporte même une touche fantastique, en faisant passer Tequila pour le fantôme de son coéquipier.

Woo apporte même une touche fantastique, en faisant passer Tequila pour le « fantôme » de son coéquipier le temps d’une vengeance.

Intemporel (les bruitages ont quand même un peu vieillis), jubilatoire (on ne s’ennuie pas une seule seconde), intense et doté d’une capacité de revisionnage infinie, A toute épreuve est une mine d’or inépuisable que des bandits de plus ou moins grande envergure viennent piller sans vergogne à la recherche de la pépite qui leur procurera une aussi belle et longue consécration dans le cinéma d’action.

10/10

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